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Kosovo

Indépendance du Kosovo et Union européenne

, par Fabien Cazenave

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Le Parlement du Kosovo a proclamé, dimanche 17 février 2008, l’indépendance de la province qui se trouve au du sud de la Serbie et qui a une population à plus de 90% albanaise sur ses 2 millions d’habitants. Interrogeons-nous sur le rôle de l’Union européenne.

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« À partir de maintenant, le Kosovo a changé de position politique, nous sommes désormais un État indépendant, libre et souverain », a déclaré le président du Parlement Jakup Krasniqi. Cette indépendance, qui sera sous supervision internationale, devrait être reconnue rapidement par les États-Unis et plusieurs grands pays de l’Union européenne, mais elle a été rejetée d’avance par la Russie et la Serbie.

L’indépendance du Kosovo se fera sous supervision internationale. Malgré ces divisions, l’Union européenne a décidé, sans l’aval de l’ONU, de déployer au Kosovo une mission de quelque 2 000 policiers et juristes pour « accompagner » les débuts de l’indépendance du Kosovo.

L’opposition de la Serbie et de la minorité serbe vivant dans cette province accréditent l’hypothèse d’une possible sécession du Nord, où vivent 40 000 des 120 000 Serbes présents dans la province, avec la formation de leur propre « Parlement du Kosovo ».

Une diplomatie européenne paradoxale

L’Union européenne (UE) se présente encore une fois dans les Balkans en ordre dispersé. À la différence de l’effondrement de la Yougoslavie dans les années 1990, elle ne se déchirera pas. Elle est décidée à sauver les apparences. Même si certains parmi les vingt-sept membres de l’UE ne reconnaîtront pas le nouvel État, aucun ne s’est opposé à la mission au Kosovo. L’UE vient donc faire une ingérence internationale qu’elle essaye de faire a minima.

En fait, on a l’impression que l’Europe est prise dans une contradiction : alors qu’elle a été créée pour dépasser les nationalismes, en l’espèce, certains pourront penser qu’on récompense justement la nationalisme. C’est d’ailleurs la peur des États qui ont de fortes minorités autonomes sur leur territoire. On pense au Pays Basque espagnol, mais aussi à la partie nord de l’île de Chypre.

On peut se poser la question à ce sujet : et si c’était un État dans l’Europe qui demandait son indépendance ? Que se passerait-il si l’Ecosse obtenait son indépendance du Royaume-Uni par exemple :
- a-t-on un nouvel État au sein de l’Union européenne ?
- faut-il soutenir cette indépendance contre un des États membres de l’UE ?
- faut-il renégocier tous les traités et les aides de l’UE avec cet « État » ?
- que fait-on s’il est reconnu par une partie seulement des États membres ?
- etc.

L’Union européenne, une voie de sortie pour ces deux États ?

La voie communautaire serait une solution au problème serbo-kosovar. On a bien tous les éléments qui ont fait le succès de l’Europe : ensemble ces États seront plus forts, les liens économiques permettront un meilleur développement des infrastructures, on dépasse le nationalisme de chacun pour permettre la coexistence pacifique entre les communautés.

Après celle de la Slovénie, l’adhésion de la Croatie est en bonne voie. Celle de la Serbie semble aussi une évidence malgré son incompréhension du soutien de l’Union européenne à l’indépendance du Kosovo. D’ailleurs, les Serbes ont fait confiance à un candidat plus pro-européen que le nationalisme pur jus qui leur était proposé lors de la dernière élection présidentielle.

Si la séparation politique de ces peuples pouvait sembler inéluctable depuis la guerre déclenchée en 1999, celle-ci se fait dans la douleur et avec des sources de conflits importantes. Or ces deux pays ont besoin de se stabiliser pour permettre la mise en place d’infrastructures et d’une économie qui mette fin à l’incertitude liée à plusieurs périodes de guerre depuis vingt ans.

Or l’adhésion à l’Union européenne peut correspondre à cela. De plus, la mise en place de frontières avec une libre-circulation des personnes entre ces deux pays supprimeraient une partie des sources de conflits qui existent.

Malheureusement, nous sommes encore loin de leur adhésion. Nous devons nous contenter de voir la confirmation de l’intérêt du projet européen.

Un manque d’espace public européen

L’indépendance du Kosovo pose aussi une autre question : est-ce que cette question a été expliquée et débattue sur la place publique européenne ? Non.

Encore une fois, nous avons une Europe qui gère cet évènement par les services diplomatiques, loin des médias et des citoyens. Nous ne pouvons que regretter cet état de fait. Nous n’aurions pas forcément une solution différente, mais l’Union européenne pourrait avancer son opinion sans que celle-ci apparaisse comme étant une opinion à l’égale de celle espagnole, française ou anglaise... On le voit dans les manifestations kosovares : les drapeaux sortis comme étant des drapeaux amis sont autant ceux des États-Unis que ceux de l’Union européenne... du Royaume-Uni et de la France.

Il est symptomatique que cette question du Kosovo, dont les milieux européens parlent depuis des mois, soit peu évoquée en dehors des journaux d’informations de ce week-end.

Pourquoi est-ce que nous n’avons pas eu de reportages avant ? Encore une fois, nous avons l’impression que l’Union européenne a pris une décision sans les citoyens et qu’elle avance sans être sûre d’elle-même tant la fragilité de la position commune est patente.

Nous avons tous une responsabilité :
- les décideurs politiques doivent afficher leur choix clairement et en débattre de manière plus transparente.
- les médias doivent permettre aux citoyens d’être informés sur les enjeux des questions européennes et donner au personnel politique un espace où s’exprimer en amont.
- les citoyens doivent se mobiliser de manière transeuropéenne et demander des comptes à leurs représentants européens et nationaux.

Que nous révèle l’indépendance proclamée du Kosovo ? Il y a une urgence à ce que l’Europe s’exprime de manière plus solide sur la scène internationale au risque sinon de laisser les autres décider pour elle.

La Russie et les États-Unis sont audibles pour les Kosovars et les Serbes. L’Union européenne affiche plutôt une faiblesse sur cet aspect alors qu’elle leur paraît si attirante grâce aux avantages de la construction communautaire.

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P.-S.

Illustration : nouveau drapeau du Kosovo indépendant, qui montre le tracé du Kosovo en jaune sur un fond bleu foncé, accompagné de six étoiles, il a été présenté dimanche au Parlement à Pristina. Source : Wikicommons, image dans le domaine public.

Vos commentaires

  • Le 18 février 2008 à 13:50, par Valéry En réponse à : L’union doit reconnaître au plus vite ce nouveau pays

    Il est urgent que l’Union européenne reconnaisse au plus vite ce nouveau pays et affirme ainsi clairement à ses détracteurs que ce peuple a le droit de vivre libre et en paix.

    Malheureusement la règle de fer de l’unanimité risque à nouveau d’empêcher l’expression du choix majoritaire des Européens et décrédibiliser l’Union en laissant à nouveau les États membres agir en ordre dispersé alors que le nouvel État se trouve au cœur même de l’Europe.

    Sur l’indépendance même du Kosovo, que peuvent en penser les fédéralistes ?

