15 ans d’actualité européenne et de fédéralisme

Notre média souffle en 2020 ses 15 bougies

, par La Rédaction du Taurillon, Hervé Moritz, Jérôme Flury, Laura Mercier, Louise Guillot, Ronan Blaise, Théo Boucart

15 ans d'actualité européenne et de fédéralisme

15 ans. 15 années d’articles et de sujets sur l’Europe et 15 années durant lesquelles se sont succédé·e·s des passionné·e·s et bénévoles convaincus qui ont fait de ce média ce qu’il est aujourd’hui. Replongeons nous dans l’armoire à souvenirs, en compagnie de quelques personnes qui gardent le Taurillon quelque part dans leur mémoire et sans doute aussi dans leur cœur.

L‘Histoire retiendra que le „Taurillon“ est né, un bel après-midi de printemps „post référendaire“ 2005, lors d‘une réunion de BN élargie, dans les jardins ensoleillés de Science-Po Paris…

Dans le cadre des 15 ans du Taurillon, nous nous sommes tournés vers les anciens responsables de notre média. Ronan Blaise, le premier rédacteur en chef du Taurillon a accepté d’ouvrir la malle aux souvenirs et est revenu sur le moment de la fondation du webmédia qui affiche aujourd’hui plus de 20 millions de lectures au compteur :

“Le Taurillon - webzine des Jeunes européens France, j‘en ai assuré le rôle de Rédacteur en chef durant les quatorze premiers mois d‘existence, entre août 2005 et novembre 2006. Ce webzine est un enfant tardif de la campagne référendaire de 2005, prolongement du site Ensemble pour l‘Europe où les JE-France étaient alors en partenariat avec des associations également pro-européennes. A ce moment, nous avions déjà réunis un embryon de rédaction rassemblant ceux et celles d‘entre nos adhérents ayant déclaré des compétences informatiques ou manifesté la disponibilité nécessaire pour animer un tel site. Suite à la défaite subie lors du référendum de mai 2005, mais désirant capitaliser sur le succès du site Ensemble pour l‘Europe, le Bureau national de l‘association a alors manifesté l‘intention de tenter l‘expérience d‘un site internet qui nous serait propre.

Rassemblés sous l‘autorité de Jessica Chamba (alors présidente de l‘association) et grâce aux compétences professionnelles de développeur web de Valéry-Xavier Lentz, nous nous sommes lancés dans l‘aventure. Étant à ce moment-là simple adhérent ayant néanmoins beaucoup travaillé aux côtés du Bureau National durant la campagne référendaire (notamment dans le cadre de l‘animation du site Oui à l‘Europe) j‘ai alors contribué au lancement du site. Si bien que, tout particulièrement intéressé par le développement du projet et disposant alors de temps pendant les vacances d‘été 2005, j‘ai commencé à participer aux premiers pas du webzine et – bientôt – à assurer la coordination de l‘équipe de rédaction alors en voie de constitution.

Ainsi, lors du CA accompagnant l‘université d‘été 2005 de l‘association (à Bordeaux), nous avons pu proposer à l‘association une première maquette de ce qui allait devenir le Taurillon. Projet expérimental dont il serait décidé que le principe serait validé (ou pas) à l‘occasion du renouvellement annuel du BN, en novembre suivant. C‘est à ce moment que j‘ai officiellement postulé au poste de Rédacteur en chef du webzine : confirmé à ce poste et comme membre à part entière du Bureau National de l‘équipe conduite par Pauline Gessant.

A la tête de ce comité de rédaction improvisé, j‘ai pu compter sur le soutien de notre présidente (Pauline Gessant) ainsi que sur l‘aide précieuse de Valéry-Xavier Lentz (pour la maintenance informatique du site), Jean-Baptiste Matthieu, Florent Banfi et David Soldini (pour la direction éditoriale du site), Emmanuel Vallens (du pool traduction bientôt mis en place), Arielle Rouby (représentante des „JE-France“ au sein du bureau de la JEF-Europe) et Fabien Cazenave (qui, au sein du BN, assurait alors la liaison entre celui-ci et les différentes associations locales des JE-France), entre autres membres de l‘équipe.

