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Second semestre 2006

Présidence de l’Union européenne : la Finlande aux commandes...

Découvrez ce grand pays du Nord...

, par Ronan Blaise

Depuis hier, 1er juillet, c’est la Finlande qui exerce la présidence tournante du Conseil européen (’’Chef d’Etat collectif’’ de l’Union européenne...). Et ce, pour la deuxième fois depuis son adhésion à l’UE, en 1995. Pour nous, c’est donc ici -au travers une rapide présentation ’’encyclopédique’’- l’occasion de vous présenter rapidement ce malheureusement méconnu mais très dynamique pays de l’Union européenne.

Auteurs

  • Ancien Rédacteur en chef du Taurillon, ancien membre du bureau national et des « Jeunes Européens Rouen », Membre du Comité dé rédaction de Fédéchoses

Nom & Origines :

« Suomi-Finland » (en français : la Finlande). Le nom officiel de l’Etat (République de Finlande) est ’’Suomen Tasavalta’’ (en finnois) ou ’’Republiken Finland’’ (en suédois).

Comme tous nos lecteurs attentifs l’auront remarqué, le nom officiel de ce pays est bilingue : « Finland » en suédois (i. e : ’’pays des Finnois’’) et « Suomi » en langue finnoise.

Un nom finnois dont l’étymologie, très contestée, est peut-être en rapport avec les activités côtières des habitants (le mot ’’suomu’’ signifiant effectivement ’’écailles de poisson’’).

NB : A noter qu’il ne faut donc pas confondre les termes ’’finlandais’’ (qui désigne l’Etat et la nationalité) et le terme ’’finnois’’ ou ’’suomalaiset’’ (qui désigne l’appartenance ethnique, linguistique et culturelle).

Drapeau & Armoiries :

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Le Drapeau finlandais

L’actuel drapeau national de la Finlande est un drapeau blanc frappé d’une croix ’’décalée’’ scandinave bleu d’outremer. Il devient drapeau de la Finlande en 1863 mais ne sera vraiment rendu officiel que par une loi du 29 mai 1918 (moins de six mois après l’accession de la Finlande à l’indépendance...).

Ses couleurs symbolisent, comme l’a écrit le poète finlandais Zacharias Topélius en 1870 : ’’le bleu de nos lacs (ou du ciel) et la neige blanche immaculée de nos hivers’’.

La présence d’une croix ’’décalée’’ sur son drapeau (i. e : croix spécifique dont le bras vertical est décalé vers la hampe...) souligne alors la revendication finlandaise à affirmer son appartenance à l’Europe et au monde scandinave et chrétien (face, alors, à l’URSS eurasiatique et officiellement athée).

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Les Armoiries de la Finlande.

Lorsqu’il s’agit là du pavillon d’Etat utilisé par le Chef de l’Etat et par les Institutions, ce drapeau porte, au milieu de sa croix bleu outremer, les armoiries de la Finlande :

Un lion rampant d’or, portant couronne ducale d’or, brandissant une épée sur fond de gueules, entouré de neuf roses d’argent (symbolisant les neuf provinces traditionnelles de la Finlande).

Un blason national et des armes héraldiques que la Finlande doit au roi Gustave Vasa de Suède (1523-1560), héritage de l’époque où la Finlande était alors une dépendance orientale du royaume de Suède.

Fête nationale :

Chaque 6 décembre - en cet ’’Itsenäisyyspäivä’’ (jour de l’indépendance) - les Finlandais célèbrent l’accession de leur pays à l’indépendance (en 1918).

Hymne national :

L’actuel hymne national finlandais est le texte intitulé ’’Notre pays’’ (i. e : ’’Maamme’’ en finnois ou ’’Vårt land’’ en suédois), hymne joué pour la première fois en mai 1848 et déclaré hymne national officiel en 1917.

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L’hymne finlandais, description bucolique de la patrie bien aimée.

Il s’agit là d’un texte (initialement en suédois) du grand poète finlandais (mais d’expression svecophone) Johan Ludvig Runeberg (1846), texte par la suite traduit en finnois par Paavo Cajander, depuis lors interprété sur une musique du compositeur finlandais Fredrik Pacius (1848).