    - le fédéralisme se définit contre la nationalisme, mais aussi par la recherche de la préservation de l’autonomie des parties dans le pacte fédéral. En l’absence de pacte fédéral ou lors de la violation de celui-ci les fédéralistes sont généralement plutôt partisans de l’autonomie. Ici aucune solution satisfaisante pour les populations n’ayant pu être trouvées l’indépendance est un moindre mal. Ce n’est pas seulement un nationalisme Kosovar qui est en cause mais surtout un nationalisme serbe qui a suscité en réaction un nationalisme Kosovar ;

    - le contexte de la construction européenne et de la création de ce pays fait que ce nationalisme (la création d’un État nation) doit être relativisé. L’indépendance est due à la présence de troupes étrangères ; le pays utilise l’euro comme monnaie et le souhaite de rejoindre à terme l’Union est présent me semble-t-il (comme aussi pour la Serbie). Sous réserve que cette tendance se confirme et que les droits de la minorité serbe soient strictement respectés cette évolution est plutôt positive : la souveraineté étant ici conçue comme un moyen, et une situation a priori transitoire (vers une souveraineté partagée européenne) et non une fin en soi. Ceci est à confirmer par l’épreuve des faits.

  • Le 18 février 2008 à 22:05, par KPM En réponse à : L’union doit reconnaître au plus vite ce nouveau pays

    En Écosse aussi, l’indépendance est envisagée comme une voie provisoire pour rejoindre pleinement le projet européen : le SNP (membre de l’ALE) a annoncé qu’en cas d’indépendance l’un de leurs premiers gestes souverains serait de demander l’adhésion à l’Union et d’adopter l’euro. « L’Écosse doit redevenir une nation indépendante non parce qu’elle est différente, mais juste parce qu’elle est semblable à n’importe quel autre petit pays riche d’Europe. » Sean Connery

    Au Pays Basque, la démarche est exactement la même pour le PNV (membre du Parti démocrate européen).

  • Le 19 février 2008 à 12:58, par Vincent Guerre En réponse à : Evitons d’humilier la Serbie !

    Le Kososvo est maintenant indépendant, c’est un fait. Mais il faut à tout prix que l’UE offre des perspecrtives à la Serbie afin d’éviter que ce pays se sente humilié et préfère aller voir du côté de Moscou et du nationalisme. Ce qui m’a gêné avec la démarche des Etats membres favorables à l’indépendance du Kosovo, c’est qu’ils n’ont pas vraiment pris en compte les aspirations serbes. Nous avons malheureusement joué aux apprentis sorciers dans les Balkans, sans nous soucier d’autre chose que des conséquences à court terme. Puisque l’UE prétend être responsable de ce qui se passe à ses frontières, qu’elle s’occupe de la Serbie ! Et ce n’est pas le ridicule accord de partenariat proposé il y a quelques semaines pour se donner bonne conscience qui résoudra la question !

  • Le 19 février 2008 à 13:49, par Valéry En réponse à : Evitons d’humilier la Serbie !

    « Ce qui m’a gêné avec la démarche des Etats membres favorables à l’indépendance du Kosovo, c’est qu’ils n’ont pas vraiment pris en compte les aspirations serbes. »

    En ce qui me concerne ce qui m’a gêné avec la démarche des États membres défavorables à l’indépendance du Kosovo, c’est qu’ils n’ont pas vraiment pris en compte les aspirations kosovares.

    Au bout d’un moment (cela fait dix ans que le conflit est terminé) il faut sortir du provisoire et clarifier les choses pour que les populations concernées puissent avoir une vision claire de l’avenir.

    L’Union européenne a une démarche claire envers la Serbie : un partenariat est en cours de mise en place et le pays pourra à terme, comme le Kosovo, entrer dans l’Union. Notons que le dit partenariat est modeste car la Serbie n’a pas remplie ses obligations concernant les criminels de guerre poursuivis par le tribunal international. Une attitude qui consisterait à réagir à l’indépendance du Kosovo en prenant des mesures contre les pays qui reconnaissent cette indépendance serait parfaitement contre-productive pour la Serbie.

  • Le 20 février 2008 à 10:20, par Ronan En réponse à : L’union doit reconnaître au plus vite ce nouveau pays

    Pour ce qui est de la Serbie, c’est compliqué dans la mesure où c’est précisément son « ethno-nationalisme » des années Milosevic qui a - en réaction - provoqué la guérilla de l’UCK et l’émergence du nationalisme « albano-kossovar » des années 1990.

    Pour ce qui est des Albanophones du Kosovo, ça se complique également dans la mesure où certains d’entre eux parlent effectivement d’une réunification avec leurs ’’frères’’ d’Albanie dans le cadre d’une ’’Grande Albanie’’ : projet nationaliste qui comprendrait également la frange frontalière sud du Monténégro ainsi que la Macédoine dite « de Tétovo ».

    Enfin, la situation de l’Ecosse est infinement plus compliqué dans la mesure où (la phrase de S. Connery étant beaucoup trop « raccourcie » à cet égard...) les Nationalistes du SNP ne parlent pas véritablement d’indépendance totale de l’Ecosse mais de rénovation d’un Royaume-Uni de Grande Bretagne qu’il faudrait désormais conjuguer au pluriel (i.e : sous la forme d’une union personnelle anglo-écossaise), comme ce fut déjà le cas au début du XVIIe siècle...

    Quant au Pays basque (espagnol), la situation est plus complexe encore dans la mesure où les nationalistes « historiques » du PNV semblent aujourd’hui parfaitement satisfaits de l’actuel statut d’autonomie élargi dans le « cadre des Espagne(s) » alors que seule une frange extrémiste extrémement minoritaire semble vouloir en revendiquer davantage encore (i. e : un Etat « euskara » monoethnique, nationaliste, socialiste et totalement indépendant, sans - d’ailleurs - la moindre allusion particulière à son éventuelle intégration à l’UE).

  • Le 20 février 2008 à 10:39, par Ronan En réponse à : Indépendance du Kosovo et Union européenne

    Etonnant drapeau national (Cf. visuel d’ouverture de cet article) qui corresponde en fait si peu aux aspirations nationales albano-kossovares : dans les rues de Pristina, ce week-end dernier, c’était bien évidemment le drapeau albanais (et lui seul...) - aigle bicéphale noire sur fond rouge, couleur nationale albanaise (et de ce « pays des Aigles »...) - qui pavoisait les rues...

  • Le 21 février 2008 à 18:27, par Dumitru Drumea En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    Oui, fédéralisme, certainement, c’est beau !!! Sauf que c’est ce que les serbes ont proposé aux kosovars, et c’est exactement le nationalisme qui est à la base de cette indépendance... Et pour ce qui est de la reconnaissance : heuresement que l’UE n’a pour l’instant pas la competance pour reconnaître un nouvel Etat, car une Union fondée sur le droit ne peut pas se permettre de l’enfreindre sans se soucier des conséquences. Quant aux promesses de ce pseudo-Etat de respecter les droits de la minorité serbe : on a bien vu comment les Albanais respectent les droits des serbes sans que les militaires étrangers les surveillent ! On sait très bien comment se sont déroulés les chasses aux serbes au Kosovo à la suite desquelles Milosevic a dû intervenir. Et si les Albanais sont vraiment de bonne foi et veulent se concilier avec les Serbes, pourquoi ne pas le faire dans le cadre de la Serbie ? Ou c’est l’égoïsme national qui les a poussé vers l’indépendence.

  • Le 21 février 2008 à 20:04, par Ronan En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    Après les persécutions des années 1990, on peut fort bien comprendre que les Albanais du Kosovo n’aient aujourd’hui plus la moindre confiance dans les autorités de Belgrade.

