Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

, par Ferghane Azihari

Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

La France vit dans la fiction selon laquelle elle serait une société culturellement uniformisée...et il est vrai que l’État jacobin français, de par son universalisme totalitaire, a toujours entrepris de dénigrer ses diversités locales quand il ne les a pas combattues. La raison qui légitime cette uniformisation est la considération selon laquelle la cohésion sociale aurait été impossible dans l’hypothèse d’une mosaïque identitaire. Il conviendra ici de montrer qu’il faut abandonner cette approche tant fictive que dangereuse.

Le mono-culturalisme jacobin, une fiction devant disparaître.

Seule une société mono-culturelle est viable. Tel est le postulat du jacobinisme. On ne le dirait pas comme ça, mais ces propos impliquent des corollaires absurdes. Est-ce à dire que le mono-culturalisme serait un concept biologique régi par des lois immanentes ? Est-ce à dire que l’Homme aurait un gène mono-culturaliste qui ferait de l’intolérance un attribut permanent consubstantiel à sa nature ?

Tout ceci n’a aucun sens car l’histoire montre que ces considérations font défaut dans certaines circonstances sociales. Le mono-culturalisme est un donc un fait culturel dotée d’une historicité particulière, propre à certaines circonstances spatiales et temporelles. Or lorsqu’on observe aujourd’hui la France de plus près, on observe en réalité que plusieurs particularismes cohabitent actuellement ensemble et que ceux-ci ne correspondent en rien aux frontières contemporaines, elles-mêmes tracées par l’histoire de manière hasardeuse.

Voici quelques particularismes notables :

  • La culture celte en Bretagne déborde largement sur l’Irlande et le Royaume-Uni.
  • La culture basque dans les Pyrénées déborde largement sur l’Espagne
  • La culture savoyarde déborde sur la Suisse et l’Italie
  • Les cultures occitanes et catalanes dépassent les frontières en étant fortement présente en France, en Italie et en Espagne.
  • Le passé colonial français amène la République à faire coexister plusieurs civilisations, que ce soit des peuples amérindiens en Guyane, des cultures créoles et swahilies dans les Antilles et dans l’Océan indien (La Réunion et Mayotte) ainsi que de multiples cultures polynésiennes dans le Pacifique.

Dans ces conditions, nier cette diversité en nous enfermant dans cette fiction mono-culturelle est dangereux.

Officialiser et institutionnaliser notre diversité pour préserver notre unité républicaine.

La fiction jacobine selon laquelle seule une société mono-culturelle est viable est indésirable et cela pour trois raisons majeures dont une intéressant la cause européenne. La première tient à ce que ce postulat façonne l’intransigeance des Français vis-à-vis des signes culturels distinctifs. Car si l’on considère que le multiculturalisme est une menace pour la cohésion sociale, alors on légitime et rationalise la xénophobie. Déconstruire la fiction jacobine en officialisant le multiculturalisme permettrait alors aux Français de se rendre compte que l’unité dans la diversité est possible puisque c’est déjà le cas. Ils deviendraient ainsi plus tolérants vis-à-vis des flux migratoires et seraient plus ouverts sur le monde.

La deuxième raison qui mérite l’éradication de la fiction mono-culturelle tient à ce que celle-ci légitime les mouvements indépendantistes locaux et les dérives communautaires anti-républicaines. Dans ces conditions, cesser de véhiculer un discours uniformisant au profit d’une philosophie cosmopolite admettant que chaque culture et communauté puisse se réaliser tout en coexistant ensemble conformément à des principes universels couperait automatiquement l’herbe sous le pied de ceux qui veulent délégitimer l’autorité républicaine au nom de particularismes.

La troisième raison tient à ce que la construction européenne apparaîtrait comme plus légitime. Les Français ont en effet du mal à envisager une société européenne justement parce qu’ils ne conçoivent pas qu’une démocratie puisse s’exercer dans un cadre multiculturel. Officialiser et institutionnaliser le multiculturalisme français ferait par conséquent tomber l’argument central des eurosceptiques et des europhobes puisque si la démocratie est compatible avec la France multiculturelle, alors il n’y a plus aucune raison d’invoquer le multiculturalisme européen comme obstacle à l’émergence d’une société européenne démocratique.

Dans ces conditions, entreprenons des actions concrètes pour déconstruire le jacobinisme afin de consacrer une France universaliste fière de ses particularismes locaux. Ratifions la charte européenne des langues régionales et minoritaires, admettons le caractère bienveillant du régionalisme ethno-culturel tant qu’il n’est pas une fin en soi mais un moyen de convaincre les peuples de faire partie d’ensembles politiques plus vastes tout en conservant leurs identités respectives, supprimons l’identité culturelle commune comme ultime fondement du vivre-ensemble au profit de principes universels tels que les droits de l’Homme, l’État de droit et la démocratie.

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Vos commentaires

  • Le 16 décembre 2013 à 16:53, par Xavier C. En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    J’applaudis des deux mains.

    De toute un bloc homogène est complètement utopique. Même avec une seule culture, des contre-cultures émergent forcément (et tant mieux).

    Le jacobinisme n’admet pas le caractère singulier de l’individu. Une démocratie jacobine c’est la dictature de la majorité plutôt que la défense de la plus petite minorité : l’individu.

    À noter cependant qu’une société multiculturelle ne peut pas bien fonctionner avec un État central fort et « providentiel ».

  • Le 16 décembre 2013 à 19:16, par tnemessiacne En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    C’est ça la ligne éditoriale du Taurillon... ?

  • Le 16 décembre 2013 à 20:03, par Aurélien Brouillet En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    @tnemessiacne : Le Taurillon est un journal promouvant et discutant sur le fédéralisme européen et l’idée fédéraliste en général. A ce titre, une rubrique opinion est ouverte à quiconque souhaite partager une réflexion pertinente sur le fédéralisme. Cet article évoque le danger des sociétés monoculturelles dans le développement du fédéralisme. A ce titre, il rentre tout à fait dans la ligne éditoriale de notre webzine.

  • Le 16 décembre 2013 à 21:26, par tnemessiacne En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    @ Aurélien Brouillet

    C’est surtout une attaque en règle contre la France.