Conçu pour assurer la promotion de l‘idéal fédéraliste européen porté par l‘association, le Taurillon devint alors la vitrine web des JE-France et de ses diverses antennes locales : voire - bientôt - de nos associations sœurs du reste de l‘Europe ou en partenariat avec des associations jeunes françaises partageant notre engagement (Euros du Village, FAGE, Parlement européen de la Jeunesse, etc). Bientôt, grâce à l‘engagement de l‘ensemble de nos partenaires (notamment de la JEF-Europe), nous avons pu assurer un rythme de publication non pas seulement hebdomadaire mais quotidien, et – assurant bientôt la diffusion en ligne des contenus du New Federalist - en plusieurs langues (d‘abord en anglais dans un premier temps, par la suite en italien et en allemand).

Durant toute cette première année, nous avons appris en marchant – attachés à diffuser des contenus de qualité reflétant notre engagement militant, sur un site que nous avons tous tout particulièrement bichonné afin de proposer à nos lecteurs une lecture agréable et un contenu dynamique. Pour ma part, je garde de cette expérience un souvenir riche. Riche de tous ces matins où l‘un des tous premiers gestes "importants" de la journée était de mettre en ligne l‘article prévu à cette date ; riche de ces heures de planning prévisionnel, de contacts téléphoniques, de réunions de comité de rédaction, d‘organisation de réunions de partenariats et de travail de mise en page ; riche de ces longues soirées jusqu’au bout de la nuit à discuter, au téléphone, avec les autres membres du Comité de rédaction ou avec les auteurs des articles m’ayant envoyé leurs productions.”

En 2015, les 10 ans de notre média dans un contexte de "crise intense" pour l’UE

Ces souvenirs sont devenus ceux des rédacteurs et rédactrices en chef qui ont succédé à Ronan… Fabien Cazenave notamment, aujourd’hui encore auteur le plus prolifique sur le site avec plus de 300 articles, ou Marc-Antoine Coursaget. Hervé Moritz est pour sa part arrivé en 2014 et a vécu deux années intenses au Taurillon avant de prendre par la suite la présidence des Jeunes Européens. Il se rappelle lui aussi non sans émotion ce passage, vécu “de la crise démocratique à la fin de l’insouciance” :

“C’est au lendemain des élections européennes de 2014, que je débarque à la rédaction en chef du Taurillon, rejoint par Geoffrey Lopes notamment pour le développement des éditions papiers locales partout en France. À cette période, le nouveau Parlement et la Commission Juncker se mettent tout juste au travail. Et c’est finalement, au rythme de ces crises, que la rédaction a œuvré.

L’un de ces moments de crise intense fut sans aucun doute le mois de juillet 2015. Alors même que le comité de rédaction envisage une belle série d’articles sur les festivals d’été en Europe, ses vacances sont repoussées aux calendes grecques. Sur fond de crise migratoire qui abonde les colonnes du Taurillon, le gouvernement d’Alexis Tsipras a choisi le bras de fer avec les ministres des finances de l’Eurogroupe. Le plan de sauvetage de la dette grecque est arrivé à échéance et le gouvernement du parti de gauche Syriza compte bien renégocier les mesures austéritaires imposées par la Troika. Tsipras provoque un référendum en Grèce et le débat s’ouvre en ligne sur la légitimité de la Troika et de l’Eurogroupe, sur l’impuissance du Parlement européen inaudible dans cette crise, et plus largement, sur la légitimité des institutions européennes face aux démocraties nationales. Des thèmes qui ravivent de débats profonds chez les fédéralistes européens qui n’ont pas hésité à prendre la plume. La zone euro est au bord de l’éclatement, et c’est au bout d’âpres négociations et de manœuvres politiques qu’un accord est trouvé.

"Au lendemain de tels événements, personne ne veut écrire."

Autres temps forts de ces années de service, les attentats qui ont ébranlé la France et l’Europe en 2015. D’abord, les attentats à Charlie Hebdo et de l’Hyper Casher de janvier, puis ceux du 13 novembre à Paris, ont profondément ému l’équipe de rédaction. Au lendemain de tels événements, personne ne veut écrire. Personne ne parvient à mettre des mots sur l’horreur, et le traumatisme d’une rédaction et de sa communauté de rédacteurs dispersées dans toute l’Europe est palpable. Cependant, un malaise se fait persistant à la vue de la Une du Taurillon presque indécente d’anachronisme tellement ces événements ont balayé le reste de l’actualité. Alors, il faut écrire, trouver les mots justes, essayer de penser l’inimaginable. Et c’est au rédacteur en chef de prendre la plume pour raconter la fin de l’insouciance chez les Européens. Ces premières lignes laissent bientôt la place à des témoignages de solidarité venus de toute l’Europe, dont certains articles touchants qui réunissent des auteurs de diverses nationalités.