C’est là un hymne bucolique exaltant l’amour du pays natal : « Oi maamme, Suomi, synnyinmaa ! Soi sana kultainen ! Ei laaksoa, ei kukkulaa, ei vettä rantaa rakkaampaa kuin kotimaa tää pohjoinen. Maa kallis isien. »

« Vårt land, vårt land, vårt fosterland, ljud högt, o dyra ord ! Ej lyfts en höjd mot himlens rand, ej sänks en dal, ej sköljs en strand, mer älskad än vår bygd i nord, än våra fäders jord ! »

(i. e : Finlande ! O Patrie ! Retentis bien haut, nom bien aimé ! Il n’est pas une cime dressée au bord du ciel, pas une vallée profonde, pas une rive baignée par la mer qui soit plus aimée que notre terre du Nord, le pays de nos pères...).

« Notre pays est pauvre et le sera toujours pour qui ne lui demandera que de l’or (...) mais pour nous, avec ses landes, ses rochers, ses récifs, c’est pour nous un pays d’or. »

Superficie :

Environ 338 000 km².

NB : Entre la Suède et la Finlande, à l’entrée du golfe de Botnie, se trouve l’archipel d’Ahvenanmaa (dénommé Aländ en suédois) de 1500 km² rattaché à la Finlande en 1921 (Convention de Londres).

Il s’agit là d’un archipel peuplé de 25 000 habitants ’’svécophones’’ (i.e : de langue suédoise) et qui, précisément pour cela, dispose d’un statut particulier d’autonomie interne respectant son caractère éminemment ’’svécophone’’.

Ainsi l’archipel, Etat semi-indépendant associé à la Finlande, dispose donc de son propre drapeau (combinaison des drapeaux suédois et finlandais : une croix scandinave rouge et jaune sur fond bleu) et a été élevé au rang de zone de libre-échange entre les deux pays.

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La Finlande, sur les rives de la Baltique.

Capitale :

La capitale de la Finlande est la ville de Helsinki : une ville qui compte, aujourd’hui, environ 1 million d’habitants.

Fondée en 1550 par le roi de Suède Gustav Vasa, la ville d’Helsinki est une ville aux styles architecturaux variés (néoclassique, Art nouveau, national-romantisme, fonctionalisme, architecture moderne, etc). Une ville proche de la nature et entourée par la mer avec ses nombreux parcs, ses canaux, ses 96 kilomètres de côtes et ses 315 îles et îlots.

Capitale du Grand-Duché de Finlande à partir de 1812 (en remplacement de la ville de Turku), capitale de la Finlande indépendante à partir de 1917, Helsinki fut le siège des Jeux Olympiques d’Eté de 1952, de la fameuse conférence internationale de 1973-1975 et -en 2000, pour son 450’ anniversaire, la ville reçu le titre de ’’capitale culturelle’’ de l’Europe.

A noter qu’Helsinki doit son surnom de « ville blanche du nord » aux magnifiques récents batiments publics de son centre ville : le palais du Parlement (1931), le palais Finlandia (1971, lieu de concert et palais des congrès conçu par l’architecte Alvar Aalto) et l’Opéra national de Finlande (1993), trois grands chefs d’oeuvre architecturaux.

Principales grandes villes :

Plus des deux tiers de la population finlandaise vit dans les cinq comtés du tiers sud du pays, région côtière où on trouve les principales grandes villes : la capitale Helsinki (et ses banlieues Espoo et Vantaa) et les grandes villes de Tampere et Turku. Les autres grandes villes du pays sont Jyväskala, Lahti, Mikkeli et Oulu.

Population :

La Finlande compte aujourd’hui environ 5,2 millions d’habitants.

Il s’agit d’une population très homogène sur le plan ethno-linguistique avec 93% de Finlandais (i. e : ’’Suomalaiset’’) et seulement 7% de minorités ’’autres’’ dont les Suédois et les Lapons (ou ’’Sames’’), lesquels disposent de leurs propres partis politiques représentatifs.