    Enfin c’est ce que ça m’inspire.

    Je sens que ça va repartir, j’espère pas.

    « La France vit dans la »« fiction »« selon laquelle elle serait une société culturellement »« uniformisée »«  »

    « L’État jacobin français, de part son universalisme »« totalitaire »«  »

    «  »dénigrer«  » ses diversités locales quand il ne les a pas «  »combattues«  »

    Le vocabulaire se passe de commentaires...

    Rien qu’en 3 lignes. Mais la provoc’ est un style.

  • Le 16 décembre 2013 à 22:01, par Aurélien Brouillet En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    Il s’agit effectivement d’une critique du système français et de la mythologie de l’union nationale française. C’est une attaque contre une vision franco-française de l’organisation de l’état et de la culture française. Je n’y vois là qu’une pierre au débat sur le fédéralisme.

  • Le 16 décembre 2013 à 22:39, par Azihari Ferghane En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    Cher tnemessiacne,

    Dire que la France jacobine a dénigré ses diversités locales, c’est porter un jugement de fait...je vous renvoie aux articles de chercheurs en histoire qui expliquent comment la République a méticuleusement détruit les folklores locaux, je vous renvoie au rapport de 1794 sur la nécessité et les moyens « d’anéantir les patois et d’universaliser la langue française » (Rapport Grégoire), oui monsieur « ANEANTIR »...si ça ce n’est pas dénigrant...qu’est-ce donc ?

    Il est vrai que les choses ont un peu changé depuis la Révolution française, mais ce n’est clairement pas suffisant.

  • Le 16 décembre 2013 à 23:12, par tnemessiacne En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    Oui comme je vous l’ai dit par email, merci de m’avoir fait connaitre ce rapport Grégoire avec des informations ici http://fr.wikipedia.org/wiki/Rapport_Gr%C3%A9goire

    Ce que m’inspire cet article Wikipedia c’est que l’Abbé Grégoire a démontré que « 1 français sur 5 » à l’époque avait « une connaissance active ou passive » du français parlé à la « Convention » nationale et « dans le peuple de Paris ».

    Ce qui m’inspire donc cette information c’est que les patois peuvent être assimilés à des français (la langue, le français) populaires, avec des intonations comme vous avez sans doute à l’esprit, des intonations très marquées.

    Après, merci de me renvoyer aux chercheur mais j’aurai préféré avoir l’idée plutôt que son enveloppe. Comme je vous l’ai dit par mail illustrez votre propos par des exemples concrets et vous serez très intéressant, comme avec le rapport Grégoire. Bon après le mot « anéantir » je pense que dans la vie politique actuelle aussi il y a beaucoup de dérapages.

  • Le 17 décembre 2013 à 00:56, par Apostat En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    Bonjour,

    article pas très surprenant mais intéressant malgré une légereté de définition qui permet tous les raccourcis et in fine rabaisse le propos. Vous assenez tel une vérité que le jacobinisme professe l’unité socio-culturelle (sans trop ce que l’on sache bien ce que cela recouvre d’ailleurs..), or première difficulté, la définition du jacobinisme est, ici, bien maigre et surtout bien péremptoire face à la complexité du terme qu’un peu d’honnêteté vous aurait amené définir plus longuement. François Furet lui-même, qu’on ne suspecte guère de sympathie pour son objet au regard de son propre parcours, met en avant cette complexité : « L’élasticité sémantique du terme, dans la politique française de cette fin du XXe siècle, témoigne de ce travail du temps. Jacobinisme ou jacobin peuvent y désigner, selon les cas, des prédilections très diverses : l’indivisibilité de la souveraineté nationale, la vocation de l’État à transformer la société, la centralisation gouvernementale et administrative, l’égalité des citoyens garantie par l’uniformité de la législation, la régénération des hommes par l’école républicaine, ou simplement le goût sourcilleux de l’indépendance nationale. Dans cette nébuleuse de sens domine toujours la figure centrale de l’autorité publique souveraine et indivisible, dominant la société civile ».

    En somme vous annoncez en préambule une définition qui, en plus d’être fausse, n’est qu’un base vous permettant de développer votre propos. Biais que l’on retrouve par la suite par la citation du rapport Grégoire paru peu avant la chute de Thermidor et qui réfère donc expressément (même s’il n’en est pas issu directement) de l’avatar extrême du jacobinisme qu’est la terreur, période courte s’il en est au regard de l’Histoire de l’idée. Au problème de définition s’ajoute donc celui du manque de contextualisation. En effet, est-il utile de rappeler que le modèle régionaliste que vous promouvez est celui en vigueur...sous l’ancien régime ! Qu’en plus, le français étant la seule langue à peu près parlée sur tout le territoire, dans une logique d’égalité devant la loi (que nul citoyen n’est censé ignorer) le français avait aussi pour mission de s’opposer aux coutumes et à un fonctionnement social largement holiste. Vous vous retrouvez d’un coup en étrange compagnie, aux côtés d’un Bainville voire d’un Maurras.

  • Le 17 décembre 2013 à 01:00, par Apostat En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    Ce qui m’amène à une seconde surprise quand vous évoquez la charte des langues régionales et minoritaires (cet aspect étant, étrangement, le plus souvent passé à la trappe dans les débats...). Or il est tout de même là aussi nécessaire de rappeler les origines pour le moins douteux du FUEV à l’origine de cette charte (un groupe germaniste culturaliste ayant une vision organique du corps social...une bonne vision ethnique que ne démentirait pas certains extrémistes hongrois). De plus de 13 à 21 pays (suivant que l’on prenne en compte signature ou ratification) ne l’ont pas adoptée ce qui montre qu’elle n’a peut être pas l’attrait espéré. Enfin si ma mémoire est bonne certains aspects importants de la charte sont déjà en place depuis la loi du 11 Janvier 1951 en particulier sur l’enseignement des langues régionales.

    En somme l’attaque est hélas grossière (l’article précédent était plus fin) et manque sa cible faute de l’avoir mal désignée et ne s’appuie par sur des exemples historiques lui permettant de gagner en épaisseur (un rapide tour de ma mémoire me fait dire que des modèles de ce type n’ont jamais existé réellement dans l’Histoire bien que je conçois la difficulté à articuler problématique ancienne et contemporaine.)

