Histoire d’une amitié

Histoire des relations franco-italiennes

France-Italie, ce n’est pas que du football...

, par Ronan Blaise

Histoire des relations franco-italiennes

Un jour comme aujourd’hui - alors que les deux nations s’affrontent ce soir en finale de la Coupe du monde de football - il aurait été dommage de ne pas évoquer l’existence d’un ouvrage comme celui-là.

En effet, le document dont nous vous proposons aujourd’hui la lecture est un excellent ouvrage de synthèse vraiment très complet sur l’histoire des relations franco-italiennes.

Car peu de peuples ont été aussi liés l’un à l’autre et aussi influencés l’un par l’autre que la France et l’Italie.

Une intimité dans leurs relations qui est telle que l’on peut donc parler aujourd’hui, sans prendre trop de risque de se tromper, d’une perpétuelle émulation-interpénétration entre ces deux ’’soeurs latines’’.

Les Alpes n’ayant à aucune époque constituées un obstacle vraiment infranchissable entre elles.

Voyage dans le temps

Cette histoire des contacts noués, des influences réciproques et des relations établies - tantôt amicales et fécondes, tantôt hostiles voire douloureuses - entre la France et l’Italie est ainsi un voyage dans le temps.

Une promenade dans le temps qui s’ouvre sur les premières invasions gauloises de la péninsule puis qui décline - dans un plan chronologique - l’ensemble des épisodes historiques qui ont amené les deux peuples et les deux pays à se côtoyer : Antiquité romaine, époque carolingienne, Croisades, Renaissance et guerres d’Italie, temps modernes et époque classique, guerres de la révolution française, épopée napoléonienne, époque contemporaine, conflits du XXe siècle, construction européenne, etc.

Dans cet ouvrage, on en apprend beaucoup sur les conflits qui ont opposé dans le passé les deux peuples et/ou leurs souverains, ou encore sur les combats parfois menés en commun (notamment au XIXe siècle, lors de la marche de l’Italie vers son unité politique...).

Et ce, depuis le « Vae victis » de Brennus (et le fameux épisode des oies du Capitole...) ou la reddition de Vercingétorix devant César, jusqu’au « coup de poignard dans le dos » de juin 1940. En passant par les « Vêpres siciliennes » [1] et les « Pâques véronèses » [2].

Sans même parler des batailles, disputées sur les terres italiennes par les armées françaises : de l’époque du ’’tumultus gallicus’’ aux ’’guerres d’Italie’’, à Marignan [3], au pont d’Arcole [4] à Magenta et Solférino [5] ou encore sur les pentes du Monte Cassino, le 17 mai 1944.

Influences réciproques et fertilisation croisée

De même, à la lecture de cet ouvrage on apprendra beaucoup sur les fructueux échanges culturels, artistiques et musicaux qui -par fertilisation croisée se sont mutuellement influencés et ont permis à leurs deux peuples de se doter des immenses patrimoines culturels et littéraires que l’on sait.

Ainsi, on pourrait citer des auteurs, artistes et personnalités de talents tels Léonard de Vinci (qui vint s’installer en France et mourut près d’Amboise, en 1519), Giovanni da Verrazano (qui entreprit des voyages d’explorations sur les côtes d’Amérique du nord au nom de François 1er [6]), Jean Bodin (qui avait lu Machiavel...), La Fontaine (qui traduisait les oeuvres de Boccace et de l’Arioste...) [7] ou encore Lulli (musicien florentin à la cour du Roi soleil [8]), Goldoni (qui imita Molière) ou encore Stendhal (grand admirateur, comme on le sait, de l’Italie...) [9].

Tout lecteur, quel que soit son âge, retrouvera donc dans cet ouvrage des souvenirs d’école et de ces périodes, lointaines ou récentes, durant lesquelles les personnalités de ces deux peuples se sont forgées. De même il y retrouvera ces fameux grands personnages historiques qui, de César à Charlemagne, de François Ier à Bonaparte [10], et de Garibaldi au général de Gaulle [11], ont influencé le destin de leurs deux peuples, voire fasciné les imaginations individuelles et collectives.

