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Les Jeunes populaires et l’Europe

, par la Rédaction du Taurillon

Dans le cadre des présidentielles, le Taurillon a cherché à connaître la position des jeunes des partis politiques sur l’Europe. Quatre thèmes sont abordés pour avoir une connaissance plus approfondie de leurs propositions. Cette semaine, nous vous proposons de découvrir leurs réponses et de commencer par l’UMP. Jonas Haddad, Secrétaire national en charge de l’Entreprenariat des Jeunes, répond au nom des Jeunes populaires.

La réforme budgétaire

* Quelles doivent-être les ressources budgétaires de l’Union européenne ?

Les ressources actuelles peuvent évoluer. Il y a avant tout une nécessité de pédagogie pour expliquer aux Français la manière dont elles sont utilisées. Que donne la France ? Mais surtout expliquer pourquoi le mécanisme de solidarité est essentiel. Avec la création du mécanisme de stabilité et du Fond Européen de Stabilité financière, les Français se demandent où part l’argent. Il faut que les citoyens sachent où va chaque euro. C’est un effort de transparence comme l’a fait la France.

On peut imaginer des nouvelles ressources propres pour le budget européen notamment avec une taxe sur les transactions financières que la Commission a adopté le 28 septembre 2011 sur initiative franco-allemande. On pourrait également réfléchir à l’instauration d’une « taxe réciprocité » aux frontières de l’Europe permettant d’instaurer la réciprocité en matière sociale et environnementale entre l’UE et ses partenaires commerciaux.

* Quelles sont les politiques qui doivent faire l’objet d’une priorité dans le futur ?

D’abord la réduction des déficits publics en instaurant la règle d’or comme elle existe déjà en Allemagne ou en Espagne. L’environnement et l’écologie doivent être une priorité européenne. A la fin de la présidence française de l’UE en 2008, les États ont voté le paquet « climat énergie » car la taille critique pour régler ces problèmes est l’échelle européenne.

La politique agricole doit également être une priorité pour permettre le maintien du budget agricole en protégeant nos intérêts commerciaux. Nous ne pouvons plus imposer à nos agriculteurs le standard alimentaire le plus élevé au monde et ouvrir nos marchés à toutes les concurrences.

De même, les politiques en matière d’éducation doivent être une priorité. Chez les Jeunes populaires, nous avons beaucoup évoqué la création d’un Erasmus lycéen pour favoriser les échanges chez les plus jeunes.

L’Europe est un instrument qui doit être utilisé politiquement et non pas de manière trop technique. La gestion politique de la crise économique actuelle est d’ailleurs une bonne illustration de la nécessité d’un leadership fort pour utiliser les outils existants.

* Quelle gouvernance économique l’Union devrait-elle mettre en place ?

Nous devrions d’avantage harmoniser les politiques économiques européennes. Il faut une gouvernance économique qui aille de paire avec la gouvernance monétaire. Lorsque cette gouvernance n’est pas mise en œuvre, des problèmes apparaissent alors comme on a pu le voir en Irlande, en Grèce ou en Espagne.

Au cœur de cette gouvernance économique, il faut un couple franco-allemand qui doit constituer un véritable G2. En effet, ce sont les économies les plus dynamiques et qui ont le plus de perspectives. La France occupera en Europe une place de plus en plus importante du fait de sa croissance démographique. Elle sera la plus peuplée en Europe ce qui donnera deux économies à quasi égalité et très interconnectées.

Il est nécessaire d’avoir une harmonisation fiscale au niveau de l’impôt sur les sociétés pour éviter le dumping fiscal.

L’Europe doit garder son avance dans les technologies de pointe. Pour ça il faut des politiques économiques volontaristes. Il faut un pilotage stratégique à l’instar des objectifs inscrits dans la stratégie de Lisbonne. C’est très important, car l’Europe a pour objectif de devenir l’économie de la connaissance.

*Une règle d’équilibre budgétaire devrait-elle figurer parmi les obligations exigées des États membres ?