    PS : je m’excuse pour le pavé mais cela n’aurait pas été cohérent à moitié amputé. De plus certains copier-coller hasardeux auront peut-être altérer le texte, sans le travestir trop je l’espère.

  • Le 17 décembre 2013 à 07:16, par Valéry-Xavier Lentz En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    Fort heureusement les « dérapages » de la vie politique actuelle n’ont pas les conséquences fatales de ceux de la période révolutionnaire. Ils n’en restent pas moins préoccupants en ce que la brutalité verbale qu’ils impliquent entraînent l’exclusion d’individus et de citoyens dont l’histoire personnelle ne se conforme pas au « modèle » proclamé et promut par l’État. La Le Pen l’a bien compris en reprenant à son compte le discours nationaliste dit républicain en lieu et place du discours plus ethno-culturel de son paternel. La manoeuvre a pour intérêt de montrer que le progressisme de ce dernier n’est que de façade est qu’il a les même conséquences, même si les motivations sont peut être différentes entre ces deux nationalismes.

  • Le 17 décembre 2013 à 07:29, par Valéry-Xavier Lentz En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    « C’est surtout une attaque en règle contre la France. » Et alors ?

    Chaque « nation » correspond à un discours idéologique normatif visant à en définir les caractéristiques en vue de susciter la fidélité des individus à l’État qui l’incarnerait et à exclure de la communauté nationale les individus qui n’y adhèrent pas.

    Relire “Qu’est-ce qu’une nation ?” de Ernest Renan et “L’État national” de Mario Albertini .

    C’est pourquoi sans doute considérez-vous une critique de cette idéologie comme une attaque contre « la France ». Mais de qui ou de quoi parlez-vous ? En réalité la France (le territoire de la République française) est aussi un espace de diversité comme le souligne l’excellent article de Ferghane et a aussi porté des démarches visant à assumer celles-ci.

    L’un des facteurs de la crise existentielle qui me semble caractériser la société française est l’incohérence entre cette approche idéologique réductrice de la communauté nationale et les réalités. À ce titre remettre en cause cette vision en faveur d’une démarche plus progressiste et plus respectueuse des individus me semble non seulement légitime mais aussi indispensable.

  • Le 17 décembre 2013 à 07:43, par Valéry-Xavier Lentz En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    @Apostat : je vous serait reconnaissant de nous expliquer en quoi la définition du jacobinisme que vous citez est différente de celle qui est condamnée par cet article. On est au contraire en plein dedans.

    Quand à la Charte le fait que certains pays ne l’aient pas adoptés ne me semble pas un argument pertinent pour en contester le fond. Que les droits de l’homme ne soient pas respectés partout est un fait, cela n’en infirme pourtant nullement la pertinence.

  • Le 17 décembre 2013 à 07:59, par Valéry-Xavier Lentz En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    J’observe au passage l’imposture typique dans le discours des nationalistes jacobin de toute perspective contraire sur l’organisation du territoire ou le statut des particularismes régionaux à la situation des provinces d’ancien régime. Naturellement le propos est absurde tant il n’existe rien de commun entre la situation pré-révolutionnaire et les régimes d’autonomie des communautés infra-étatiques qui existent dans les démocraties avancées en Europe.

    Au contraire l’un des enjeux de la Révolution française a été de poursuivre l’oeuvre de centralisation et d’uniformisation du territoire de la monarchie, qui débute dès le 16e siècle, en substituant idéologiquement à la personne du monarque une personne fictive (la nation) pour légitimer et renforcer le contrôle de l’État sur ce territoire et les personnes qui y résident. En cela un régime fondé sur l’idéologie nationaliste jacobine procède du même autoritarisme liberticide que celui qui l’a précédé, les premières victimes de ses adeptes ayant été les partisans d’une alternative plus progressiste.

  • Le 17 décembre 2013 à 10:06, par Azihari Ferghane En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    @Apostat

    Bonjour et merci pour votre commentaire,

    Ma définition n’est pas fausse. J’ai simplement pris le jacobinisme à travers le prisme culturel car la mono-culture est sa marque principale de fabrique et que c’est d’avantage du mono-culturalisme comme fait social dont je voulais parler et non de considérations juridiques, administratives et constitutionnels. Toutes les autres caractéristiques que vous citez ne sont pas exclusives au jacobinisme (souveraineté, éducation...), la seule différence tient à ce que ces concepts sont, avec le jacobinisme, appliqués selon le paradigme centralisateur. Ma définition n’est donc en rien incompatible avec ces considérations, au contraire, elle les valide entièrement.

    Ensuite la France serait un Etat-régional ? S’il est vrai que la République est incontestablement plus décentralisée qu’hier, l’autonomie des Régions est encore de la science-fiction mise à part certaines collectivités à statut particulier.

    Là on peut parler de considérations juridiques si vous voulez. On peut parler d’une autonomie fiscale quasi-inexistante comme l’attestent les travaux de Michel Bouvier, on peut parler d’un système éducatif encore totalement centralisé, on peut parler des nombreuses langues régionales françaises qui ont été déclarées en voie de disparition par l’UNESCO, on peut parler de l’inexistence du principe de subsidiarité en France, on peut parler du fait que la Constitution française ne reconnait nullement un pouvoir législatif aux régions qui ne demeurent que des instances administratives.

    Donc loin d’être grossière, mon « attaque » avait l’objectif de susciter le débat et celui ci a eu lieu, que ce soit à l’intérieur où à l’extérieur du Taurillon.

    On regrettera simplement le fait que vous vous êtes attachés à contester une définition (volontairement incomplète dans un souci de spécialisation), en évitant soigneusement de répondre à l’idée centrale de cet article : oui une société multiculturelle démocratique est possible puisque c’est déjà le cas, n’ayons pas peur de la reconnaître, cela fera du bien à tout le monde, aux majorités comme aux minorités. Dans ces conditions l’expérience du patriotisme constitutionnel n’a rien d’abstrait et existe déjà à certains égards comme la citoyenneté municipale qui est déjà post-nationalisée. Mais là aussi vous avez toujours soigneusement évité de commenter cet état de fait...