    Les Serbes en auraient autant à reprocher aux Albanais ?! Admettons. Alors autant séparer tout ce beau monde dans des Etats séparés plutôt que de, de vengeances en représailles, les laisser s’entretuer.

    Et ce, tant qu’ils seront menés par des têtes chaudes nationalistes (sur ce point, j’avoues avoir vraiment du mal à déterminer qui, des uns ou des autres, sont vraiment les plus « nuisibles » pour leurs peuples respectifs...).

  • Le 22 février 2008 à 11:09, par Jean Pierre Sebastien En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    Les séparer... Mais qui sommes nous pour le faire ? C’est du colonialisme pur et dur !!! Nous ne sommes pas les libres arbitres et tout doit se faire par le droit international et non pas par les « Papes » modernes.

    En 1999 personne ne voyait le Kosovo indépendant, mais ce sont les pays occidentaux qui ont fait le mal. Leur promesses ont radicalisé le mouvement nationaliste kosovar... Et ne pensez-vous pas que la séparation des deux Etats va profiter aux nationalistes ??? Quant au « génocide » de Milosevic, qui n’a jamais eu lieu malgré les légendes colportées par la presse européenne, c’était une lutte contre le séparatisme, bien qu’on soit d’accord que l’armée serbe (mais aussi l’armée séparatiste du Kosovo, totalement illégale) a violé les droits de l’homme... Et si on regarde la chronologie, principe fondamental du droit, ce sont les terroristes kosovars qui ont commencé les agressions contre les serbes, et c’est suite à ces agressions que Milosevic, en 1998, ordonne à l’armée serbe de mettre fin à ces mouvements séparatistes. Et enfin, il faut que les Européens comprennent que ce n’est pas deux peuples qu’on sépare, mais nous arrachons le Kosovo à la Serbie. Le Kosovo appartient aux serbes de Belgrade, de Novi Sad ou d’autres villes serbes au même titre qu’aux albanais qui y résident. Cette région est le berceau de la culture serbe, de son Eglise et c’est dans cette région que se trouve l’ancienne capitale du pays. L’indépendence du Kosovo rend très compliquée l’adhésion de la Serbie à l’UE. Le Kosovo, pour sa part, n’y entrera jamais tout seul, grâce aux pays qui refusent l’humiliation de la Serbie.

  • Le 22 février 2008 à 14:08, par Valéry En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    Pour mémoire, ce que vous désignez comme « légende » Milosevic était inculpé inculpé devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide. Merci d’éviter de faire du négationnisme sur ce forum.

    Par ailleurs un territoire n’appartient à personne d’autre qu’à sa population. Votre vision est assez étrange. Que les Serbes soient attachés à ce territoire, je le comprend fort bien, toutefois la réalité est que ceux qui y vivent souhaitent l’administrer de manière séparée. Cela ne mérite pas une guerre.

    À terme si les deux pays entrent dans l’Union européenne cette frontière disparaitra à nouveau. À eux d’oeuvre en ce sens, en commençant en ce qui concerne la Serbie, à mettre tout en oeuvre pour que les criminels de guerre soient livrés au TPI.

  • Le 22 février 2008 à 14:09, par Valéry En réponse à : Indépendance du Kosovo et Union européenne

    D’après ce que j’ai lu dans la presse c’est la communauté internationale qui l’a imposé...

  • Le 22 février 2008 à 14:10, par Ronan En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    Il suffit pourtant de consulter les témoignages des Kosovars pour constater qu’ils refusaient désormais toute dépendance à l’égard de Belgrade. La volonté de séparation est donc également de leur fait (et n’est donc pas seulement le résultat de quelque ’’complot’’ occidental).

    Quant aux Serbes : décidément bien naïfs ceux qui pensaient qu’après les événements de 1998-1999, ils pourraient se remettre à contrôler le Kosovo et ses populations comme avant (et comme s’il n’y était jamais rien arrivé, comme si les populations albanophones voulaient encore d’eux comme ’’autorité dominante’’, et comme s’ils n’y avaient jamais rien fait de profondément répréhensible...).

    Si on regarde la chronologie des faits, on constatera que les violations des droits de l’homme ont commencé dès la fin des années 1980 (et non pas seulement à partir de 1998, comme vous l’affirmez). Perpétrées par l’Etat policier « serbo-slave » sous contrôle nationaliste à l’égard de populations albano-kosovares déjà majoritaires dans la région depuis fort longtemps (nb : c’était déjà le cas lors du recensement de 1912).

    Années 1980 marquées par l’arbitraire, l’Etat policier, les raffles dans la population civile, la fermeture des écoles, les « disparitions » de civils albanophones, les emprisonnements sans jugement, les exécutions sommaires et la mise en place d’un climat de ségrégation sociale et de terreur policière à l’égard des populations civiles albanophones.

    Nous arrachons le Kosovo à la Serbie ?! Fort bien. C’est sans doute la juste punition enfin infligée à une Nation qui, atteinte de folie nationaliste, s’est souverainement - dans les années 1990 - arrogé le droit de redessiner les frontières ds Balkans à coup de discours nationalistes, de guerres « nationales » et de purification ethnique.

    A l’époque les nationalistes serbes étaient moins hypocrites et plus arrogants, mais beaucoup plus clairs dans leurs discours (et sans doute plus en phase avec leurs arrières pensées). Ils parlaient de grande Serbie, de soutien russe, de domination serbe à Sarajevo (Principovo ?!), Skopje, Tirana voire Tsarigrad (Istambul ?!), de « projet national serbe » et de position dominante (impériale ?) dans les Balkans.

    Alors il était alors pourtant très clairement question de marcher sur Tirana, d’exterminer tous les Bosniens de confession musulmane et de confiner les Croates dans un district « croupion » limité aux seuls proches alentours de Zagreb. Qui sème le vent...

  • Le 22 février 2008 à 14:19, par Ronan En réponse à : Indépendance du Kosovo et Union européenne

    Alors ça peut se comprendre.

    Il ne faudrait pas que ce qui fut hier interdit aux Serbes nationalistes (i. e : la « Grande Serbie ») soit demain autorisé aux Albanais sous prétexte que - victimes des précédants - ils sont, cette fois ci, du bon côté du manche...

  • Le 22 février 2008 à 15:51, par Dumitru Drumea En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    Pernsonne ne dit que Milosevic était un ange, et il a mérité pleinement d’être condamné par le tribunal (malheuresement en 2005 il est mort dans des conditions étranges sans être condamné après plusieurs années passées à La Haye ). En même temps, il me semble qu’il a été jugé pour les crimes contre l’humanité, et non pas pour le génocide. Mais pourquoi punir tous les Serbes ? Pourquoi les humilier ? A mon avis, cette indépendance renforcera le nationalisme serbe, et surout dans le Kosovo. Quant au territoire d’un pays, il appartient à tout citoyen de ce pays. Par conséquant, le Kosovo, comme toute autre région du pays, appartient aux citoyens de la Serbe (qu’ils soient serbes ou albanais). C’est la base de l’ordre mondial et j’ai peur qu’on ouvre la boîte de Pandore.

  • Le 22 février 2008 à 19:54, par Jean-Pierre Sébastien En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    Il suffit aussi consulter les temoignages des serbes, qui veulent que le Kosovo reste en Serbie : le Kosovo est une région serbe et appartient à tout citoyen de la Serbie, et ce n’est pas à une partie de la population de décider de l’avenir d’un territoire, mais à la nation entière.