Langues parlées :

La Finlande est officiellement un pays bilingue disposant de deux langues officielles : le Finnois et le Suédois. Sans parler des langues minoritaires, comme le Lapon ou ’’Same’’ (une langue ouralienne étroitement apparentée au finnois).

NB : Contrairemment aux pays voisins où l’on parle des langues scandinaves (Norvège, Suède, Danemark) ou slaves (Pologne, Russie), on parle en Finlande une langue finno-ougrienne (comme l’estonien, le carélien ou le hongrois). On parlera donc là d’un ’’îlot linguistique’’ finno-ougrien perdu entre les ’’masses’’ slaves et germano-scandinaves.

Religions principales :

La Religion aujourd’hui majoritaire en Finlande est le Christianisme protestant ou Protestantisme dans sa variété ’’luthérienne évangélique’’ (environ 85 à 90% de la population) avec des minorités ’’autres’’ (environ 10 à 15%) dont environ 1% d’Orthodoxes.

Formalités de séjour :

Pour séjourner en Finlande, les ressortissants des pays de l’UE doivent juste se munir de leurs pièces d’identité en cours de validité.

Régime politique :

La Finlande est une République démocratique et un Etat unitaire décentralisé. Aujourd’hui elle est organisée en tant que République à régime semi-présidentiel, selon les stipulation de la nouvelle Constitution adoptée en mars 2000.

Constitution selon laquelle le Chef de l’Etat (Président de la République), élu au suffrage universel direct par le Peuple pour six ans, dispose d’un rôle important dans le cadre d’un régime parlementaire. Quant au pouvoir législatif, il appartient au Parlement monocaméral (i. e : ’’Eduskunta’’) composé de 200 Députés élus au suffrage universel direct et à la proportionnelle pour quatre ans.

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Actuel chef de l’Etat (Président de la République) :

Actuellement, c’est Mme Tarja Kaarina Halonen (née en 1943), élue une première fois Présidente de la République en mars 2000 (première femme à avoir accédé au poste de Chef d’Etat de toute l’Histoire de la Finlande) et réélue à ce poste en 2006 (pour un mandat de six ans).

Candidate de la Gauche (social-démocrate), jouissant d’une très forte côte de popularité, lors de cette campagne présidentielle finlandaise 2006 tous les sondages la donnaient très largement gagnante dès le premier tour, le 15 janvier 2006. Néanmoins elle a dû finalement attendre le second tour, le 29 janvier 2006, pour finalement ne l’emporter que de justesse (51,8% des voix) contre son rival conservateur Sauli Niistö (48,2% des voix).

Actuel chef du gouvernement (Premier ministre) :

Depuis juillet 2003, il s’agit du ’’centriste’’ Matti Tanelli Vanhanen

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NB : En accordant un nouveau mandat présidentiel de six ans à leur présidente, les Finlandais ont donc fait le choix de la continuité, puisque le parti social-démocrate dont est issu Mme Tarja Halonen, règne sans partage sur la présidence de la République finlandaise depuis 1982.

Néanmoins, le bon score électoral enregistré par son rival (qui a tout de même recueilli 48,2% des suffrages) pourrait permettre au parti conservateur de gagner des sièges au Parlement, voire de remporter les prochaines élections législatives (prévues pour 2007).

Dans l’année à venir, on peut imaginer que l’actuel gouvernement s’attachera à ramener le chômage à un niveau plus proche de la moyenne de l’UE, mais n’atteindra pas l’objectif qu’il s’est fixé (i. e : créer 100 000 emplois d’ici à la fin de l’année), ce qui risque de provoquer de nouvelles turbulences politiques.

Monnaie :

Depuis 2002, il s’agit de l’Euro. Antérieurement, il s’agissait du Markka (ou Mark finlandais), entré dans le SME en octobre 1996.

Visualiser les pièces d’euro finlandaises.

