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Les Jeunes Européens-France rejettent la vision intergouvernementale de Nicolas Sarkozy

Communiqué de presse des Jeunes Européens-France

, par Le Bureau national des Jeunes Européens - France

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Les Jeunes Européens-France rejettent la vision intergouvernementale de Nicolas Sarkozy exposée hier à Toulon. La solution pour sortir de la crise actuelle doit passer par un fédéralisme accru, gage de la démocratie dans l’Union européenne. La Commission doit devenir un véritable gouvernement européen responsable devant le Parlement européen qui lui, est élu au suffrage universel direct.

Le Président de la République, Nicolas Sarkozy a prononcé hier soir à Toulon un discours porteur d’ambigüité pour l’avenir de l’Europe.

Malgré une volonté claire de défendre l’euro, un appel à la convergence économique et des références nombreuses à la solidarité entre les États membres, le Président de la République privilégie une méthode qui ne correspond pas à la gravité de la situation.

Si la refondation de l’Europe est nécessaire pour sortir d’une crise qui nous secoue depuis trois ans, la solution ne peut et ne doit pas passer par un intergouvernementalisme accru.

Nous le constatons, l’Union européenne dirigée par le Conseil européen, c’est-à-dire les États, est une Europe a minima, figée, soumise aux intérêts nationaux et incapable de prendre des décisions pour enrayer la crise.

Il est temps de changer radicalement d’Europe pour la rendre plus forte, plus intégrée, plus fédérale et de mettre fin à l’exclusivité du couple franco-allemand.

Le fédéralisme est la seule voie possible pour donner à l’UE les moyens d’agir pleinement et de lui permettre d’être un acteur majeur de la globalisation.

La Commission doit devenir un véritable gouvernement européen responsable devant le Parlement européen qui lui, est élu au suffrage universel direct.

Ce mode de fonctionnement intégré donnera une véritable issue à la crise puisqu’il aboutira à la convergence des politiques économiques, fiscales et budgétaires de l’ensemble des États membres.

Cette solution nécessite du courage politique à l’heure où la solidarité européenne bat de l’aile. La jeunesse européenne, dont nous nous faisons les portes voix, est prête à l’assumer.

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Vos commentaires

  • Le 2 décembre 2011 à 15:23, par Aymeric L En réponse à : Les Jeunes Européens-France rejettent la vision intergouvernementale de Nicolas Sarkozy

    J’ajouterais un autre aspect sur lequel il faut être très vigilant : la dérive vers un constitutionnalisme économique.

    Demain, Sarkozy et Merkel proposerons d’inscrire dans les traités une procédure de sanction automatique pour lutter contre les déficits dans la zone euro. Pour en calmer certains, ils chercherons à emballer cela dans deux ou trois avancées démocratiques, pourquoi pas un président élu.

    Je pense que toute règle contraignante en matière de politique économique devrait être inscrite dans une Loi européenne votée démocratiquement, pas gravée dans le marbre d’un traité. La disctinction est importante : dans un cas nos élus ne servent qu’à appliquer une politique fixée à jamais, dans l’autre, ils ont les moyens de redéfinir les règles.

    L’Europe fédérale ne sera qu’une fiction si les traités détaillent tous les aspects essentiels de la politique européenne, enlevant aux eurodéputés tout pouvoir de décision réel.

  • Le 2 décembre 2011 à 15:59, par Valéry-Xavier Lentz En réponse à : Les Jeunes Européens-France rejettent la vision intergouvernementale de Nicolas Sarkozy

    Belle réactivité !

  • Le 2 décembre 2011 à 16:24, par Jonathan Leveugle En réponse à : Les Jeunes Européens-France rejettent la vision intergouvernementale de Nicolas Sarkozy

    @ VXL : like ;)

  • Le 2 décembre 2011 à 20:25, par Paulo « Jaxs » En réponse à : Les Jeunes Européens-France rejettent la vision intergouvernementale de Nicolas Sarkozy

    C’était prévisible ...

    Autant on est sympas en temps de prospérité, autant en temps de crise, c’est chacun pour soi. Voilà grosso modo ce qui se passe dans les têtes de nos (ir)responsables politiques (de droite comme de gauche d’ailleurs). La seule arme contre la crise qui nous occupe, c’est relancer les économies ... aller à la pêche à la croissance, grappiller des marchés. Le problème pour commercer avec nos partenaires européens, c’est que les banques ne veulent pas entendre parler d’investissements. Commercer avec les états extra-européens, en voilà une idée qu’elle est bonne, seulement l’euro fort commence à nous poser un véritable problème dans nos exportations « hors zone euro ».

    Il va donc falloir se mettre d’accord rapidement, parce que la sauvegarde des économies européennes est à cette conditions sine qua non. Il reste encore des pots qui peuvent être cassés dans le magasin de porcelaine, il est indispensable de nous unir pour faire barrage à l’éléphant. Le bus de la compagnie « Europe » dans lequel chacun des pays a prit place est une magnifique mécanique qui a vocation à nous emmener très loin, un bus sans conducteur désigné ni GPS, et l’on doit demander leur avis à tous les passagers à chaque carrefour, quitte à rester immobile le temps qu’on se décide. Bref, ça ne fonctionne pas, parce que ça ne peut pas fonctionner.