    Le Kosovo EST le berceau de la culture serbe. L’Eglise serbe est née dans la ville de Pic ; Pristina et Prizran ont été les capitales de la Serbie à des époques différentes, etc. Et toutes ces villes se trouvent au Kosovo. Certes, la région appartient aux albanais aussi, mais seulement en tant que citoyens de la Serbie.

    Et pour ce qui est de juste punition : qui sommes nous pour savoir ce qui est juste ? En plus, la façon dont cela est fait et présenté n’est pas de la justice, mais de la vengeance, et c’est fort regrettable !

  • Le 23 février 2008 à 10:11, par Ronan En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    Le Kosovo appartient - avant toute autre considération - aux habitants du Kosovo. Lesquels ne veulent - très majoritairement - plus entendre parler d’une Serbie dont ils ne veulent d’ailleurs plus être citoyens.

    Le mandat impératif, la propriété collective ’’nationale’’ de la terre, la voix des ancêtres, les droits historiques à une terre disputée : tout ça sont des conceptions d’un autre âge.

  • Le 23 février 2008 à 15:52, par Jean-Pierre Sébastien En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    En tout cas pas pour le peuple Serbe. D’ailleurs, les habitants du Kosovo sont citoyens de la Serbie. Mais ce qui est encore plus démodé c’est de penser qu’on peut être les arbitres et savoir ce qui est juste ou non. Cela remonte au Moyen Age, quand le Pape était l’être suprême qui pouvait faire ce qu’il veut. Notre époque se caractérise par le droit, et c’est surtout de ce point de vue que l’indépendance du Kosovo est illégale. On n’établira jamais qui était plus méchant : les serbes ou les albanais ; sur ce point je suis d’accord avec vous. Mais à mon avis il faut surtout se conformer au droit, et non pas aux visions subjectives.

  • Le 23 février 2008 à 20:36, par Valéry En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    Nous n’arbitrons rien du tout : nous constatons que les représentants du peuple du Kosovo ont proclamés leur indépendance.

    Je en comprend pas bien ce que vous considérez comme illégal. Le « droit » international repose aujourd’hui - et je le regrette - uniquement sur la souveraineté des États. Le reste est d’ordre contractuel. Or plusieurs État européens ont décidés de reconnaître le Kosovo comme un autre État et c’est leur droit. En droit interne serbe l’indépendance du Kosovo est peut être illégale — ce qui est souvent le cas en cas de secéssion — mais il l’est en droit international à partir du moment où d’autres États le reconnaisse.

  • Le 23 février 2008 à 23:45, par Jean-Pierre Sébastien En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    Je suis tout à fait d’accord avec vous Valéry : cela revient aux Etats de reconnaître un autre Etat ou non.

    Par contre, cette indépendance est illégale, parce qu’elle est unilatérale. Elle contredit, donc, les accords de Dayton de 95 et les résolutions du Conseil de Sécurité qui garantissent l’intégrité territoriale de la Serbie. En plus, l’obligation de la non-reconnaîssance d’un résultat d’un acte illégal fait partie du droit international coûtumier(doctrine Stimpson).

    Mais ce qui m’inquiète le plus dans cette affaire, apart le fait que la Serbie soit humiliée, c’est l’absence d’une position européenne commune. Etant fédéraliste, je suis triste de voir que les égoïsmes nationaux des Etats Membres nous éloignent d’une politique étrangère commune, et donc d’une Fédération européenne. Il est vrai, et je suis à 100% d’accord avec vous, que cette dernière pourrait effacer les frontières en Europe et appaiser à jamais les conflits nationalistes. Mais nous en sommes encore très loin. Dommage

  • Le 24 février 2008 à 09:23, par Valéry En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    Quel est au juste le rapport entre les accords de Dayton de 1995 qui concerne la Bosnie et le Kosovo où la crise n’a éclaté qu’en 1999 ?

  • Le 24 février 2008 à 11:43, par Ronan En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    Vous en connaissez beaucoup, dans l’Histoire, des déclarations d’indépendance qui ne soient - au départ - des déclarations unilatérales ?!

    A partir du moment où les albano-kosovares veulent prendre leur indépendance je ne vois vraiment pas de quel droit les autres européens (ou même les serbes...) (et surtout eux...) pourraient encore le leur interdire...

    Face aux volontés démocratiques des peuples, en pratique il n’y a pas de « dogme » juridique qui tienne bien longtemps (et surtout pas celui de l’intégrité territoriale ou de l’intangibilité des frontières...). Ce qui pourra effectivement sans doute provoquer d’autres redistribution de territoires dans la région.

    Pour l’Europe, il n’y a décidément qu’un seul chemin à prendre : encadrer cette indépendance kosovare de telle manière à ce qu’elle soit démocratique, pacifique et dans le respect strict des droits des minorités. On peut difficilement aller au-delà dans l’ingérence...

  • Le 24 février 2008 à 13:43, par david En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    à ma connaissance tous les Etats récemment reconnus l’ont été sur le fondement d’un accord entre la région sécessioniste et l’Etat qui la comprenait. C’est le cas, pour la France, de la Nouvelle Calédonie par ex. C’est également le cas du Timor oriental. C’est le cas de toutes les anciennes républiques soviétiques. C’est ainsi, normalement, que l’on applique le principe de libre détermination. A noter que lors de l’indépendance du Monténégro, la Russie fut le second pays à reconnaitre son nouveau statut (après l’islande il me semble...).

    Mais transposons la doctine « Kosovo » au Moyen Orient... que diriez vous d’une déclaration unilatérale d’indépendance totale de la Palestine, au nez et à la barbe des processus de paix, reconue par la Syrie et l’Iran (membres éminents de la Communauté internaltionale), suivi d’une autoproclamation de la République islamique de Gaza qui ferait sécession car considérant les Cisjordanien trop mous. Suivrait alors la proclamation d’indépendance unilatérale des Kurdes de Turquie (qui sont à l’heure où j’écris sous les bombes d’un Etat quasi-européen), vite rejoins par les Kurdes d’Irak. Les Chiites irakiens feraient également sécession pour rejoindre l’Iran... Bref, une belle guerre mondiale en perspective.

  • Le 24 février 2008 à 14:37, par Jean-Pierre Sébastien En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    La crise en Kosovo a éclaté avant 1999, sauf que avant tout le monde était préoccupé par la Bosnie. Mais justement cette indépendance met en peril l’équilibre trouvé par cet accord. Mais ce que je veux mettre plus en évidence, c’est la résolution 1244 du Conseil de Sécurité(http://www.un.org/french/docs/sc/1999/99s1244.htm) que réaffirme l’intégrlité territoriale de la Serbie. C’est aussi aussi la doctrine Stimpson, qui réfuse la reconnaîssance d’un résultat issu d’une agression (ainsi, les bombradements de 1999 en étaient une).

  • Le 24 février 2008 à 14:39, par Jean-Pierre Sébastien En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    A quoi on peut rajouter la Transnistrie, l’Abkhazie, etc. La liste est très longue.

  • Le 24 février 2008 à 15:07, par Valéry En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    La Nouvelle Calédonie ? Elle n’est pas indépendante...

    En l’espèce le refus de reconnaître l’indépendance n’aurait fait que prolonger la situation peu confortable d’administration sous mandat international de ce territoire. Il eut été regrettable de donner ainsi une prime au nationalisme serbe.