Un ouvrage qui nous propose là, à chacune des étapes historiques examinées, une analyse claire, problématisée, exhaustive, remarquablement détaillée et très précise du déroulement des événements historiques et de l’interpénétration culturelle entre les deux pays : deux pays qui ont désormais associés leurs destins, depuis au moins un demi-siècle, dans l’actuel processus de construction européenne.

Naissance d’une amitié européenne

Car si les contacts de toute nature n’ont effectivement jamais cessé entre les deux peuples, cela ne veut néanmoins pas dire que les relations aient toujours été amicales. On ne le sait que trop, puisque les peuples d’Europe en général (français et italiens en tout particulier) ont -dans le passé- entretenu des relations plus souvent tumultueuses qu’amicales.

Mais, force est de constater que ces deux peuples ne se sont jamais considéré comme des ennemis héréditaires. Et communient aujourd’hui dans une même volonté de participer ensemble à la naissance d’une Europe unie, pour la paix.

Ainsi, on ne peut que souligner l’éloquente participation italienne à la marche des nations déchirées du vieux continent vers l’Union européenne. Une contribution méconnue en France mais bel et bien décisive où l’on retrouve les noms du Comte Sforza, de Benedetto Croce, d’Altiero Spinelli ou le président du Conseil Alcide de Gasperi, tous acquis à l’idée d’une adhésion de leur pays à la grande famille d’une Europe démocratique unie.

Un ouvrage qui se termine donc en 2000-2002, au moment même de l’adoption de l’Euro - monnaie commune de l’Union européenne - à la veille du grand élargissement de 2004.

Et ce, précisément au moment où apparaît alors plus clairement la nécessité d’une réforme en profondeur des institutions européennes (et d’une Constitution européenne ?), ’’seule façon d’éviter la paralysie dans une communauté à vingt-cinq membres’’ comme l’a récemment publiquement réaffirmé un ancien Président de la Commission européenne, l’actuel Président du conseil italien Romano Prodi...

- L’auteur :

François Garelli, docteur ès-sciences économiques et auteur français d’origine corse, est un spécialiste de l’histoire des relations entre les peuples européens.

Ayant vécu longtemps dans plusieurs d’entre eux, il a parcouru à divers titres tout le continent et connaît tout particulièrement bien l’Italie. Ayant combattu comme engagé volontaire durant la seconde guerre mondiale, il n’a cessé depuis lors de militer pour l’unification européenne.

Et ce, en tant qu’économiste français spécialisé dans les questions monétaires, oeuvrant tout particulièrement pour la création d’une monnaie européenne commune (in ’’Pour une monnaie européenne’’, Paris, 1969, le Seuil).

- A lire :

« Histoire des relations franco-italiennes » par François Garelli, un ouvrage de 333 pages paru en 1999, à Paris, aux éditions « Rive Droite » (18,83 euro sur le site d’achat amazon.fr.

Notes

[1« Vêpres siciliennes » : Révolte -en mars 1282- des Siciliens contre le prince capétien Charles 1er d’Anjou, frère de notre Saint Louis, et massacre général des français de Sicile, Cf. page 90.

[2« Pâques véronèses » : Révolte -en avril 1797- des habitants de Vérone contre les forces d’occupation françaises (bonapartistes), et sanglant massacre de celles-ci, Cf. page 179.

[3Marignan, i. e Melegnano, près de Milan : site d’une victoire de François 1er - le 13 septembre 1515 - contre les Suisses, pendant les guerres d’Italie.

[4Arcole : site, près de Vérone, d’une victoire de Bonaparte - les 15-17 novembre 1797 - contre les Autrichiens.

[5Magenta et Solférino, en Lombardie : Victoires des armées de Napoléon III, contre les armées autrichiennes, les 4 et 24 juin 1859.

[6Explorant l’estuaire de l’Hudson et découvrant ainsi la future Manhattan, en 1524, Cf. page 131.

[7Cf. page 151.