    Mais on peut comprendre le nationaliste que vous êtes (puisque vous ne concevez pas de lien fédérateur social autre que la Nation) soit gêné quand la remise en question de ses dogmes est un succès.

  • Le 17 décembre 2013 à 10:22, par Alexandre Marin En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    En ce qui concerne le dernier paragraphe, j’aimerais partager ici les fruits de la réflexion d’une table ronde qui s’est tenue à la Commission des lois de l’Assemblée Nationale le 29 novembre 2012. http://www.assemblee-nationale.fr/14/cr-cloi/12-13/c1213022.asp#P8_685

    Pour ce qui est de ma pensée, autant je suis d’accord avec l’article pour ce qui est du système jacobin actuel, autant, il est mauvais de juger le passé à la vue du présent. Quand le christianisme a cessé d’être le ciment de l’unité à cause des guerres de religion, le moyen de pacification était l’unité d’un peuple autour d’un souverain dont on adopterait la religion (cujus ejus regius religio). A partir de là, on voyait mal l’utilité d’imposer une langue unique, sauf pour les actes officiels, car le ciment politique de l’unité était le prince (ou le roi pour ce qui est de la France).

    Sous l’impulsion des lumières et de la révolution, le ciment politique de l’unité du territoire est devenu la « nation », de qui émane la loi pour « le bien commun ». A l’époque, il n’y avait pas de principe de subsidiarité. Pour cela, on avait besoin d’une cohésion linguistique. L’assemblée Nationale a d’abord tenté une traduction dans toutes les langues de la France, mais a reculé devant le coût excessif d’une telle opération.

    Ce que l’on peut critiquer chez les révolutionnaires français (ils ne sont pas les seuls), c’est le complexe d’éternité. La nation une et indivisible sera éternelle. Les nouveaux concepts révolutionnaires n’ayant cours que dans la langue de Molière, celle-ci était la langue de la Liberté contre les langues de la monarchie et de l’obscurantisme. Car les révolutionnaires avaient compris que la langue était un outil de pensée, autant que de communication. D’où les conséquences que l’on sait. Supprimer les langues régionales, c’était supprimer les possibilités de remise en question.

  • Le 17 décembre 2013 à 10:58, par Alexandre Marin En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    Pour ce qui est du multiculturalisme, il est l’extrême d’un échiquier multi et monoculturalisme.

    Par exemple, l’empire de Charles Quint tolérait une diversité politique beaucoup plus vaste que le fédéralisme actuel. En effet, ses droits en tant que souverain variaient beaucoup d’une région à l’autre (il avait beaucoup plus de pouvoir en Castille qu’en Aragon), et l’empire connaissait des provinces où l’empereur était souverain absolu (la Castille), et d’autres où il devait composer avec un parlement (l’Aragon), avec bien des provinces intermédiaires pour ne citer que cette variante. Il serait absurde que le pouvoir de l’UE ne fut pas le même d’un Etat Membre à un autre. Il serait tout aussi absurde que l’UE n’exigeât pas de ses Etats Membres une démocratie et un Etat de droit sur la base de la distinction des trois pouvoirs ou qui transgresse les droits fondamentaux.

    En revanche, il est inutile de préciser que la culture de la diversité religieuse, chère à toute démocratie saine, était inconcevable dans l’empire.

    De même le multiculturalisme Austro-Hongrois ou Ottoman n’avait rien à voir avec le multiculturalisme d’un système fédéral. D’ailleurs, même dans le présent, nous n’avons pas la même vision de la diversité et du multiculturalisme selon que nous sommes aux U.S.A, en Inde, en Australie, au Canada, ou en U.E.

    Tout cela pour dire que le multiculturalisme est un concept relatif et qu’il n’y a pas, d’un côté, les Entités respectant multiculturalisme et de l’autre les Etats monoculturalistes, même si sur l’échiquier, la France tend plus à l’uniformité que l’U.E, mais j’enfonce une porte grande ouverte.

    D’ailleurs, pour en revenir aux droits fondamentaux, on aimerait les imposer partout dans le monde comme nos ancêtres voulaient imposer la religion chrétienne, ou, plus tard, l’Etat-Nation, le tout, au mépris de coutumes très anciennes, qui parfois très violentes n’en sont pas moins légitimes. Je ne le critique pas, mais cela justifierait que, dans une certaine mesure, on nous taxe de xénophobes. D’ailleurs, le modèle des droits fondamentaux triomphe dans le monde quand les anciennes formes politiques cessent d’être légitimes.

  • Le 17 décembre 2013 à 11:03, par Apostat En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    @ Valéry-Xavier Lentz

    Le Jabobinimse d’avant la Terreur n’est pas celui de la Terreur qui n’est pas davantage le Jacobinisme disons plus consensuel de la IIIe République qui n’est pas non plus celui de ceux qui s’en réclame aujourd’hui. Aussi je soulignais ce manque de définition du terme.

    De plus, le jacobinisme (sauf peut-être, et cela reste à démontrer, celui de la Terreur) n’a jamais nié les réalités de la diversité culturel des individus ; ce qu’il conteste c’était une fragmentation de l’espace culturel servant la contre révolution ce qui amène les voisinages étonnant (quoique) entre les fédéralistes actuels et les régionalistes réactionnaires ou contre-révolutionnaires.

    Toute aire culturelle est une construction sociale, qu’elle soit nationale ou régionale, sinon on retombe sur une vision organique du corps social qui nous renvoie aux penseurs cités plus hauts que vous n’intégrez je ne pense pas dans votre patronage. En somme on pourrait tout autant accuser le pays basque de ne pas laisser de place aux autres expressions culturelles...ce qui convenons en n’a pas forcément grand sens formule ainsi.

    L’Etat jacobin vise à articuler les spécificités individuelles (en général plutôt cantonnées à l’espace privé ou local) à une transcendance qui unit tout et centralisée dans son fonctionnement (la République, les droits de l’Homme, la langue française) considérant que des gens sans lien, ne peuvent cohabiter durablement au sein d’un même espace (autour de valeurs mais aussi de « concret », la langue, l’administration etc...). Le persistance des cultures locales ne doit pas être vue comme une reliquat qui aurait malgré tout résisté au rouleau jacobin mais bien comme une composante de son fonctionnement.