    Le problème est que les négociations permettant un accord réciproque ont été rendues impossible par le recours à la force de l’armée fédérale et la tentative d’épuration ethnique de 1999. Le régime serbe a il est vrai été changé depuis mais l’irrédentisme de la Serbie refusant le principe d’une discussion sur l’indépendance a rendu une déclaration unilatérale inévitable.

    Dans un pays démocratique, si une partie de la population décide par référendum ou par ses représentants de se séparer du reste du pays, cette opération doit pouvoir se faire sans conflit. On imagine pas les Wallons ou les Anglais faire la guerre aux Flamands ou aux Écossais s’ils souhaitaient créer leur propre État. On peut alors dans ce contexte envisager une séparation amiable ou comme en Espagne la négociation d’un nouveau statu-quo.

    En la matière comparaison n’est pas raison et chacune des situations ayant vu la naissance d’un nouvel État était uen situation particulère. La Lithuanie n’est pas la Slovaquie, la Slovaquie n’est pas la Slovénie et la Slovénie n’est pas l’Erythrée. Palestine, Kurdistan etc. sont autant de cas particuliers.

    L’enjeu est double dans ce genre d’affaire :
    - s’assurer de la réalité du consentement des citoyens concernés, ce qui est implique des institutions démocratiques ;
    - que cette indépendance ait pour horizon l’insertion dans des institutions internationales.

    Outre la question de la légalité en droit international, qui me semble assez secondaire compte tenu que le droit international n’a de droit que le nom, ce qui compte ici est le souhaite de la population du Kosovo et la garantie de sa sécurité par les États environnants. La présence de la KFOR fait que cette volonté peut s’exprimer librement sans provoquer de conflit et donc que cette indépendance peut se faire dans de bonnes conditions. Les institutions internationales jouent ici leur rôle de prévention des conflits.

    Ce qui est frappant dans cette affaire est que les arguments des Serbes contre cette indépendance relèvent avant tout de la mythologie et de principes dépassés. Dire « cette terre appartient au peuple » serbe est aussi stupide que de parler de l’Algérie française ou de se jeter dans une guerre mondiale pour récupérer l’Alsace.

    Il reste la question de la nouvelle minorité serbe au Kosovo qui comem le souligen Richard Laming dans son blog démontre l’inanité de tracer ainsi des lignes sur une carte, forcément insuffisantes. Le principal facteur de cette sécession sera de vérifier si les serbes au Kosovo seront mieux traités que les kosovars en Serbie. Pour l’instant ce n’est pas garanti.

    Au final l’un des objectifs de l’Union européenne doit être que habiter d’un côté ou de l’autre d’une frontière interne doit devenir une question sans enjeu.

  • Le 24 février 2008 à 15:11, par Ronan En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    En 1776, les treize colonies anglaises d’Amérique du nord (mais de peuplement européen) déclarent leur indépendance de façon unilatérale et sans le moindre accord préalable d’avec leur métropole britannique (mais avec l’assentiment démocratiquement exprimé d’une majorité très claire de leurs populations).

    Une indépendance reconnue quelques temps plus tard par la France et l’Espagne. Pour ce qui est de l’ « accord » de la métropole britannique, il faudra sept ans de guerre d’indépendance pour l’obtenir...

    En 1956, les indépendantistes algériens du FLN (alors sans doute pourtant très minoritaires au sein même de la population arabo-musulmane d’Algérie...) lancent une insurrection nationale pour obtenir l’indépendance de leur pays, l’Algérie d’alors (soit trois départements français + les territoires sahariens). Et ce - bien évidemment - sans le moindre accord formel préalable d’avec la métropole coloniale.

    Un gouvernement provisoire algérien (GPRA) se forme même dans la banlieue du Caire et de nombreux Etats reconnaissent l’ « entité » algérienne alors autoproclamée de façon unilatérale et en voie de constitution. Laquelle obtiendra finalement son indépendance (et la reconnaissance formelle de celle-ci par la France) après huit années de guerre et malgré bien des discours officiels proclamant l’Algérie comme partie « inaliénable » d’une République française « une et indivisible » allant de Dunkerque à Tamanrasset...

    Alors, accord entre indépendantistes et anciens « dominants », certes il y a eu, en définitive : mais souvent après bien des années de conflit (et, la plupart du temps, très longtemps après une proclamation d’indépendance au départ complètement unilatérale...). Et on pourrait multiplier les exemples...

    Exemples qui montrent que le droit international actuel (i.e : dans sa logique inter-étatique) se construit surtout en marchant (et sans véritable esprit de système...) : s’adaptant (ou s’opposant...) aux grands rapports de force internationaux et aux réalités du moment...

  • Le 24 février 2008 à 15:18, par Valéry En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    L’indépendance n’est pas due à une agression (si tant est que l’on puisse qualifier ainsi de l’intervention internationale qui a permis d’éviter l’épuration ethnique commencée par l’armée serbe au Kosovo) mais d’un vote du parlement du Kosovo. Il est intéressant de voir que tu cites la résolution qui prévoit la mise en place d’une force de sécurité internationale au Kosovo. La réaffirmation de l’intégralité territoriale de la Serbie ne fait pas partie des décisions prises dans cette résolution mais uniquement du constat de la position de ses membres sur le sujet à ce moment.

  • Le 24 février 2008 à 15:36, par David Soldini En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    ronan, tes exemples remontent à une époque où le droit international n’en était qu’à ces balbutiements (et sur l’Algérie on pourrait en parler des heures...). C’est pourquoi j’ai spécifié « récemment ». Je sais bien que la plupart des pays européens ont arraché leur indépendance aux Romains mais je suis pas sur que ça fasse avancer le schmilblick de faire le parallèle avec l’Europe d’aujourd’hui. Je constate juste que récemment on avait fait un effort, sous l’égide de l’ONU, pour éviter ce genre de déclaration intempestive, cause de pleins de conflits, et qu’aujourd’hui ont revient à une conception du XIXeme siècle. Suis pas sur que ce soit un progrès.

  • Le 24 février 2008 à 15:38, par Jean-Pierre Sébastien En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    En 1776 le droit intérnational était très différent de celui d’aujourd’hui ; en effet, il n’existait pas vraiment. Aujourd’hui il existe, heuresement. Quant à l’Algérie, il faut savoir qu’elle avait le droit de devenir indépendante, grâce au principe du « test de l’eau salée », pratiqué par l’ONU. Selon ce principe, tout territoire séparé de sa métropole par une mer ou un océan peut réclamer son indépendance, et même la déclarer de façon unilatérale. Mais ce n’est pas le cas du Kosovo.

  • Le 24 février 2008 à 15:44, par David Soldini En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    la Nouvelle Calédonie n’est pas (encore) indépendante, mais le processus qui mènera (aurait pu mener ?) à l’indépendance suit le chemin que j’indique. Il y a accord entre les sécessionistes et l’Etat original, du moins sur la procédure. En l’occurence, il n’y a aucun exemple, à ma connaissance de déclaration purement unilatérale menant à l’indépendance (enfin si maintenant y en a un...le Kosovo justement). Les cas de référendum local pour décider ou non d’une indépendance sont toujours admis par l’Etat original (cas du timor oriental par exemple). Par contre des cas d’autodétermination spontanée, avec organisation d’un référendum sans l’accord de l’Etat, je n’en vois aucun. Bref, si demain les Corses peuvent organiser un référendum qui les mènent à l’indépendance c’est parce que la France a accepté ce même référendum. Cela me parait assez normal. Sinon, je vais faire l’autonomie du 14ème arrondissement tout seul comme chantait Renaud il y a quelques années. SInon, pour la prime au nationalisme serbe...bof. il me semble que c’est une belle prime au nationalisme tout court que l’on vient de décider...

