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Réforme de l’ONU : où est l’UE ?

Coup d’ ?il sur la difficile réforme des Nations Unies

, par Traduit par Emmanuel Vallens, Ferran J. Lloveras

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La structure de l’ONU est un résumé de l’immédiat après Seconde Guerre Mondiale. Elle a peu à voir avec les réalités du monde actuel. Le besoin de changement est évident depuis quelques temps, et il se révèle encore plus aujourd’hui avec le Conseil de Sécurité qui perd son rôle d’arbitre principal de la scène internationale. Comment le processus de réforme progresse-t-il - s’il progresse - et quel rôle l’UE joue-t-elle - si elle en joue un ?

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Malgré les résultats décevants du sommet mondial de 2005, la réforme de l’ONU continue. Le Groupe de développement des Nations Unies poursuit ses efforts pour améliorer l’action de l’ONU dans les divers pays. Parallèlement, l’Assemblée Générale de l’ONU a approuvé il y a quelques mois une résolution sur la création d’un nouveau Conseil des droits de l’Homme, qui doit remplacer la Commission des droits de l’Homme, discréditée. C’était là l’une des 52 conditions posées par le Congrès des Etats-Unis pour autoriser le payement de ses arriérés à l’organisation. Le Conseil est encore loin d’être l’idéal, c’est-à-dire une Cour des Droits de l’Homme dotée de pouvoirs identiques à ceux de la Cour Européenne des Droits de l’Homme crée au sein du Conseil de l’Europe, qui travaillerait étroitement avec la Cour Pénale Internationale. Mais ce n’est évidemment pas ce que le gouvernement américain attend de lui. Il s’agit néanmoins là d’un pas positif dans la bonne direction.

L’UE et ses Etats membres, quant à eux, portent leurs positions communes dans de nombreuses instances. Leur rôle a été très important dans l’adoption par l’UNESCO de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, dans les débats ayant conduits à la création de la nouvelle Commission des droits de l’Homme, et par conséquent dans les débats sur la réforme de l’ONU au sein d’ECOSOC, ainsi qu’à de nombreuses autres occasions.

Néanmoins, et c’est très regrettable, l’UE a été incapable de parler d’une seule voix sur la question la plus controversée de la réforme de l’ONU : le Conseil de Sécurité. Alors qu’à d’autres occasions, une définition commune des intérêts européens dans une perspective humaniste s’est révélée possible et a été saluée, toute discussion sérieuse sur la réforme du Conseil de Sécurité s’est heurtée à la défense très dure d’intérêts nationaux de courte vue. Deux Etats membres de l’UE disposent d’un siège permanent au Conseil de sécurité, et tiennent les touts premiers rangs parmi les grands producteurs d’armes mondiaux, avec les autres membres permanents. L’Allemagne, sous le regard attentif de l’Italie et de l’Espagne, demande à avoir un siège permanent, mais le seul changement que les Etats-Unis soutiendraient est la demande d’un nouveau siège pour le Japon, deuxième plus grand contributeur et principal allié des Américains dans la région Asie-Pacifique. La Chine s’y oppose avec vigueur. Et la situation est encore compliquée par les aspirations de plusieurs puissances régionales, comme l’Inde, l’Afrique du Sud et le Brésil, ainsi que par les divisions qui traversent leurs groupes régionaux respectifs.

Même en gardant à l’esprit les intérêts en jeu, on ne peut qu’être déçu de voir que l’UE est incapable d’aboutir à une position commune et de devenir ainsi une référence pour les autres régions du monde. Ce n’est pas qu’une question d’intérêts, mais également une question de volonté politique. Combien faudra-t-il de temps pour que celle-ci se fasse jour ?

(article traduit par Emmanuel Vallens, membre du Bureau national des Jeunes Européens - France)

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Vos commentaires

  • Le 14 septembre 2006 à 18:01, par yousui En réponse à : Réforme de l’ONU : où est l’UE ?

    j’apprécie la neutralité de notre discours quand bien même lorsqu’il s’agit de politique. c’était vraiement agréable. ceci parce que depuis quelques semaines, nous lisons des articles - surtout en français - voués uniquement à critiquer le président Bush. Ce que nous cherchons, ce sont des informations.

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