[8Cf. page 151.

[9Lequel, quelques temps consul de France à Civitavecchia, fit même graver sur sa tombe le nom d’ « Arrigo Beyle, dit il Milanese », Cf. page 200.

[10Napoléon Bonaparte, général français et corse d’origines gênoises et toscanes, dont certaines interprétations historiques audacieuses font parfois ’’l’inventeur’’ du drapeau tricolore italien - en 1796 - à l’imitation du drapeau tricolore révolutionnaire français, Cf. page 178.

[11Charles de Gaulle, dont la première visite officielle à l’étranger en tant que président de la République française, en juin 1959, eut pour destination l’Italie : pour y célébrer le centenaire de la campagne de ’’libération’’ de juin 1859, Cf. page 312.

Vos commentaires

  • Le 3 février 2008 à 20:41, par Ronan En réponse à : Histoire des relations franco-italiennes

    Nouvel épisode (’’pipole’’) de ces tous derniers jours illustrant ces riches relations franco-italiennes à travers l’histoire : le récent mariage (ce samedi 2 février 2008...) du président de la République française Nicolas Sarkozy, depuis peu divorcé (déjà une grande première dans l’histoire de la fonction présidentielle...) avec la chanteuse et ancienne top-model - italienne - Carla Bruni.

    Il faudrait vérifier mais voilà sans doute la toute première fois que la ’’première dame’’ de la République (titre complétement officieux, contrairement à ce qui se fait très officiellement aux Etats-Unis...) n’est pas une ressortissante française d’origine (son mariage lui valant, cependant, acquisition automatique de la nationalité française...). Quoi qu’il en soit, voilà donc un couple ’’européen’’.

    Pour le reste, ce n’est certes pas la première fois qu’un chef d’Etat français épouse ou fréquente une ’’princesse’’ italienne (ou assimilée...) : depuis l’empereur d’Occident Charlemagne (qui, encore seulement roi des Francs, épousa Gisèle : fille de Didier, roi des Lombards...) jusqu’à, environ mille ans plus tard, l’empereur des français Napoléon III (dont on se souvient de la maîtresse Virginia de Castiglione : ambassadrice de charme du Royaume de Piémont qui - en ’’service commandé’’ pour le PM piémontais Cavour - devint la maîtresse de l’Empereur français, plaidant ainsi - efficacement - la cause de l’unité italienne...).

    Sans oublier les reines de France ’’italiennes’’ (puisque d’origines toscanes et florentines...) Catherine et Marie de Médicis, respectivement épouses - à la charnière des XVIe et XVIIe siècles ’’modernes’’ - de deux de nos rois Valois et Bourbons de la Renaissance : Henri II et Henri IV...

    Et en passant par tous ces princes Capétiens, Angevins, Valois, Orléans, Bourbons (d’origine française...) voire Napoléonides (il est vrai corses, mais d’origines toscanes...) qui - depuis le XIIIe siècle - régnèrent régulièrement sur de nombreux Etats de la péninsule italienne : Royaumes de Naples et des Deux Siciles, Duchés de Toscane, de Parme, du Milanais, etc.

    Preuves, s’il en est, des liens historiques et culturels qui unissent amicalement les deux pays. Espérons donc que Mlle Bruni - pardon : Mme Sarkozy - saura en faire tout autant pour rapprocher la France et l’Italie, ces deux partenaires ’’européens’’ qui semblent être, parfois, si difficiles à accorder...

  • Le 27 avril à 10:53, par zonza Madeleine En réponse à : Histoire des relations franco-italiennes

    Bonjour, Je dois faire une conférence sur les relations franco-italienne, pouvez vous me dire si l’on peut encore acheter en librairie l’ouvrage de monsieur François Garelli ? Je voue remercie. Cordialement Madeleine Zonza

  • Le 9 mai à 23:17, par Rémi Lauwerier En réponse à : Histoire des relations franco-italiennes

    Bonjour, nous ne savons pas si cet ouvrage est toujours disponible. Bonne continuation.

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