  • Le 24 février 2008 à 15:52, par Jean-Pierre Sébastien En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    Justement, si le Kosovo peut demander son indépendance en vertu de son cas particulier, pourquoi les autres ne peuvent pas le faire ? Parceque c’est illégal. D’ailleurs, si vous connaissez un peu les autres conflits de ce genre, expliquez-moi, en quoi le Kurdistan est-il différent(les kurdes ne veulent pas forcement vivre avec les turcs dans un même pays, vu la manière dont ils sont traités) ? Pourtant, il n’est pas question que les turcs discutent avec les kurdes sur leur indépendance. Les Kurdes n’ont même pas d’autonomie !!! Et il y a beaucoup d’autres exemples, la liste est très longue.

    Reste que cette indépendance kosovare est illégale et qu’on risque d’avoir un autre conflit ou zone d’instabilité à la porte de l’Union européenne. Quant à la Serbie, je comprends tout à fait sa réaction et le sentiment qu’elle éprouve. On l’a humilié, car on se considère comme les meilleurs au monde, et qu’il n’y a que nous qui sommes capables de dire ce qui est juste ou non. Cela relève de la loi du jungle, et non pas de l’Etat de droit, auquel l’UE est si attachée.

  • Le 24 février 2008 à 15:57, par Valéry En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    Certes, si l’on considère que le fait que les pays qui sont devenus indépendants sont ceux où cette indépendance n’a pas été empêché par la force alors effectivement on peut dire que l’indépendance se fait par consentement mutuel. Toutefois ce raisonnement me rappelle le slogan « 100% des gagnants ont tentés leur chance »...

  • Le 24 février 2008 à 16:01, par Ronan En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    L’Est-Timor dont tu parlais précédemment comme contre-exemple n’a obtenu son indépendance pleine et entière (et reconnue) qu’après une déclaration unilatérale d’indépendance (alors contrariée) et une occupation militaire (indonésienne) également unilatérale remontant aux pourtant pas si lointaines années 1970 !

  • Le 24 février 2008 à 16:16, par Ronan En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    Pauvres Kosovars, condamnés à vivre enfermés dans l’Etat serbe sous prétexte qu’ils ne sont pas ’’positifs’’ au risible, archaïque et quasi-médiéval ’’test de l’eau salé’’. Si c’est ça, alors, le droit international, ça fait peur...

    Non seulement ça voudrait qu’un pays ne peut pas avoir de territoires d’outre-mer (en dépit de la volonté démocratiquement exprimée par ses populations ?!) mais surtout ça voudrait dire qu’un peuple ne peut pas obtenir sa liberté sous prétexte que son territoire est contigu de l’Etat qui prétend unilatéralement (là aussi...) le dominer (voire l’opprime).

    Autrement dit : les Kosovars, accrochez leur des boulets au pieds et plongez-les dans l’eau salée, mais si jamais vous les voyez flotter, laissez les libres de décider de leur sort ; sinon : tant pis pour eux...

    Et la démocratie dans tout ça ?! Et le droit à l’autodétermination ?! De toute façon, ça rîme à quoi que d’imposer la coexistence à des gens qui ne veulent pas vivre ensemble (précisément parce que ça se traduit, dans les faits concrets, par un état d’oppression politique...) ni sous une autre autorité que la leur ?!

    A ce titre les Kurdes, les Palestiniens et les Tchétchènes (et les Tibétains, par exemple...) ont effectivement droit à ma sympathie... pourvu qu’ils se conduisent effectivement en démocrates irréprochables, bien entendu. Car ce n’est qu’après avoir reconnu les droits des peuples (ne serait-ce qu’à l’existence...) qu’on peut vraiment, par la suite, les réunir. Sinon on ne fédérera jamais que des cadavres...

  • Le 24 février 2008 à 16:19, par Ronan En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    Si tu proclames tout seul l’indépendance du XIVe arrondissement, je serais très attentif à examiner sur quelle base démocratique (et avec quel soutien populaire...) cela se traduit...

  • Le 24 février 2008 à 16:44, par Fabien Cazenave En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    En tant que natif de ce pays et longtemps habitant de la Rue de Gergovie, forcé à l’exil du fait de la répression que porte la Mairie de Paris (soutenue en sous-main par le pouvoir français) contre ceux qui résistent...

    Je soutiens ton mouvement d’indépendance !

  • Le 24 février 2008 à 16:55, par David Soldini En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    non ronan. le timor orientale est indépendant depuis 2002, suite à un référendum organisé en 1999 sous l’égide des nations unis et accepté par Jakarta. Ou alors, il faudrait admettre que la Corse est indépendante depuis la première déclaration d’indépendance du premier groupuscule indépendantiste corse, et que cette indépendance réelle est juste un peu « contrariée » par la France.

    pour une chronologie détaillée du Timor (pas de la Corse) :

    http://asiep.free.fr/indonesie/timor/timor-chronologie.html

  • Le 24 février 2008 à 17:22, par Ronan En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    Dans la chronologie dont tu nous proposes la lecture, il n’est marqué rien d’autre que ça :

    1974 Le nouveau gouvernement portugais issu d’un coup d’Etat militaire accepte l’indépendance des colonies d’Asie et d’Afrique.

    1975

    - Août - L’administration portugaise se retire de Dili.
    - Octobre - L’armée indonésienne opère déjà au Timor Oriental. Elle tue cinq journalistes étrangers, provoquant l’indignation de la communauté internationale.

    - 28 novembre : Après une brève guerre civile, le Front révolutionnaire pour l’indépendance du Timor (le parti Fretilin) proclame l’indépendance du Timor Oriental, après s’être emparé de la capitale Dili et de la majeure partie du territoire.

    - 5 Décembre - L’Indonésie envahit le Timor oriental, juste après une visite à Djakarta du président américain Gerald Ford. L’ONU condamne l’invasion et demande en vain à l’Indonésie de retirer ses troupes. Début de la résistance armée.

    1976 17 juillet 1976 : annexion du Timor oriental par Djakarta qui devient la 27ème province indonésienne. Annexion jamais été reconnue par l’ONU (Security Council : Resolution 384 (December 22nd 1975) and Resolution 389 (from 1976).

    En plus de vingt ans, la répression et les famines ont fait quelque 200 000 morts, selon les organisations humanitaires.

  • Le 24 février 2008 à 17:29, par Ronan En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    Quant à la Corse, si elle fait aujourd’hui partie de la république française, ce n’est que par consentement démocratique clairement exprimé de ses populations.

    Mais si jamais - demain - la Corse voulait définitivement larguer les amarres à la suite d’un libre processus autodétermination transparent et démocratique et bien grand bien lui fasse !!! : Je serai alors le premier à lui souhaiter chaleureusement bon vent et bonne mer !!!

    Et ce, tout en souhaitant que (restés) français et corses indépendants restent néanmoins bons amis et - autant que possible - en bon voisinage (et si possible, dans le cadre d’une Europe fédérale).

