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Erasmus : petit manuel à l’usage du futur étudiant

, par Philippine Lefèvre

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L’engouement étudiant pour ce programme d’éducation et de formation est particulièrement emblématique de l’Union européenne. Français, Allemands et Espagnols sont ceux qui partent le plus, et l’Espagne, la France et l’Allemagne sont les trois destinations favorites de la « génération Erasmus ». Comment vivre au mieux cette année ? En profiter mais aussi la valoriser. Quelques conseils d’anciens Erasmus…

Auteurs

  • Diplômée en Affaires publiques – Gouvernance européenne de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, étudiante en Affaires publiques à l’Université Paris Dauphine

Depuis sa création en 1987, le programme Erasmus a permis à plus de 2 millions d’étudiants de partir étudier ou faire un stage à l’étranger, et 200 000 en profitent actuellement chaque année. Ils ne sont pas les seuls à bénéficier de la création d’un véritable espace européen de l’enseignement supérieur ; les professeurs, ou toute personne désireuse d’enseigner ou de suivre une formation dans un autre pays, peuvent également prétendre à des modalités d’échange simplifiées.

Anticiper son départ

Parmi les raisons de départ les plus souvent citées, on trouve bien sûr le désir d’apprendre ou de perfectionner une langue étrangère, et l’envie de découvrir une autre culture ou de changer d’environnement. Mais ces bonnes raisons ne suffisent pas toujours pour être admis dans un pays très demandé ou dans lequel votre université n’a que peu d’accords d’échange.

Une année (ou un semestre) Erasmus doit s’inscrire dans l’ensemble de la formation, et lorsque cette cohérence n’est pas évidente, il faut accorder un soin particulier à sa lettre de motivation. Le nombre de places est encore limité et un étudiant qui envisage un avenir professionnel à l’international aura plus de chances qu’un autre. Craignant que leurs dossiers universitaires ne leur permettent pas de partir, certains expliquent s’être tournés vers les pays scandinaves ou les derniers entrés dans l’Union européenne, les cours s’y déroulant en partie en anglais. La clé est alors de se renseigner suffisamment tôt pour faire une demande à la fois cohérente et judicieuse.

Une fois arrivé dans sa nouvelle ville, l’étudiant Erasmus doit trouver un logement. Certaines universités proposent facilement des résidences, mais elles ne s’adressent pas toujours à ceux qui partent effectuer un stage et d’autres choisissent plutôt la vie en colocation. Là encore, pour éviter les files d’attente interminables, il est recommandé de chercher un peu avant la rentrée universitaire.

S’il est parfois difficile de prendre de nouvelles habitudes, les premiers moments sur place restent pour la plupart d’excellents souvenirs : comme la découverte des si nombreuses pistes cyclables allemandes, des aperitivo italiens ou des plages suédoises... En stage, l’étudiant est rapidement intégré à l’équipe et tout de suite mis à contribution. Ce n’est pas le cas des Erasmus partis étudier. Les universités prévoient en général des réunions d’informations (parfois obligatoires et toujours indispensables), des visites du campus et de la ville, et même des « soirées Erasmus » pour accueillir les étudiants étrangers.

Les anciens Erasmus de votre université sont également d’excellentes sources d’information, contactez-les ! Finalement, c’est surtout pour profiter au mieux dès les premiers instants que l’opportunité Erasmus doit être préparée en amont du départ.

Profiter d’une opportunité exceptionnelle

Une fois sur place, les étudiants Erasmus s’installent progressivement dans leur nouvelle vie. Si le rythme du stage sera sensiblement le même d’un pays à l’autre, l’emploi du temps universitaire est souvent bien différent, et surtout bien allégé. Il en va différemment cependant de la charge de travail : un brillant exposé ou mémoire dans une langue étrangère, si elle n’est pas encore parfaitement maitrisée, demandera naturellement plus d’efforts.

La solution idéale de beaucoup est alors la constitution d’un tandem avec un étudiant de l’université d’accueil. Basé sur l’échange et également utile à l’un comme à l’autre, il peut rapidement s’agir d’une rencontre, voire même d’une amitié. Suivre un cours de langue est parfois nécessaire, au moins au premier semestre, mais, pour ceux qui choisissent l’université, des cours trop légers risquent de perdre rapidement leur intérêt et il ne faut donc pas surestimer ou sous-estimer ses compétences.

Par ailleurs, les étudiants doivent accorder une attention particulière aux modalités d’évaluation des cours qu’ils choisissent. Certains enseignements délivrent en effet des crédits ECTS, mais pas les notes nécessaires au transcript of records indispensable à la validation de l’année par l’université d’origine.