Economie : « Bienvenue au Nokialand ! »

Commençons par dire que la situation géographique de la Finlande a une influence directe sur son économie. Ainsi, son climat rigoureux influe directement sur ses ressources naturelles (forêts, lacs, collines). Pour ces raisons, l’industrie du bois (sapin, pin et bouleau) constitue la base de la production finlandaise alors que les cultures et l’élevage restent finalement peu développés. Pareillement, indiquons que la pêche fournit traditionnellement d’énormes quantités de poissons, parmi lesquels morues, harengs et églefins, pêchés en Baltique.

Néanmoins, ce mode d’organisation économique traditionnel ne présentait pas que des avantages. Certes, l’industrie forestière finlandaise est aujourd’hui la deuxième exportatrice mondiale de papier et de carton. Mais elle est aujourd’hui en récession depuis cinq ans, avec un prix du papier ayant chuté de près de 25%. Ainsi, la récente grande grève de l’industrie papetière (qui a paralysée ce secteur clef de l’économie finlandaise au printemps 2005 durant près d’un mois et demi...) aura eu un effet dévastateur sur toute l’économie finlandaise : alors que les prévisions tablaient en début d’année sur une croissance de 3% pour 2005, celle-ci ne devait finalement être que de 1,7%...

De la même manière, durant les années 1990, l’économie finlandaise a subi une crise économique très rude qui avait alors plongé tout le pays dans la récession. Néanmoins, après une importante remise en question, la Finlande a donc décidé de s’éloigner de son mode de développement économique traditionnel pour s’orienter vers le développement des nouvelles technologies, activités à forte valeur ajoutée. Depuis lors, la Finlande est donc devenue l’un des trop rares pays de l’UE à consacrer à la recherche (et aux industries liées...) les 03,5% préconisés par la Commission européenne !

Et ce modèle de développement ’’high tech’’, implanté avec succès, a alors permis à la Finlande de renouer avec une prospérité économique sans équivalent jusque là : divisant son taux de chômage par deux en moins de dix ans et affichant aujourd’hui -prévisions pour 2006- une croissance économique d’environ 04% ! Alors, même si -comme on vient de le rappeler- l’économie finlandaise est encore tributaire de certaines de ses industries traditionnelles (comme celle de la papeterie), sa bonne santé générale devrait néanmoins lui permettre de tabler sur une convalescence rapide.

Ainsi, autrefois dépendante de ses exportations vers la Russie, la Finlande est ainsi, depuis peu, devenue en quelques années un acteur européen des plus dynamiques : l’un des seuls cinq pays de l’Union européenne à afficher aujourd’hui un excédent public et un pays dont l’économie est aujourd’hui l’une des plus compétitives au monde ! Tel est le visage souriant et dynamique que nous présente en effet - aujourd’hui - la Finlande, petit mais prospère ’’Nokialand’’. En effet, les industries de haute technologie représentent aujourd’hui un secteur clé de l’économie finlandaise. Elles se concentrent en grande partie dans le secteur de l’ingénierie et de la téléphonie mobile avec notamment le groupe Nokia, numéro un dans ce domaine avec plus de 30% du marché mondial.

Cependant, il est tout de même clair si jamais les équipements de télécommunications, aujourd’hui premier produit d’exportation finlandaise, devait connaitre une demande moins forte que prévu, la croissance économique de la Finlande pourrait à terme en pâtir. En attendant, à ce jour, la Finlande enregistre une balance commerciale nettement excédentaire (même si il est vrai qu’elle doit encore importer d’importantes quantités de pétrole, de produits chimiques, d’équipements de transport et de machinerie, ainsi que des produits alimentaires et textiles...).

Néanmoins, après avoir traversé -comme on vient de le rappeler- une profonde crise au début des années 1990, l’économie finlandaise se porte aujourd’hui beaucoup mieux. L’année dernière, la croissance économique finlandaise s’est chiffrée à 01,7% et devrait atteindre 03,6% en 2006. Côté emploi, les perspectives sont également très encourageantes. En effet le taux de chômage est récemment passé de 16,6% de la population active en 1994 à 08,4% en 2005. Et l’emploi (notamment dans le secteur des services) devrait continuer à progresser en 2006 et le chômage pourrait peut-être même prochainement passer sous la barre symbolique des 8% de la population active. Et c’est donc ainsi que la Finlande a commencé à résorber le chômage de masse qui freinait son développement il y a encore quelques années...