La règle d’or est primordiale car on ne peut plus accepter de voter des budgets qui ne sont pas à l’équilibre depuis près de 30 ans. Ce n’est d’ailleurs pas une règle de droite ou de gauche, c’est du bon sens pour arrêter les excès qui ont été commis et protéger les générations futures de la charge de la dette. Il faut aussi penser au périmètre de cette règle d’or pour savoir si elle doit uniquement s’appliquer à l’État ou aussi aux collectivités territoriales qui s’illustrent également par d’importantes dépenses.

* Les États membres doivent-ils associer plus étroitement les régions à la décision et à la conduite des dépenses en matière de politique de cohésion ?

Oui. En France comme dans tous les pays européens, les citoyens revendiquent leur appartenance régionale, ce qui peut donner lieu à des revendications qui vont dans tous les sens. Il ne faut pas que les régions court-circuitent les politiques mises en place par les États au risque d’avoir des doublons.

L’Union européenne et les Français.

* Que feriez-vous pour rapprocher l’Union européenne du citoyen ?

Comme je le mentionnais précédemment, l’Erasmus lycéen et le retour des eurodéputés dans leurs circonscriptions sont déjà deux éléments pouvant rapprocher les citoyens de l’UE.

Cet Erasmus lycéen peut aller de pair avec un Erasmus des apprentis. Pour les jeunes nous pourrions envisager la création d’un Pass’Europe pour les 18-25 ans offrant des réductions sur les transports, le logement et les musées.

Mais il faudrait aussi ouvrir de nouveaux chantiers notamment avec nos voisins proches comme l’Italie et l’Allemagne pour prendre davantage en compte la dimension transfrontalière d’une partie de notre territoire. Ces partenariats renforcés permettraient de faire comprendre aux citoyens l’importance des collaborations bilatérales. Car lorsqu’on est à Nice on a une vision plus franco-italienne de l’Europe ou plus franco-espagnole lorsqu’on est à Bayonne. On peut imaginer des classes franco-espagnoles qui iraient dans d’autres pays.

Aujourd’hui, nous avons une liberté totale de circulation en Europe qui n’a pas été assez exploitée. A mon sens, il faut donc commencer par créer des liens avec nos voisins proches car cela prend plus de temps pour se sentir proche des Européens vivant à l’autre bout de notre continent.

* Comment favoriseriez-vous l’implication de la société civile dans la vie politique européenne ?

Pour certaines thématiques, cela peut être très utile. En France, le programme 100.000 entrepreneurs permet à des chefs d’entreprises d’aller dans les écoles et de sensibiliser les jeunes à la création d’entreprises. Ce type de programme pourrait être développé au niveau européen car nous avons besoin d’entrepreneurs et la société civile doit jouer ce rôle.

* Quelles propositions feriez-vous pour créer un véritable espace politique européen (élection du président de la Commission au suffrage universel…) ?

Si cela doit changer les traités, ce n’est pas la priorité. Les instruments sont déjà présents mais ils sont sous exploités. Il est vrai que l’élection au suffrage universel du président de la Commission va lui donner un véritable poids. Mais la priorité reste dans l’utilisation des outils déjà existants, comme le développement de la place des eurodéputés dans la vie politique nationale.

* Doit-on améliorer l’association des assemblées parlementaires aux décisions européennes ?

Les différents partis composant le Parti populaire européen se retrouvent régulièrement ce qui a permis au PPE de prendre plusieurs initiatives au Parlement européen. Il faudrait étendre ce mode de fonctionnement aux autres partis.

L’Union européenne, acteur d’un monde multipolaire.

* Ne serait-il pas envisageable d’opérer un redéploiement drastique des diplomaties nationales au profit de la diplomatie européenne ?

Non. La France est attachée à son rang diplomatique et ce n’est pas encore d’actualité. Il faut un Haut représentant qui représente l’UE, mais avoir des représentations uniques me parait pour l’instant difficile.

* Est-il efficace de voir l’UE représentée à l’étranger par la trinité du Haut représentant, du Président du Conseil européen et du Président de la Commission européenne ?

Ils ont trouvé leur place et sont complémentaires. Il n’est pas nécessaire de changer la disposition actuelle.

* Pensez vous qu’il faille confier la responsabilité de la défense européenne aux États capables à court terme d’en assurer le service ?