    De toute façon, théorie mise à part, on n’est jamais autre chose (et très souvent peu de chose...) qu’indépendants dans l’interdépendance mutuelle...

  • Le 24 février 2008 à 19:32, par David Soldini En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    s’il y a une chose que je partage, ronan, c’est ta conclusion. L’exemple du Timor est précisément intéressant car malgré les massacres, les violations répétées des droit de l’homme de la part de l’Indonésie, le Timor n’a été reconnu comme Etat qu’à partir du processus d’indépendance résultant du plan onusien. Je ne nie pas le fait que le gouvernement indonésien ou que celui serbe se soient comporté en barbare, ni même que les timoriens ou les kosovars n’ont pas droit à l’indépendance. je dis simplement que les processus d’indépendance doivent toujours être reconnu par l’Etat original, sinon c’est juste des guerres civiles (c’était le cas du Timor). au sujet de la Corse, elle n’est pas française par consentement mutuel, mais bien parce qu’elle a été vendue aux français. Depuis elle est partie intégrante du territoire français. Si elle voulait son indépendance il ne faudrait pas uniquement le consentement de ses habitants mais bien de la France en tant que telle. En effet, la belle théorie de l’autodétermination aboutie à des situations absurdes puisque les frontières, nous le savons bien en tant que fédéralistes, ne sont que des conventions. Suffit que je considère que mon village constitue un territoire à part, que je convainque les péquenots du coin que paris est tout pourri, qu’il vaut mieux être seuls que mal accompagnés, et hop ! un nouvel état au nez et à la barbe des autorités françaises... mettons qu’il y ait une ferme qui soit réticente, je trace ma frontière autour et je peux même dire qu’on est tous d’accord, unanimement, sur le territoire de mon village moins la ferme, pour être indépendant. Tu trouves pas qu’il y a un hic dans ce type d’approche ?

  • Le 24 février 2008 à 20:48, par Jean-Pierre Sébastien En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    Des discous de ce genre (concernant les pauvres peuples opprimés) ont conduit aux guerres « justes » du Moyen Age, et le droit international, bien que imparfait, nous protège contre ce genre de choses ! Et si on le ruine, les conséquences peuvent être dramatique.

    D’ailleurs, c’est grâce au droit international qu’on a organisé le tribunal de Nüremberg, où on a pu juger les nazis, car sinon ces gens(Himmler, Hoesse etc) seraient en liberté !!!

    Puisque vous nous avez cité le Timor, sachez que c’est notamment grâce au droit international qu’on a pas reconnu l’annexion du Timor par l’Indonésie(doctrine Stimpson de la non-reconnaissance d’un acte d’agression). Je vous propose de regarder l’arrêt de la CIJ le Portugal contre l’Australie, qui a justement reconnu cette annexion illégale et qui a permis au Timor de reganger son indépendance.

    Il faut qu’on apprenne à vivre ensemble dans un même Etat. On a des examples où ça marche, où on pratique le multilinguisme, parfois même des confessions différentes : la Suisse, la Russie (malgé tout, je suis y allé et j’en sais quelque chose) et ... j’espère qu’un jour je pourrai citer l’UE. Même en Serbie, la minorité hongroise de Voivodina, s’est très bien intégrée et il n’y a pas de problèmes. Arrêtons d’encourager le séparatisme nationaliste et incitons les peuples à apprendre à vivre ensemble : c’est le message que doit transmettre l’UE.

  • Le 25 février 2008 à 06:58, par Ronan En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    Oui, il y a un hic dans cette démonstration dite ’’du petit village’’ (complètement désincarnée et sans référence précise), c’est qu’on sait parfaitement bien qu’un sentiment national ne nait pas ainsi, ’’ex nihilo’’, pour des motifs aussi vagues et apparemment aussi farfelus (et ce, même à Séborga : principauté d’opérette italienne dont les habitants ont parfaitement compris d’eux-même les limites de la plaisanterie...).

  • Le 25 février 2008 à 13:04, par david En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    ah oui ? c’est donc un truc enfoui dans notre ADN ? non. Le sentiment national, et surtout le ressentiment, nait bien d’un coup, rapidement et surtout, souvent, volontairement. Surtout quand des bandes de pillars kosovars s’amusent à simuler des massacres ethniques pour provoquer une réaction de la communauté internationale. Je n’ai qu’à organiser un petit Racak maison, et le tour est joué. Il faut vraiment arrêter avec cette vision éthnique de la politique ! voila que je me sens ethniquement du 13ème arrondissement de paris !

  • Le 25 février 2008 à 19:25, par Ronan En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    Ah, non David en seuls termes de reproches : pas ça, pas toi (d’autant plus que tu sais parfaitement quelle est mon opinion sur ce genre de sujet).

    A savoir que le « nationalisme » n’est évidemment pas une chose inscrite dans la génétique (et tu sais fort bien que je ne me suis jamais engagé dans ce type de discours et que - d’ailleurs - je m’oppose fortement à ce type d’analyse...).

    En revanche, je pense que le nationalisme est - rarement pour le meilleur, trop souvent pour le pire - une construction politique et culturelle (mais je ne dis pas autre chose...).

    Sauf que la ’’cristallisation nationaliste’’ ne se produit que lorsque se présente une conjonction d’événements politiques et culturels très spécifiques, souvent non reproductibles ’’hors sol’’ et/ou dans n’importe quel cadre arbitrairement choisi, genre - faute de mieux et pour l’exemple - XIVe arrondissement (et je ne dis pas autre chose).

    Un nationalisme ne naît pas par phénomène de génération spontanée et ne résulte pas non plus d’une seule addition de conditions favorables. D’autant plus qu’il est - comme son nom l’indique - un phénomène de masse et de communion collective... Et c’est d’ailleurs - malheureusement, j’ai envie de dire - cet enracinement très spécifique dans le temps, l’espace et les esprits (mais certainement pas dans la génétique...) qui font la force des nationalismes.

    Je pense qu’on peut d’ailleurs trouver un point d’accord sur la définition développée dans l’article suivant.

    Pour le reste, les tristes événements de Racak sont un fait... qui en occulte bien d’autres - pire encore - qui ne sont certainement pas de la ’’simulation’’. Dire le contraire confinerait au révisionisme à l’égard de faits pourtant bien établis. (Pensées que tu ne partages pourtant pas ; et dont je ne te fais d’ailleurs - de toute façon - pas le moindre procès d’intention, s’il te plaît).

    Les récentes guerres d’agression serbes des années 1990 dans les Balkans au nom du ’’projet national grand-serbe’’ ont été ponctuées d’atrocités épouvantables, pourtant alors très clairement justifiées en public, et jusque sur la scène internationale par des dirigeants très clairs dans leurs propos, parfaitement conscients de leur énormité, et dans des discours nationalistes alors parfaitement explicites, signés et publiquement resignés.

    Aujourd’hui, certains de ces bourreaux essaient de se faire passer pour des victimes injustement humiliées (comme si aucun de ces discours n’avaient été prononcé...) : Humiliés ?! Bah, ça vaut tout de même mieux que de se retrouver aujourd’hui enterrés à l’altitude de six pieds sous terre où ont alors été envoyés certains civils trucidés par la piétaille nationaliste grand-serbe...