De ce fait, la Finlande affiche aujourd’hui un niveau de vie élevé et un taux de croissance à faire pâlir d’envie les pays les plus riches du monde (dont elle fait effectivement actuellement partie du ’’top 10’’). Ainsi, le revenu moyen des Finlandais est aujourd’hui supérieur de près de 10% à celui des français et la Finlande peut s’enorgueillir d’être aujourd’hui extrêmement bien classée dans tous les indicateurs de développement onusiens : 5’ du classement mondial pour l’IDH, 2’ pour la faible mortalité infantile, son très fort taux de scolarisation et son très haut niveau global d’éducation (souligné récemment encore par les indicateurs internationaux de l’étude PISA de l’OCDE, en 2001).

De là à parler d’un modèle social finlandais, il n’y a qu’un pas...

Un peu d’Histoire :

Au cours des premiers siècles de notre ère des populations finnoises (les ’’Suomalaiset’’) venues de la rive sud-est de la Baltique (et mentionnées par Tacite dans sa ’’Germanie’’ sous le nom de ’’Fenni’’) colonisent -par l’isthme de Carélie- le sud-est, le sud et le centre de la Finlande, refoulant ainsi les populations ’’sames’’ (i. e : les Lapons) vers le nord à partir du 1er siècle de notre ère.

Ce qui semble certain, c’est que les Lapons ont autrefois occupés toute l’actuelle Finlande et ce n’est que peu à peu que les ’’Finnois-Suomalaiset’’ les ont repoussé au-delà du cercle polaire, ce qui aura bien évidemment demandé plusieurs siècles. Et on peut très bien imaginer que certains passages du Kalévala, l’épopée nationale finlandaise, se font précisément l’écho de ces luttes ancestrales finno-lapones.

Aux XIIe et XIIIe siècle, la Couronne de Suède mène de nombreuses ’’Croisades’’ en Finlande pour y annexer de nouveaux territoires et pour ’’christianiser’’ les païens finnois. Là, les suédois fondent des villes (Abo-Turku, Tavastehus-Hämeenlinna et Vyborg-Viipuri) et y implantent le christianisme romain. Ainsi, en 1284, la Finlande, formellement rattachée à la Suède à partir de 1323, devient un Duché suédois doté de l’autonomie interne.

Au XVIe siècle, la Finlande connaît la Réforme protestante (introduite dans le pays - en 1523 - par le roi de Suède Gustave 1er Vasa) et un début de naissance littéraire avec le efforts de l’Evêque luthérien de Turku, Mikaël Agricola (qui traduit le Nouveau testament en langue finnoise ’’vulgaire’’). C’est aussi de cette époque que la Finlande doit la fondation de la ville d’Helsinki (en 1550), ses armoiries officielles et son élévation au statut de ’’Grand-Duché’’ (en 1581).

Théâtre des luttes acharnées entre la Suède et la Russie, la Finlande sera tout d’abord assujettie à la Suède jusqu’à la guerre russo-suédoise de 1808-1809. A la suite de quoi, la Finlande fut annexée à la Russie par le Tsar Alexandre 1er (par le Traité de Friedrichsham, en 1809).

Là, le Grand-Duché de Finlande (dont la capitale est alors transférée de Turku à Helsinki), bénéficie d’une autonomie élargie, en ’’union personnelle’’ avec la Russie. Cette autonomie interne (avec le finnois comme langue officielle à partir de 1863, avec son propre drapeau, avec le droit de battre monnaie à partir de 1865 et d’avoir sa propre armée...) va permettre à la Finlande de connaître une prospérité sans égale jusque là. C’est à cette époque que se produit aussi l’émergence d’un puissant sentiment national finlandais, lequel ira en s’affermissant à partir des années 1830 (et, notamment, avec la publication du « Kalévala » : l’épopée nationale finlandaise : en 1835).