    Peu importe quelles sont les mesures qui seront prises pour harmoniser les systèmes budgétaires (éventuellement fiscaux), mais cela nécessite une véritable volonté politique qui pour l’instant subit la schizophrénie franco-allemande ... Volonté politique qui manque à nos représentants, donc s’ils ne savent pas vraiment quoi faire, qu’il s’en réfèrent au Parlement Européen, élu par les peuples, voir même les peuples eux-mêmes.

    Que monsieur Sarkozy cesse de nous bassiner avec son costume de « président qui travaille à la sauvegarde des intérêts de la France », parce que si c’était le cas, le fédéralisme serait déja en chantier, ou du moins une véritable autorité exécutive européenne. Nicolas Sarkozy est déjà dans les chaussures du candidat, parce qu’il ne veut pas se présenter devant son électorat, majoritairement eurosceptique, comme celui qui aura à leur yeux « sacrifié l’intégrité française » et confié leur destin à des étrangers (arrrgh !).

    Le président préfère affronter les banquiers, les élus européens et la chancelière allemande plutôt que ceux qui lui font vraiment peur, et à juste titre : les citoyens français.

  • Le 2 décembre 2011 à 23:48, par Aurélien En réponse à : Les Jeunes Européens-France rejettent la vision intergouvernementale de Nicolas Sarkozy

    Un président de la Commission issu des élections européennes est une idée certes attrayante, mais à mon avis à terme dangereuse pour les équilibres européens.

    Le paradoxe de l’Europe est en effet d’être composée d’Etats ayant globalement une tradition parlementariste similaire, bien qu’avec des nuances très prononcées. Mais, dans la plupart des cas, le chef du gouvernement est de la même couleur que le Parlement. Ceci est possible dans de « petits » Etats-Nations où les entités fédérées ou collectivités territoriales acceptent facilement qu’un gouvernement différent de sa couleur politique les gouvernent. Cela ne l’est pas dans le cas de l’UE, dont le système permet en réalité de faire émerger une voie consensuelle entre de multiples intérêts (nationaux, politiques, régionaux, etc.).

    De ce point de vue, un système « à l’américaine », avec séparation stricte des pouvoirs, élection au suffrage universel du Président, élection séparée du Parlement, serait plus judicieux : cela éloignerait le spectre de la « dictature de la majorité », tant redoutée dans une organisation comme l’UE. Le spectre aussi de divisions internes très fortes, avec, disons, les citoyens du Nord votant systèmatiquement pour des candidats favorables à la « rigueur », des citoyens du Sud pour la « solidarité ». Il ne faut pas, en somme, appliquer à l’UE...le modèle européen !

    Enfin, je répondrais à Aymeric que le principe d’une « règle d’or » n’est en soit pas une mauvaise chose du tout. D’abord, c’est souhaité, d’après les sondages, par une large majorité des citoyens, qui savent que rien ne doit autoriser un gouvernement d’avoir des déficits en période de croissance. Et ensuite, allez donc voir le détail de la règle d’or allemande, le modèle en la matière, fort intelligente, qui applique un principe de sens commun à la gestion budgétaire : déficit très réduit en période de croissance, autorisation de déficit en période de récession ou « d’événement extraordinaire d’une importance grave ». En quoi cela est-il idéologique ? Avons-nous si peur d’une gestion saine de nos finances ? Cela réclamerait en effet une petite révolution dans l’esprit de nos énarques...

  • Le 3 décembre 2011 à 15:07, par Aymeric L En réponse à : Les Jeunes Européens-France rejettent la vision intergouvernementale de Nicolas Sarkozy

    @Aurélien,

    Dans l’immédiat, le principal problème de l’Europe est le manque d’idées attrayantes à court terme :) Le modèle consensualiste (consociationniste) ne mobilise pas les foules : 43% de participation en 2009, contre 69% en 1979 ; malgré des budgets dédiés à la promotion de la citoyenneté en augmentation constante depuis 30 ans (ex : Erasmus créé en 1987). Je trouve ce niveau de participation intenable pour un Parlement qui coûte quand même la bagatelle de 1,5 Md€ par an.

    Un président élu pourrait l’être au suffrage direct, comme le souhaite la CDU, ou indirect (= élection du premier ministre britannique), comme le veut le PSE. L’un ou l’autre, ça se discute. Quant au risque de cohabitation, il dépend surtout du calendrier électoral : si la réforme du quinquennat l’écarte désormais en France, le fait que l’élection des membres du Congrès américain aient lieu tous les deux ans le rend inévitable aux Etats-Unis.

    Concernant la règle d’or, le problème que je soulève n’est pas l’idée de règle d’or en soi. J’y suis favorable. Le problème, c’est de vouloir inscrire cette règle d’or dans les traités. Actuellement, contrairement à ce qui est asséné en permanence, le Pacte de stabilité ne fait pas partie des traités. Il est établi par des règlements et directives, donc modifiable. Pour être modifié, un traité nécessite 27 signatures et 27 ratifications. Ce n’est pas comme une constitution nationale que chaque nouveau président fait modifier les doigts dans le nez. L’avantage du système actuel est sa souplesse et surtout son fonctionnement démocratique. Conservons-le.

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