Les offres d’activité rémunérée sont nombreuses pour les étudiants étrangers, et bien utiles à ceux qui bénéficient uniquement de la bourse Erasmus : cours de langue, garde d’enfants, assistance de recherche… Pour les trouver, le plus simple et le plus efficace est de fonctionner par réseau (les bons plans se partagent entre Erasmus) ou en demandant de l’aide dans les universités, les ambassades et consulats.

La flexibilité de l’année Erasmus permet par ailleurs aux étudiants de voyager plus qu’ils n’en ont habituellement l’occasion. Ils partent en général dans les pays immédiatement voisins de leur destination mais également parfois plus loin. C’est souvent avec des étudiants rencontrés sur place que les Erasmus organisent leurs voyages.

L’important est finalement de trouver l’équilibre entre tout ce qu’il est possible de faire lors d’une année Erasmus. Par exemple, certains expliquent a posteriori regretter de ne pas avoir davantage profité de cette expérience et d’être rentrés dans leur pays d’origine trop souvent, ou encore de ne pas avoir appris plus de langues lorsqu’ils en avaient l’occasion… L’objectif de cette année étant l’échange, la découverte et l’apprentissage, mettre à profit cette extraordinaire opportunité à la fois intellectuellement, culturellement et humainement est le grand défi d’Erasmus.

Rentrer ou rester ? Mettre en valeur une année pas comme les autres

La fin de l’année Erasmus marque souvent la fin de l’aventure à l’étranger pour les étudiants qui en ont profité. Eux racontent avec nostalgie leurs derniers jours Erasmus. Certains pourtant, conquis par le pays, la ville et leurs rencontres, choisissent de rester. Tous cherchent à conserver le maximum de contacts avec les personnes et les expériences découvertes lors d’une année pas comme les autres… Et promettent de repartir bientôt ! Le dernier Eurobaromètre montre en effet que 53 % des jeunes en Europe sont prêts à travailler dans un autre pays européen ou envisagent cette perspective avec enthousiasme.

Quelle que soit l’option finalement choisie, la transposition des notes et la validation du stage à l’université d’origine sont nécessaires pour l’obtention du diplôme. Les universités et les écoles, tout comme les employeurs apprécient les compétences acquises par les étudiants qui accomplissent ainsi une partie de leur parcours d’éducation ou de formation à l’étranger (connaissance d’une langue étrangère, capacité d’adaptation, aptitudes relationnelles…). Les étudiants qui ont profité d’une expérience à l’étranger sont ainsi de plus en plus valorisés dans leurs parcours futurs et cette opportunité exceptionnelle doit être mise en avant.

L’année Erasmus n’est pas une parenthèse, elle est une étape qui offre des opportunités multiples. Il est de plus en plus facile de partir et tous les étudiants expliquent que leur expérience les a aidé, autant sur le plan universitaire et professionnel que personnel. Pourquoi ne pas tenter l’aventure ?

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Vos commentaires

  • Le 1er juin 2011 à 10:14, par HERBINET En réponse à : Erasmus : petit manuel à l’usage du futur étudiant

    Malgré les tourbillons, puisons des forces à la source de l’idée européenne et relisons ensemble le MANIFESTE de VENTOTENE (1941). Nonobstant cette Europe illisible pour le citoyen, inapte sur la scène internationale, mettant à l’écart la méthode communautaire, l’idée européenne s’enlise. Pour autant, des réalisations fructueuses sont à dénombrer - la Cour de Justice, la monnaie unique et le Parlement européen - sommes-nous si fiers sans occulter il y a peu des avancées remarquables pour une convergence fiscale et le mécanisme européen de la stabilité financière. Bossuet déclara : « dans les grandes actions, il faut uniquement songer à bien faire et laisser venir la gloire après la vertu » . Tout au long de son Histoire, l’Union européenne réalisa de belles actions, dont l’une concerne la mobilité des jeunes, à savoir : COMENIUS, ERASMUS, LEONARDO DA VINCI, le programme européen Jeunesse en Action et le programme « l’Europe pour les citoyens » . Les bénéfices sont liés à la nature intrinsèque des programmes : multiculturalisme, citoyenneté européenne, expérience professionnelle, compétence linguistique, « service d’apprentissage » , solidarité communautaire, jumelage des communes et diversité culturelle.

    Telle que les Pères fondateurs la conçurent, l’idée européenne est parfaite, pleine et unie et elle a pour emblème douze étoiles d’or sur fond bleu.

    Pierre-Franck Herbinet

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