La Finlande n’allait acquérir son indépendance qu’en 1917 (le 6 décembre) après l’effondrement de la monarchie tsariste. Après deux ans de guerre civile entre ’’blancs’’ conservateurs nationalistes et ’’rouges’’ pro-bolcheviks (1918-1920), son indépendance sera reconnue par l’URSS en 1920. Une indépendance qui sera consolidée par l’action énergique et déterminée du Maréchal Gustav E. Mannerheim, homme fort de la Finlande dans l’entre-deux guerres.

Agressée par l’URSS en 1939 (’’guerre d’hiver’’ ou ’’talvisota’’ de novembre 1939-mars 1940), la Finlande sera entraînée dans la seconde guerre mondiale (’’guerre de continuation’’ ou ’’jatkosota’’ de juin 1941-septembre 1944) par son alliance malheureuse avec l’Allemagne nazie. A la suite de ces deux guerres lui ayant coûté plus de 110 000 morts et plus de 320 000 blessés) la Finlande y perdra de nombreux territoires (i. e : le district de Petsamo et la Carélie du sud) et devra payer de lourdes réparations de guerre à l’URSS (par le Traité de paix de Paris, en 1947).

Après la guerre, la Finlande sera admise à l’ONU en 1955. Néanmoins placée dans l’orbite de l’URSS, la Finlande préférera -sous l’autorité du président Urho Kekkonen- se placer dans une neutralité passive (d’où le terme excessif de ’’finlandisation’’ ; terme controversé contre lequel la Finlande s’était insurgée...) en signant - en 1948 - un traité d’amitié, de coopération et d’assistance mutuelle avec l’URSS. Ce qui n’empêchera néanmoins pas Helsinki d’accueillir la fameuse conférence internationale du même nom, en 1973-1975 ; conférence fondatrice de la CSCE, couronnée par le fameux « Acte final d’Helsinki », du 10 août 1975, document fondateur et temps fort de la sécurité collective sur le continent européen...

Après s’être efforcée de maintenir un équilibre précaire avec l’URSS et l’Occident durant la guerre froide, aujourd’hui la Finlande a décidé de privilégier ses relations avec l’Europe occidentale. Ainsi, outre son adhésion à l’UE, la Finlande -alarmée par l’instabilité de la Russie poutinienne avec laquelle elle partage toujours une très longue frontière- a décidé de fortement reconsidèrer sa traditionnelle position de ’’neutralité armée’’. Ce qui lui vaut d’avoir récemment acquis un statut d’observateur à l’UEO.

Une position engagée et très nettement pro-européenne que l’on retrouve très clairement dans les propos encore récemment tenus à de très nombreuses reprises par l’actuel ministre des affaires étrangères finlandaises, M. Erkki Tuomioja.

La Finlande et l’UE :

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Le logo de la présidence finlandaise de l’UE.

Après avoir signé un accord de libre échange avec la CEE dès 1973, la Finlande demandera son adhésion à l’UE le 18 mars 1992 (avec un avis favorable rendu à ce sujet par les autorités de l’UE dès le 4 novembre de la même année).

Une adhésion à l’UE qui sera confirmée lors du référendum du 16 octobre 1994 (56,9% de « Oui » à l’adhésion) et qui sera effective à l’UE à partir du 1er janvier 1995, il y a déjà onze ans.

Et à partir de ce 1er juillet, durant ce semestre 2006, la République de Finlande exercera donc (comme ce fut déjà le cas, durant le second semestre 1999...), la présidence du Conseil de l’Union.

A ce propos, on consultera le programme de la présidence finlandaise, officiellement divulgué à Bruxelles ces tous derniers jours, en cliquant sur le lien électronique ci-dessus.

Finlandais célèbres :

Comme finlandais célèbres, on pourrait citer l’Evêque luthérien de Turku Mikaël Agricola (érudit et traducteur en 1548 du Nouveau Testament en langue vulgaire et, de ce fait, ’’créateur’’ -au XVIe siècle- de la langue littéraire finnoise) ainsi que les fameux poètes et grands écrivains finlandais du XIXe siècle Aleksis Kivi, Zacharias Topelius, Johan Ludvig Rüneberg et Elias Lönnrot : célèbre ’’auteur-compilateur’’ du fameux ’’Kalévala’’(grand poème épique et compilation de récits mythologiques de l’ancienne tradition païenne finnoise).