Enfin, ces deux années à la rédaction du Taurillon ont aussi été marquées par des moments festifs, l’un fut le lancement de l’édition hispanophone, l’autre, les 10 ans du Taurillon et les projets qui les accompagnent dont la première édition des journées de la presse européenne qui se sont déroulées à Strasbourg, réunissant étudiants et journalistes européens pour débattre de l’émergence d’un espace public et médiatique commun. Espace que le Taurillon contribue chaque jour à élargir peu à peu.”

Le flambeau, Hervé l’a transmis à un duo, Laura Mercier et Louise Guillot, qui ont accompli elles aussi un travail colossal sur le site avant de poursuivre leur carrière dans le domaine du journalisme européen. Laura n’oublie évidemment pas son passage au journal. “En 2016, lorsque j’écrivais mes premiers articles pour le Taurillon, je n’avais aucune idée de l’aventure dans laquelle je me lançais, une aventure journalistique et européenne que je poursuis encore aujourd’hui. C’est sans aucun doute une aventure exigeante mais enrichissante et je suis ravie que de nouveaux rédacteurs et nouvelles rédactrices s’élancent à leur tour dans cette aventure. Un grand merci et un grand bravo à toutes celles et ceux qui s’engagent quotidiennement derrière les couleurs du Taurillon.

Aujourd’hui, le Taurillon a bien grandi depuis ses premiers mots écrits en 2005. Animé par des rédacteurs aux quatre coins du continent, publié en plusieurs langues, paru en éditions papiers, écouté sur les ondes de plusieurs radios… le Taurillon est un média profondément engagé : non seulement en faveur du projet européen, mais aussi en faveur d’un journalisme européen dont l’Union européenne a besoin. Pour les 15 prochaines années, je souhaite au Taurillon de continuer à raconter l’Europe. C’est une histoire qui dure depuis 70 ans, et qui ne doit pas s’arrêter.”

Culture, économie, droit, politique, relations internationales, toutes les thématiques sont abordées sur notre site et au sein de nos éditions papier. Mais le Taurillon n’a cessé de grandir et d’évoluer au long de son existence, se diversifiant pour donner naissance au "Taurillon radio" sous le mandat d’Aude Evrard-Debatte puis aux divers projets de podcasts. Sans oublier les événements. Louise Guillot, co-rédactrice en chef entre 2017 et 2019 s’en rappelle également. “L’année 2018-2019 a été marquée par la préparation puis la couverture des élections européennes, et en fit une année intense et riche de nouvelles expérimentations pour le Taurillon. Je me souviens des appels quotidiens avec Laura pour préparer la deuxième édition des Journées de la presse européenne, les heures passées à imaginer le programme des conférences et des ateliers, et les dizaines de mails pour convaincre les intervenants journalistes et experts que c’était un évènement à ne pas manquer. Ces Journées de la presse européennes ont été une belle réussite et nous ont "boostées" Laura, moi et les autres contributeurs du Taurillon pour aller davantage sur le terrain et couvrir les élections européennes.

Le Taurillon n’est pas un média comme les autres dans le sens où il met les citoyens au cœur du sujet et au centre de l’écriture. Grâce à ces quelques années passées dans les colonnes du Taurillon, j’ai appris les bases du journalisme, ce qui m’a donné confiance en ma capacité et ma volonté d’en faire mon métier. Et aujourd’hui, grâce au soutien du Fond Lénaïc j’ai pu débuter ma carrière de journaliste européenne à Bruxelles. Une nouvelle aventure qui a commencé sur les chapeaux de roues avec la prise de fonction d’une nouvelle Commission européenne et les 20 ans du Taurillon !"

Ces quelques témoignages et souvenirs sont le plus beau des messages laissé par nos anciens responsables éditoriaux. Car si le Taurillon a maintes fois changé au cours de son parcours, il est aussi resté le même : un média participatif, aux idéaux fédéralistes et à la volonté tenace de parler d’Europe coûte que coûte. Ce projet est celui des plus de 3 000 rédactrices et rédacteurs qui ont posé leur mots, ne serait-ce qu’une fois, dans nos colonnes. "Depuis 15 ans déjà, le Taurillon permet à de jeunes citoyens de prendre la plume pour raconter l’Europe", explique Laura Mercier, "cette parole donnée aux citoyens est toute aussi importante que l’information proposée aux lecteurs, car le projet européen a besoin d’être mis en débat, continuellement."

15 ans certes, mais toujours présent et déterminé.

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