  • Le 17 décembre 2013 à 12:05, par Azihari Ferghane En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    @Apostat

    Non Monsieur. L’Etat jacobin n’a nullement cherché à articuler les spécificités individuelles quand il a méticuleusement cherché à anéantir les folklores locaux et les spécificités linguistiques locales. Donc la persistance des cultures locales est bien une reliquat qui a heureusement résisté à ce rouleau compresseur.

    Enfin, la langue n’est pas le seul lien fédérateur viable, en témoigne le cas de la Suisse (même si elle se définit comme une Nation...)

    Que faites vous, encore une fois, du caractère post-national de la citoyenneté municipale dans l’Union européenne ? Je ne vois toujours pas la guerre civile que tous les nationalistes avaient annoncé...

    Loin d’être soumis à des règles biologiques, le multi & mono-culturalisme ne sont que des faits culturels. Il ne tient qu’aux individus de se tolérer, de se reconnaître et de s’accepter mutuellement. Les seuls trouble-fêtes qui mettent en danger le multiculturalisme sont des nationalistes comme vous qui véhiculent dans l’opinion l’idée que les cultures ne peuvent pas coexister dans un espace public commun. Pourquoi continuer dans cette voie qui ne fait que légitimer et rationaliser la xénophobie ?

  • Le 17 décembre 2013 à 16:32, par tnemessiacne En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    @ Valéry-Xavier Lentz

    C’est une attque car les mots employés sont violents, relisez les dans mon commentaire précédent quand je les cites.

    « L’un des facteurs de la crise existentielle qui me semble caractériser la société française est l’incohérence entre cette approche idéologique réductrice de la communauté nationale et les réalités. »

    Je pense que beaucoup de personnes qui écrivent sont déconnectés des réalités. Ils sont très idéologiques dans le sens où ils reprennent des idées mais sans les liés à la réalité, à des exemples.

    Par exemple comme j’ai dit par mail à Azihari Ferghane il faut citer des exemples comme par exemple au sujet du jacobinisme. Par exemple les préfectures pour aller dans son sens pourraient être une preuve d’un certain jacobinisme en disséminant sur tout le territoire avec l’autorité associée la force de l’Etat.

    Mais bon c’est dommage on arrive pas avoir un débat sain.

  • Le 17 décembre 2013 à 17:17, par Rosset Gilles En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    Bonjour, J’ai lu tous les commentaires, ma capacité intellectuelle ne me permet pas d’analyser avec clarté la pertinence des propos, tout le monde à une exception près reste dans le flou. Je viens de terminer un livre « de la démocratie en Amérique / l’ancien régime et la révolution, de Tocqueville » Tocqueville doute que 1789 opère une rupture dans l’histoire de France, plus deux cents ans de commémoration de votre glorieuse Révolution n’ont pu éliminer ce doute. Je dis « votre » car j’habite en Savoie du Nord. Un mot fait relativement peur surtout au nationaliste c’est le mot « Fédéralisme » tous les pays d’Europe ont opté pour ce système à l’exception de la Grèce et la France, encore une exception Française. Une réponse au fait que certains crient « République une et indivisible », celle-ci est devenue caduque en 1962 lors de l’indépendance de l’Algérie.

  • Le 17 décembre 2013 à 19:36, par tnemessiacne En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    @ Rosset Gilles

    Pour étayer votre commentaire je peux ajouter que l’historiographie française étudie la révolution française sous le prisme du déclin des croyances.

    Les années précédentes on note une forte diminution par exemple des « Ave Maria » dans les registres paroissiaux à l’heure de la dernière heure.

  • Le 18 décembre 2013 à 16:07, par tnemessiacne En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    @ Rosset Gilles

    Moi je n’aime pas trop le mot « fédéralisme » parce qu’il est pour moi très idéologique mais c’est sur il est plus facile de l’employer pour qualifier une personne qui « milite » pour la construction européenne.

    Constructioniste européen n’est pas un joli mot.

    Après utiliser le mot « fédéralisme » et votre commentaire sur la France et la Grèce seuls pays non fédéraux, ça m’inspire que les fédéralistes en tant que tels, très nombreux sur ce site, pourquoi ne veulent-ils pas appliquer leur modèle à la France directement, plutôt que l’Europe.

    Soyons modeste...

    Mais là je sens que je vais m’attirer des foudres.

  • Le 19 décembre 2013 à 13:51, par Rosset Gilles En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    @ tnemessiacne Bonjour, j’entends que le mot fédéraliste vous heurte l’oreille, c’est parce que vous ne l’avez jamais entendu venant d’un ministre quelconque ! et encore moins à l’école ! pour réfléchir il faut être libre de toute attache politique gauche ou droite ou extrême, après on peut seulement voir d’autres possibilités pour gérer un pays. Pourquoi la France n’est pas fédéraliste ? relativement simple, la France, depuis Louis XIV surtout, est un pays centralisé à l’extrême et aujourd’hui la méritocratie domine, je suis ministre mon fils ou ma fille embrasse une carrière dans la politique, non la politique est une vocation, dans beaucoup de pays quand un élu fini son mandat il retourne à son travail. Un exemple centralisateur « les préfectures avec les préfets étaient un régime d’exception instauré en 1808 le but était que les missives puissent être distribuées dans tous les départements en 24 heures » SI la France devenait fédérale le rôle des régions serait de supplanter celui des préfectures. Là, je navigue dans le virtuel, néanmoins la France peut finir comme l’ex URSS . Salutations Savoisiennes.

  • Le 22 décembre 2013 à 19:42, par Lame En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    C’est article est surtout l’expression de la gallophobie de son auteur.Les Français ne vivent pas dans le mythe que la France est culturellement uniforme. C’est plutôt à l’étranger que l’on fantasme le Peuple français comme un un peuple blanc francophone.