Pareillement, on pourrait citer le compositeur Jean Sibélius ou le grand peintre post-romantique Akseli Gallen-Kallela, célèbre pour ses représentations des mythes nationaux répertoriés dans le Kalévala. De même, on pourrait aussi citer les fameux architectes finlandais de l’école d’architecture moderne que sont Eero Saarinen (décédé en 1961) et Alvar Aalto (décédé en 1976) ou le grand cinéaste contemporain et réalisateur Aki Kaurismäki (Grand Prix du festival de Cannes 2002 avec « L’Homme sans passé »).

De même, on pourrait citer les très nombreux sportifs de haut niveau issus de cette nation : Matti Nykänen et Toni Nieminen (pour le saut à ski), Paavo Nurmi (pour le ski de fond), Keke Rosberg et Mika Häkkinen (pour la Formule 1) ou encore Ari Vatanen (pour les sports automobiles) voire Jari Litmanen (ce fameux footballeur finlandais qui aura joué au FC Barcelone, à l’Ajax d’Amsterdam et au Liverpool FC).

Enfin, on pourrait citer quelques grands hommes politiques de l’Histoire finlandaise récente : comme le Maréchal Gustav E. Mannerheim (homme fort de la Finlande, dans l’entre-deux guerres) ou le Président Urho Kaleva Kekkonen, grand homme politique finlandais de la seconde moitié du XXe siècle (PM à de nombreuses reprises dans les années 1950 puis Président de la République de 1956 à 1981).

Ou encore un certain Olli Rehn, actuel Commissaire européen en charge du dossier complexe des élargissements à venir (Bulgarie, Roumanie, Turquie, Croatie, Balkans occidentaux, etc). Voire Martti Olavi Kalevi Ahtisaari, ancien président (social-démocrate) de la République de Finlande (en 1994-2000) et infatigable négociateur onusien en Namibie, au Kosovo, en Irlande du nord, en Erythrée et en Atceh-Sumatra (et pressenti pour recevoir le prochain Prix Nobel de la Paix).

Pour en savoir plus :

- Le site de l’Ambassade de Finlande en France.

- Le site (en anglais) du ministère des affaires étrangères de la république de Finlande.

- La revue de presse quotidienne de la presse finlandaise (en français) sur le site de l’Ambassade de France en Finlande.

- Le site de l’Office de tourisme finlandais.

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P.-S.

- Illustrations :

- Le visuel d’ouverture de cet article est une photographie prise lors d’un concert du groupe de hard rock finlandais « Lordi » (Lauréat du concours Eurovision 2006) : concert qui s’est déroulé à Kauppatori (Finlande), le 26 mai 2006. (cc) Visa Kopu

- Par ailleurs, juste signaler que tous les documents utilisés pour illustrer cet article (à l’exception du logo de la présidence finlandaise) sont tirés de l’encyclopédie en ligne wikipédia.

Vos commentaires

  • Le 7 novembre 2006 à 14:33, par Valéry En réponse à : Présidence de l’Union européenne : la Finlande aux commandes...

    Il faut rectifier une inexactitude dans le titre : il s’agit là de la présidence du Conseil de l’Union européenne qui est l’une de des institutions de l’Union aux côtés de la Commission ou du Parlement européen et non pas de la présidence de l’Union européenne : une telle fonction n’existe absolument pas.

  • Le 7 novembre 2006 à 22:50, par Ronan Blaise En réponse à : Présidence de l’Union européenne : la Finlande aux commandes...

    Il n’empêche - même si c’est sans doute effectivement abusif au strict plan juridique - que le Conseil de l’Union est pourtant, aujourd’hui, bel et bien universellement ’’considéré’’ comme étant en quelque sorte le ’’Chef d’Etat collectif’’ de l’Union européenne. (Et ce, effectivement au détriment de la Commission : finalement réduite à n’en n’être que le bras exécutif...).