Cette manière de fonctionner existe déjà et se met peu à peu en place avec la coopération militaire entre la France et le Royaume-Uni. Il faudrait agréger autour les États les plus volontaristes « un groupe pionnier » qui permettrait des coopérations renforcées pilotées par un Conseil des ministres de la défense de l’UE qui deviendrait un véritable « Groupe de défense » européen.

Pour créer cette défense européenne, il faut aussi continuer à peser sur la scène internationale, que l’on dispose de sièges au conseil de sécurité de l’ONU. Donc quand j’entends les socialistes proposer de se retirer de cet organe de décision, je trouve ça incroyable !

* L’UE doit-elle définir précisément ses frontières ?

Oui. Après la Grèce, ce n’est plus l’Europe. La France doit clairement affirmer son opposition à l’entrée de la Turquie dans l’UE qui est un grand partenaire mais qui n’est tout simplement pas dans les frontières de l’Europe. De plus, l’élargissement a pu être trop rapide. Le mouvement est lancé pour la Croatie et d’autres pays, mais à mon sens il ne faut pas accélérer le mouvement.

Les outils d’une Europe réactive et efficace.

* Dans le cadre de la gouvernance économique européenne, est-il acceptable de confier la responsabilité du suivi des États de la zone euro à une structure intergouvernementale échappant aux contrôles tant des parlements nationaux que de celui du Parlement européen ?

Quand on a des marchés qui sont d’une grande réactivité, il faut des réponses très rapides. Et d’ailleurs les Parlements ne sont pas totalement exclus de ce processus. En Grande-Bretagne, le premier ministre est issu d’une majorité parlementaire. Le Président de la République est élu au suffrage universel, ça lui donne une légitimité pour agir rapidement.

* La structure institutionnelle de l’UE est-elle toujours adaptée en ce commencement du XXIème siècle ? Si oui, quelle vision institutionnelle est la vôtre ?

Oui et non. On peut connaître des blocages actuellement sur la politique monétaire notamment qui est encore trop déconnectée de la politique économique des états. Peut être que l’élection au suffrage universel du Président de la Commission dans le futur permettrait de résoudre certains problèmes de légitimité.

* Quel est le niveau de fédéralisme que vous jugeriez optimal ? Quelles seraient les politiques qui pourraient être essentiellement fédérales et celles dont le niveau pertinent est l’État ?

L’Europe fédérale peut être un point de la campagne présidentielle. D’un côté des pays sont tentés par le repli à cause de la crise mais de l’autre seul des politiques fédérales peuvent les sauver. Ce n’est sans doute pas le moment de mener des politiques fédérales car certains États en difficulté s’y opposeraient. Il est nécessaire de renforcer la coopération européenne mais le fédéralisme pourrait être rejeté par les pays en crise.

* Quels outils ou structures donner à l’UE pour assurer une meilleure réactivité face à des évènements tels que les flux migratoires soudains et massifs ? Ou face à des crises sanitaires ?

Nous pourrions faire face à une catastrophe nucléaire semblable à celle de Fukushima. Il est donc nécessaire d’avoir des instruments en commun pour pouvoir répondre à des crises écologiques ou sanitaires qui ignorent complètement les frontières.

Concernant les flux migratoires, lorsque nous avions proposé de modifier Schengen pour prendre en compte la réalité après les événements du Printemps arabe, tous les tenants de la pensée unique se sont étranglés. Il faut développer un suivi permanent de l’application des accords Schengen pour voir si chaque État respecte les règles du jeu et si ce n’est pas la participation de l’État concerné doit être suspendu.

Nous sommes également favorables à la création d’un Commissaire européen en charge de l’immigration de l’intégration et du co-développement pour clarifier les rôles entre les Etats. En réalité, la pression devient parfois si forte des deux côtés de la Méditerranée que nous devons faire évoluer notre régime d’accueil des immigrés vers un contrôle accru pour une intégration réussie.

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Vos commentaires

  • Le 18 avril 2012 à 14:28, par N En réponse à : Les Jeunes populaires et l’Europe

    Ce sont justement les pays en crise qui ne refuseraient pas le « Fédéralisme » mais bien les pays qui croient encore au XXIe siècle être de grandes puissances et cela vaut pour au moins 4 pays en Europe. Les autres ont bien compris que le futur de notre continent depend de notre capacité de nous rassembler davantage et voilà la seule alternative...

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