    La République française est divisées en différents types de régions : régions métropolitaines, Région d’outremer, collectivité d’Outremer (anciennement TOM) et collectivité régionale à statut particulier (Corse). Un grand nombre de langue régionale sont soutenus dans l’enseignement et l’article 75-1 de la Constitution française impose leur préservation. C’est grâce au soutien financier de l’Etat central le patrimoine régional reste aussi diversifié. La culture corse, notamment, ne serait plus qu’un souvenir sans les subventions nationales.

    On notera que les mandataires européens ont souvent exprimé la nécessité de centraliser d’avantage l’Union et leur mépris des particularismes nationaux. De nombreux articles du Taurillon ont également clamé que les Nations n’avaient plus lieu d’être car les Européens appartiendrait à la même culture. Les critiques de l’auteur n’en paraissent que plus étranges.

  • Le 23 décembre 2013 à 00:45, par Lame En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    @ Xavier C

    En quoi les lois françaises respectent-elles moins l’individu que le droit européen ?

    @ Aurélien Brouillet

    Justement. La France est multiculturelle puisqu’il y a encore des Bretons, des Basques, des Occitans, etc... qui ne forment pas des cultures homogènes et ont une culture distincte de leurs communautés soeurs dans les pays voisins. Qu’en est-il en l’Allemagne ou en Autriche par exemple ?

    Le principe de fraternité est le devoir, pour tout citoyen français, d’être tolérant et solidaire vis à vis de ses concitoyens. Il découle de l’idée que si les citoyens français commence à considérer leurs concitoyens comme des Bretons, des Basques, des Normands plutôt que de les considérer comme des Français avant tout, la Nation va se disloquer en une multitude de groupes sociaux qui se désolidariseront les uns des autres et finiront par se battre. Chaque pays a sa version de l’union nationale mais apparemment, pour certains, c’est un bien chez les autres et un mal en France.

    @ tnemessiacne

    La France n’est pas le seul pays doté d’un corps préfectoral. L’Espagne, par exemple, a un corps préfectoral directement inspiré de son homologue français.

    Les préfets espagnols utilisent d’avantage le droit de référé que leurs collègues français, sachant que le Conseil d’Etat français se plaint régulièrement de l’attitude trop conciliantes des préfets français. Je serais tenté de lui donner raison au vu de l’attitude des collectivités territoriales vis à vis de certaines minorités, comme les gens du voyage : refus de scolariser des enfants du voyage, refus de construire les aires de stationnement prévues par le loi française, etc...

    J’en profite pour rappeler que, contrairement à un préjugé récurrent, les commissaires du gouvernement n’assurent plus l’exécution des actes territoriaux depuis un bail.

  • Le 23 décembre 2013 à 00:52, par Lame En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    @ Rosset Gilles

    <Un mot fait relativement peur surtout au nationaliste c’est le mot « Fédéralisme » tous les pays d’Europe ont opté pour ce système à l’exception de la Grèce et la France, encore une exception Française.>

    Tous les pays d’Europe sont des Etats fédéraux ? Ils me semblent plutôt que la majorité des pays d’Europe et du Monde, dont la France, sont des Etats unitaires décentralisés.

    La France n’est pas le pays le plus centralisé qui soit :
    - La partie anglaise du Royaume Uni est soumise au plus haut niveau de centralisation de toute l’UE depuis le Contracting Out engagé par Thatcher. Le Pays de Galles et l’Ecosse ont reçu de nombreuses compétences dans le cadre de la dévolution mais avec quel budget ?
    - Les laenders autrichiens ont moins de compétences et de moyens budgétaire que les régions françaises.
    - L’Irlande est de tous les pays de l’UE celui qui octroie le moins de compétences et de ressources à ses communes.

    Ce sont des constats, pas des critiques. Chaque pays a tenté de s’adapter à des circonstances propres. On notera que la zone euro n’est plus organisée sur le mode fédéral mais sur le mode unitaire décentralisé et avec un contrôle de tutelle exercé par la Commission (système britannique), pas par des juridictions administratives.

  • Le 23 décembre 2013 à 00:57, par Lame En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    @ Rosset Gilles

    Je suis d’accord avec l’institution du fédéralisme en France dans la mesure où ce serait la reconnaissance d’une situation de fait mais uniquement sous les conditions suivantes :
    - Passage à deux types de régions : la régions et le pays constitutif.
    - Imitation du système italien du point de vue institutionnel.
    - Plus de flexibilité dans l’établissement du droit public territorial mais sous réserve d’approbation du Conseil constitutionnel et de ratification par référendum territorial.
    - Election d’au moins une partie des mandataires de chaque assemblée législative doit être élu dans le cadre d’une circonscription correspondant à son territoire.
    - Droit de l’Etat central de nommer une partie des mandataires de chaque assemblée territoriale, lesquels auront voix délibérative mais pas le droit d’élire les sénateurs (C’est la contrepartie du Sénat)
    - Suppression des Conseils municipaux et investiture des maires par les conseils généraux.
    - Sous réserve d’approbation par référendum local, les départements peuvent créer des collectivités intracommunales dont l’assemblée législative sera l’électorat de la collectivité votant les délibérations au bulletin secret.
    - Sous réserve d’approbation par référendum local, les départements peuvent créer des collectivités intercommunales obligatoirement dotée d’un conseil intercommunal élu au suffrage direct.
    - clause de compétence générale pour les régions et toutes les collectivités territoriales (c’est plus simple et flexible).
    - Interdiction, pour l’Etat central, d’imposer des dépenses, des missions administratives ou la fourniture de services publics aux régions.
    - Maintien du corps préfectoral, chargé d’exécuter la loi aux frais de l’Etat central.
    - Obligation d’assurer aux collectivités territoriales, dont les régions, un budget minimal par une redistribution d’une partie des recettes non contributives de l’Etat central.
    - Primauté du droit national sur le droit territorial car le principe d’équipollence des normes n’aboutirait qu’au chaos.
    - Concertation obligatoire entre entités fédérées ainsi qu’entre les collectivités territoriales et l’Etat central. Un fédéralisme réussi est indissociable la loyauté fédérale et de la concertation.