    Ce qui fait donc que la présidence tournante (et semestrielle) du Conseil de l’Union est alors - en toute logique - effectivement ’’considérée’’ comme étant, au sens strict du terme, la ’’présidence (tournante) de l’Union’’. Et c’est d’ailleurs également en ces stricts mêmes termes qu’en parle aujourd’hui même les principaux intéressés.

    Sans même parler de leur rôle de ’’représentation’’ dans les grandes instances internationales et autres forums internationaux : lorsqu’ils y parlent ou sont invités à s’y exprimer - ’’ès qualités’’ - au nom de l’Europe (de même, également, que certains membres de la Commission, en d’autres occasions...).

    Cela dit, il serait sans doute effectivement plus que nécessaire de simplifier, de ’’réformer en profondeur’’ et de ’’rationnaliser’’ ces institutions européennes ; nécessaire de remettre de l’ordre (institutionnel) dans ce désordre et dans cette évidente confusion (sémantique).

    Et nécessaire d’instituer alors une véritable présidence stable de l’Union européenne dôtée d’une existence propre, ’’indépendante’’ des institutions par ailleurs existantes (ou, comme ici, des Etats-membres...). Or un tel projet existait bel et bien. Où ça ?! Et bien dans le TCE, justement (par exemple...).

  • Le 8 novembre 2006 à 22:54, par Valéry En réponse à : Présidence de l’Union européenne : la Finlande aux commandes...

    Ce n’est pas « abusif » c’est tout simplement faux. On laisse entendre aux citoyens que l’Europe est gouvernée alors qu’elle ne l’est pas, qu’il existe un président qu’ils n’ont pas élus, qu’il existe un mode de fonctionnement cohérent alors que ce n’ets pas le cas.

    C’est typiquement le type de raccourci journalistique qui crée de la confusion et de l’incompréhension. Aujourd’hui l’Europe n’est pa gouvernée, elle ne bénéficie d’aucune sorte de gestion cohérente ou rationnelle, car elle n’a pas de constitution et ne fonctionne pas sur un mode démocratique mais intergouvernemental.

    Il est inacceptable que l’une des institutions viennent s’auto-proclamer supérieure aux autres alors qu’aucune Constitution ni traité ne vient instaurer une telle présidence. C’est un coup d’État sémantique permanent qu’il convient de combattre. Les chefs d’État et de gouvernement n’ont aucune légitimité pour gouverner l’Europe - car ils sont élus nationalement sur des programmes nationaux et sur des enjeux nationaux.

    Ce type de confusion, cette absence de légitimité, ce désordre politique et institutionnel ont contribué significativement à faire chuter la confiance dans l’Union et l’espoir dans l’idée européenne. Elle a ouvert la voix aux démagogues et aux extrémistes qui ont mené une campagne de mensonge contre le traité constitutionnel.

    Il est plus que temps de faire le ménage... Commençons donc nous mêmes à ne pas contribuer à la confusion :-)

  • Le 8 novembre 2006 à 23:43, par Ronan Blaise En réponse à : Présidence de l’Union européenne : la Finlande aux commandes...

    Ne nous méprenons pas :

    On peut fort bien constater qu’il existe effectivement - ’’de facto’’ -un ’’usage’’ et une ’’réalité politique’’ (véritable, courante, tangible et reconnue en tant que telle par les intéressés eux-mêmes, etc...). Et largement plus qu’un seul ’’coup d’état sémantique permanent’’ et ’’simple raccourci journalistique’’, tout de même...

    Mais tout autant déplorer cet état de fait.

    Précisément parce qu’effectivement source de confusion, absence de légitimité, source d’inefficacité, source de déficit démocratique, absence de transparence et de clarté politique, source de défiance de l’opinion, etc... Point de vue que je partage également.

    Le constat de la situation actuelle telle qu’elle est, effectivement, n’interdit pas pour autant le souhait de réformes (bien au contraire...).

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