  • Le 26 février 2008 à 00:24, par Jean-Pierre Sébastien En réponse à : C’est le nationalisme qui a conduit à l’indépendance du Kosovo

    Ah si, c’est exactement ce qu’elle fait. Elle réaffirme l’intégralité territoriale dans la préambule, en évoquant l’accord de Helsinki et aussi dans le quatrième point de la partie opérationnelle qui, avec les annexes, prévoit le retour des autorités Serbes dans la région après la fin du mandat des Nations Unies. Et cette résolution est valable jusqu’à nouvel ordre, qui peut être établi seulement par le CS. Le vote du Parlement kosovare est donc juridiquement vide. C’est pour cela que l’indépendance est illégale.

  • Le 15 juillet 2008 à 16:58, par bambiyen En réponse à : Indépendance du Kosovo et Union européenne

    Vive la corse indépendante ! La Corse n’est pas encore indépendante et ce n’est pas demain la veille de son indépendance, si l’on en croit les autorités françaises pour lesquelles franchement, le sujet n’est pas à l’ordre du jour.

    Je me suis imaginé entrain de poser la question au Président français ou à son ministre des affaires étrangères de savoir si dans les couloirs de l’Elysée ou dans ceux du quai d’Orsay l’on envisageait -surtout dans une approche de rupture- de revisiter le problème de la corse dans le sens d’accorder à cette île située à 200 Km de l’hexagone son indépendance tellement réclamée par une bonne partie des corses de souche. Et bien évidemment, je me suis entendu répondre :« N’y pensez même pas ». Je crois qu’on me répondrait, qu’on vous répondrait de la même façon si l’on avait abordé la question de l’indépendance de la Polynésie française, de la Guyane française, de la Guadeloupe ou de la réunion. Le voisin anglais de la France dirait la même chose si on lui parlait de ses nombreuses et belles îles dans le pacifique. Comme quoi, ne mettez surtout pas le sujet sur la table si vous ne voulez pas paraître déjanté, un peu fou aux yeux de la société, parce que quoi qu’il en soit, ce sont des territoires français et anglais.

    Le serbes aussi pensaient que le Kosovo faisait incontestablement partie de leur territoire. Ils continuent d’ailleurs à le penser. Mais voilà, le 18 février dernier, la majorité albanaise qui dirige ce qui était encore jusqu’à cette date une province (autonome) de la République de Serbie, a décidé de proclamer unilatéralement l’indépendance du Kosovo, amputent ainsi la Serbie d’une partie de son territoire, mais aussi de son histoire et de son peuple. Un coup dure pour les autorités de Belgrade accentué par la réaction d’une partie – non des moindres - de la communauté internationale.

    Alors que plusieurs pays prenaient position sur la question en tenant compte soit de leur proximité géographique avec la Serbie (Roumanie…), soit des points communs entre la cas Kosovar et une réalité existant sur leur territoire (Chypre et Espagne), la France et la Grande Bretagne ont choisi de se prononcer sur des bases qui pour moi restent encore incomprises. Français et Britanniques ont en effet donné officiellement leur approbation de cette indépendance unilatérale, plongeant ainsi l’UE dont elles sont des leaders dans la division sur la question, et embarrassant plus que jamais la Belgique toujours pas encore sortie de sa crise sécessionniste.

    La réaction de ces deux pays loin du point de vue européen est d’autant plus surprenante qu’elle semble n’avoir pas pris en compte –comme c’est le cas pour l’Espagne – des conséquences d’une position pareille sur l’avenir de leurs territoires respectifs. Allusion est ici faite aux vestiges coloniaux de ses pays en Afrique en Amérique latine et dans le Pacifique, et pour ce qui est du cas typique de la France, au problème Corse.

    En effet, plus d’un demi siècle après le début des indépendances, la France et la Grande Bretagne, grandes puissances coloniales d’hier continuent à avoir des territoires hérités des conquêtes colonialistes. Plus de 60 ans après la création de l’ONU et le début des batailles menées sur le plan diplomatique pour l’autodétermination des peuples, la France et la Grande Bretagne, pays d’Europe centrale possèdent encore des territoires en Afrique, en Amérique Latine et dans le Pacifique. Des territoires pour lesquels aucun plan d’indépendance n’est ni envisagé, ni envisageable. Rien à faire ce sont des territoires que la distance, les décalages horaires, les différences d’histoire et de culture ne peuvent suffire à détacher des mères patries que sont la France et la Grande Bretagne. Et pourtant ce n’est pas la volonté qui manque notamment aux polynésiens ou encore plus près aux Corses pour ce qui est de la France. Au nom de l’intégrité territoriale, les français sont déterminés à garder la France - aussi dispersée qu’elle soit sur cette planète – en un seul morceau.

    Connaissant cet amour français pour la préservation de l’unité nationale, on comprend très mal la validation aussi rapide de l’indépendance du Kosovo par les autorités de Paris, alors même que ce territoire reste fortement lié géographiquement et historiquement au reste de la Serbie. Les espagnoles et les chypriotes l’ont compris, ce sont des positions qui donnent des idées. Pour preuve, quelques jours seulement après cette réaction française, les indépendantistes corses se à nouveau fait entendre pour revendiquer ce que la France encourage d’autres à avoir, et qu’elle refuse paradoxalement de leur accorder à savoir : l’indépendance.

    Une sagesse biblique donnée par le Christ demande de ne pas chercher à enlever la paille qui est sur l’œil de la personne qu’on a en face de soit en négligeant la poutre qu’on a dans son propre œil. Et une autre (africaine celle là) dit qu’il pleut sur tous les toits.

    Loin de moi l’idée de défendre le terrorisme corse qu je condamne vivement, but let think about it.

  • Le 15 juillet 2008 à 19:50, par Valéry-Xavier Lentz En réponse à : Indépendance du Kosovo et Union européenne

    L’indépendance de la Corse ne concerne que les Corses : si jamais ils décidaient un jour de voter majoritairement pour ses partisans — ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui — je ne vois pas bien au nom de quoi on pourrait la leur refuser.

    Les frontières dépendent avant tout d’incidents historiques souvent antérieurs à l’invention des États-nations « modernes ». Il n’est guère étonnant que là où les identités régionales restent fortes les populations souhaitent les voir respectées. Le meilleur moyen que cette revendication se fasse dans le cadre des États actuels plutôt que de les voir dériver vers le nationalisme c’est de les satisfaire à travers des statuts d’autonomie appropriés.

    C’est ce refus, à travers la violence, qui a conduit au succès des plus radicaux des Kosovars, et non pas la revendication particulariste. Le comprendre c’est éviter de nouvelles crises.

  • Le 9 mai 2010 à 12:26, par philippe En réponse à : L’union doit reconnaître au plus vite ce nouveau pays

    reconnaitre le kosovo au sein de l’europe est effectivement trés facile, mais que pourra apporter ce pays au niveau de l’industrie, du commerce, du tourisme et bien d’autres choses, ce pays compte un taux de chômage de l’ordre de 70%, il n’y à rien qui fonctionne, les organisations qui sont sur place ne peuvent que constater, la mafia est partout et prend tout à son compte, pour travailler il faut être du côté de ces gens là, oui un intêret de l’europe, leur permettre d’avoir la libre circulation et bien sûr d’avoir de l’argent qui arrive dans le pays, il faut regarder aussi que les pays européens surtout les plus riches ont actuellement des problémes financiers, faut il continuer de subvenir à ces pays qui veulent absolument l’europe mais plus pour des critéres financiers et d’assistance que pour la simple idée de se dire européens.

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