  • Le 24 décembre 2013 à 11:30, par Rosset Gilles En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    @ Lame Bonjour intéressant votre texte, néanmoins nous parlons que du principe fédérale ! A vous lire vous habitez entres les murs de la grande cité, la peur domine votre pensée, et vous craignez un éventuelle changement qui pourrait nuire à vos ambitions ou à votre carrière. Je ferais donc une métaphore pour votre texte : vous avec des enfants et vous leur dites « je vous donne la liberté » SAUF - de faire du vélo / d’aller au cinéma / de mettre des chaussures bleues / d’avoir les cheveux longs / etc.…. le fédéralisme c’est l’anti-centralisme c’est une philosophie qui repose sur la confiance, sur des alliances. Je vous conseille de lire un livre : constitution fédérale de la confédération suisse, « Libertés, mode d’emploi » être citoyenne être citoyen dans sa commune son canton son pays. (Je peux vous envoyer le projet de constitution fédérale savoisienne) Salutations Savoisiennes

  • Le 24 décembre 2013 à 11:44, par Ferghane AZIHARI En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    @Lame

    Parce que je m’attaque à un modèle que je n’approuve pas, je serais gallophobe ? Au contraire, en voulant déconstruire le jacobinisme qui inhibe l’expression des particularismes qui travaillent notre République, j’exprime un certain attrait pour la diversité culturelle française, car la France, voyez vous, je l’aime lorsqu’elle est fière de la diversité de son patrimoine culturel, je l’aime telle qu’elle est contrairement à certains conservateurs & nationalistes qui en ont une vision étriquée. Or la France d’aujourd’hui n’est pas fière de ses particularismes & sa diversité. Sinon comment expliquer la diabolisation du phénomène communautaire, qu’il soit breton, musulman ou corse ? alors que le communautarisme est à la France ce que l’intérêt national est à l’Europe...

    Oui il existe encore quelques particularismes locaux...et heureusement qu’ils ont pu résister au jacobinisme. On ne peut pas nier que ces derniers ont été attaqué par l’Etat et que certains dommages subis sont irréversibles (comme la disparition de certains folklores locaux), ce qui ne veut pas dire que le jacobinisme d’aujourd’hui est le même qu’hier (ce que je dis dans l’un de mes commentaires).

    On sait tous que la France est multiculturelle, et on ne veut pas que celui ci soit occultée par une fiction.

    Ensuite la majorité des fédéralistes n’aspirent pas à la disparition des particularismes européens, peu importe le nombre d’articles sur le Taurillon que vous avez pu lire (et avec lesquels je ne suis pas lié jusqu’à preuve du contraire). Sinon on ne serait pas fédéraliste mais des européens jacobins...En ce qui me concerne, je n’en ai croisé aucun pour l’instant....Car l’essence même du fédéralisme consiste à prendre en compte les particularismes dans l’organisation du vivre ensemble. Les Nations disparaissent dans le sens où elles ne sont plus le cadre exclusif de l’exercice de la démocratie. Mais les réalités infra européennes ne sont pas niées pour autant.

    En quoi la zone euro est organisée selon un modèle unitaire ? Elle n’a pas de stratégie commune, aucune vision. Elle est davantage un conglomérat d’économies nationales qu’une économie proprement unie. Une tutelle par la Commission ? Les seules règles que la Commission est autorisée à exécuter par les Etats en matière d’économie sont celles du pacte de stabilité et des critères de Maastricht ( et on a vu à quel point elles étaient rigoureusement appliquées n’est-ce pas ?)

    Il est étrange que les länder autrichiens (qui ont certes moins de compétences par rapport aux entités fédérés d’autres Etats) puissent avoir moins de compétence que les régions françaises alors qu’ils sont dotées, contrairement aux secondes, d’un pouvoir législatif. Mais si vous avez plus de précisions, n’hésitez pas à les donner.

  • Le 24 décembre 2013 à 12:59, par Aurélien Brouillet En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    Je tiens juste à préciser que le Taurillon est un lieu de débat sur le fédéralisme européen. Et dans ce débat, plusieurs écoles existent. On peut entre autre différencier les pensées selon lesquelles la constitution d’une nation européenne est essentielle à la constitution du fédéralisme européen de celle qui prône le dépassement de la nation. Il est en est de même au sujet du monoculturalisme ou du pluriculturalisme. Toutes les opinions sont intéressantes à prendre afin d’en discuter.

  • Le 27 décembre 2013 à 19:04, par Lame En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    @Ferghane AZIHARI

    Au regard de l’expérience des autres fédérations, il me semble évident qu’une fédération est vouée à l’échec si les citoyens européens se considèrent comme des citoyens européens avant tout. Cela implique de combattre toute forme de xénophobie ou préjugés dirigés contre une des nations du Peuple européen.

    Tout le monde a le droit de critiquer l’organisation territoriale de la France mais il est gallophobe de faire circuler des idées fausses sur cette organisation dans le but de dénigrer le Peuple français. En outre, les jugements énoncés contre mon peuple me semble davantage motivé par le souhait d’une ouverture des frontières à l’immigration non européenne qu’au désir de promouvoir l’intégration européenne. Ne mélangons pas tout : L’européisme ou la promotion du fédéralisme en France ne doivent pas être confondu avec le mondialisme défendu par Monsieur Mélanchon.

    L’organisation de la zone Euro est unitaire décentralisée parce que les Etats eurolanders sont désormais soumis à la tutelle de la Commission en matière budgétaire. On notera que l’Etat français « jacobin » n’exerce plus un tel contrôle sur ses collectivités, la tutelle française étant limitée au contrôle de légalité par les tribunaux administratifs. A tort ou à raison, la Zone Euro a dépassé le fédéralisme.

  • Le 27 décembre 2013 à 19:25, par Lame En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    @Rosset Gilles

    Contrairement à vous, je ne crois pas que le fédéralisme suisse est un modèle universel applicable intégralement à la France.

    Je suis partisan du remplacement du fédéralisme de fait actuel par un fédéralisme de droit conçu sur mesure pour le pays. Je me suis efforcé d’être précis dans la présentation de ma proposition et je vois pas en quoi cela justifie vos insultes.

    Expliquez-nous pourquoi les Français devraient adopter le fédéralisme suisse plutôt que le fédéralisme américain, autrichien, australien ou allemand, par exemple ?

  • Le 30 décembre 2013 à 18:49, par tnemessiacne En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    Je peux savoir pourquoi vous me censurez ?

    C’est pour tout les commentaires ?

  • Le 31 décembre 2013 à 10:10, par Ferghane Azihari En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    @Lame

    A défaut d’être capable d’élaborer un contre-argumentaire pour démontrer le caractère erroné de mon analyse sur le fait que la France se considère davantage comme une société monoculturelle que multiculturelle (vous ne répondez pas à l’argument de la diabolisation du communautarisme & l’attachement des français au modèle « assimilationniste » ; la diabolisation des signes culturels distinctifs etc.), vous vous contentez de dire que je suis gallophobe. Dommage, même si il est vrai qu’il est plus facile de dénigrer quelqu’un que de répondre à ses critiques. Mea Culpa si le gallophobe que je suis cherche à promouvoir une France fière de ses particularismes et de sa diversité culturelle. Je pense que ceux qui veulent inscrire dans la Constitution que la République ne reconnaît aucune communauté sont plus gallophobes que je ne le suis en refusant de voir que la France est une mosaïque d’identités et de cultures (ce que je considère comme une véritable richesse). Imaginez un instant ce qu’il se passerait si l’on défendait un assimilationnisme & jacobinisme européen, avec une langue officielle unique etc...ce serait tout simplement catastrophique.

  • Le 31 décembre 2013 à 10:11, par Ferghane Azihari En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    Ensuite, la Commission n’exerce aucune tutelle permanente. La tutelle, c’est ce qu’est en train de subir la ville de Détroit aux USA, c’est lorsque l’Administration centrale prend de facto le contrôle d’une autre entité administrative. Alors si la Grèce peut effectivement être considérée comme un pays qui en ce moment est de facto sous tutelle, il n’en est rien des autres pays de la zone euro. L’existence de règle budgétaire commune n’est pas suffisante pour qualifier un système d’unitaire et décentralisé. Il est normal que des pays interdépendants rendent des comptes quant à leurs politiques budgétaires quand celles-ci peuvent impacter la santé économique des autres partenaires, fédéralisme ou pas. Encore une fois, la zone euro n’a aucune politique économique commune, aucune politique fiscale commune (si ce n’est un encadrement des taux de TVA). Pour ces domaines, les Etats restent entièrement libres d’adopter leurs stratégies respectives. La politique économique et fiscale de M. Hollande n’est actuellement pas comparable à celles des autres partenaires européens (si ce n’est l’accord sur le principe de réduire les déficits publics mais vous reconnaîtrez que les méthodes divergent d’un pays à un autre). Ces marges de manoeuvre n’existent pas chez les collectivités d’un Etat unitaire décentralisé. La superposition des ordres juridiques (concept ignoré par l’unitarisme) est en vigueur. La zone euro reste une mosaïque d’économies et de marchés nationaux. En témoignent l’exemple des écarts des droits sociaux entre les pays ; l’exemple de certains marchés qui restent nationaux et que l’on refuse d’européaniser pleinement (marché des télécoms, de la défense) ; l’exemple du secret bancaire présents dans certains Etats de la zone euro.

    Donc qualifier la zone euro de système unitaire décentralisée est impertinent au regard des disparités considérables des modèles économiques qui subsistent dans l’UE.

  • Le 2 janvier 2014 à 17:58, par Alexandre Marin En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    Je suis de l’avis de Ferghane Ahizari.

    Si on a voulu éradiquer les langues régionales, c’est parce que dans l’esprit du jacobinisme républicain du XIX° siècle, les langues régionales ne pouvaient accueillir les nouveaux concepts politiques libéraux surgis dans la langue française. C’étaient donc des langues de l’oppression.

    Or, « Franc » signifie « libre » étymologiquement.

    Par conséquent, aux yeux des républicains, il fallait imposer l’usage exclusif du Français pour faire des citoyens français dans les provinces au sens étymologique et politique du terme. C’est sur ce fondement que reposent la mythologie historique nationale des grands héros (Vercingétorix, Jeanne d’Arc...) et la légitimité de l’Etat Nation français républicain.

    Les mentalités jacobines et souverainistes, parisiennes et provinciales, commencent néanmoins à évoluer partiellement.

  • Le 2 janvier 2014 à 22:06, par Valéry-Xavier LENTZ En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    « Or, « Franc » signifie « libre » étymologiquement. » : en êtes-vous sur ?

  • Le 3 janvier 2014 à 13:24, par Alexandre Marin En réponse à : Pourquoi les Européistes doivent éradiquer le jacobinisme français

    Oui, même si c’est plus compliqué. Les francs sont, comme les Alamans, à l’origine, une ligue de peuples germaniques qui se sont coalisés pour faire face aux envahisseurs venus de Scandinavie et conquérir de nouveaux territoires, dans le contexte des grandes migrations du III°siècle, et des perturbations démographiques qui en ont résulté.

    « Alamans » signifiait tous les hommes (pensons en Anglais à « all men »).

    Pour ce qui est des Francs, on ne sait si l’étymologie renvoyait à une arme, comme beaucoup de tribus germaniques (ici, le javelot), ou au courage et à l’intrépidité.

    Après ses victoires militaires sur les peuples des deux ligues, Constantin a repris les noms, qu’il a à peine latinisés pour désigner les territoires. C’est alors que le terme « franc » s’est tourné d’abord vers le sens de « libre » au sens indépendant, soumis à aucune autorité ni germanique ni romaine. Après la chute de l’empire romain d’occident et l’établissement des royaumes mérovingiens, le terme « franc » a aussi probablement eu la signification d’homme libre par opposition à l’esclave. Le royaume des Francs était donc le royaumes des « hommes libres », probablement pour éviter toute tension entre Germaniques et Gallo-Romains.

    Par la suite, le terme a progressivement exclusivement qualifié un territoire géographique, jusqu’à ce que les rois capétiens changent leur titre, devenant non plus rois des Francs, mais rois de France.

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