Toi d’Europe : un projet participatif

, par Les Jeunes Européens - Strasbourg

Toi d'Europe : un projet participatif
Mathilde et Sophie Hériaud

Les Jeunes Européens – Strasbourg ont créé cette année un partenariat avec Mathilde et Sophie Hériaud, deux globe-trotteuses parcourant les pays européens à la rencontre des jeunes. Découvrez leur projet intitulé « Toi d’Europe ».

Les Jeunes Européens - Strasbourg : Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre projet Toi d’Europe ?

Mathilde et Sophie : Nous sommes deux jeunes françaises originaires de Bretagne à porter un projet de documentaire, Toi d’Europe. Mathilde est commerciale dans le Sud de la France, elle a fait des études dans une école de commerce international. Pour ma part, je suis Sophie, et je viens de terminer des études de journalisme.

Le concept de notre projet Toi d’Europe est d’aller à la rencontre des jeunes européens (de 18 à 35 ans) afin de comprendre leurs attentes concernant le futur de l’Union européenne. Nous avons déjà visité près de vingt pays depuis le lancement de notre projet et fait des rencontres très intéressantes et enrichissantes.

Comment avez-vous eu l’idée de partir à la rencontre de la jeunesse européenne ? Pourquoi cibler spécifiquement les jeunes ?

L’idée est venue de Mathilde, en janvier 2017. Au début de cette année 2017, nous sommes six mois après le vote du Brexit, l’investiture de Donald Trump a lieu ce mois-ci, et nous constatons la montée de l’extrême droite dans de nombreux pays européens lors des élections nationales. Dans beaucoup de pays, la question européenne est remise en cause et nous nous sommes demandé si c’était aussi le cas chez les jeunes ayant toujours vécus dans l’Union européenne, qui ont toujours connu l’euro comme monnaie, qui ont pu voyager librement grâce à l’espace Schengen ou bien qui disposent de la possibilité de participer aux projets Erasmus, ... Nous estimons que c’est la génération de demain qui donnera un futur à l’Union, et il est donc intéressant de comprendre ce que cette génération pense de l’Union européenne actuellement, et ce qu’elle en attend.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées dans la réalisation de ce projet ?

C’est un projet qui a été long dans sa préparation, notamment dans la recherche de financements (crowdfunding et subventions). C’est un projet qui demande du temps avec la gestion d’un site internet et des réseaux sociaux, la mise en ligne de vidéos, la préparation du documentaire et la réalisation des dernières interviews dans encore dix pays (Estonie, Irlande, Danemark, Portugal, Suède, Finlande, Bulgarie,Chypre et Malte). Mais nous pouvons compter sur l’aide de personnes rencontrées sur place ou dans notre réseau pour nous faciliter notre travail.

Quel est votre plus beau souvenir ?

Chacune de nos rencontres a constitué un souvenir important et unique, que ce soit avec des personnes plutôt eurosceptiques ou des europhiles. Chaque échange est constructif ! D’ailleurs, toutes les personnes rencontrées étaient emballées par le projet et nous ont vraiment intégré à la vie de chaque pays : une balade nocturne dans un parc à Bucarest, l’organisation d’un micro-trottoir à Leeds, la visite des lieux des révoltes anti-dictature à Athènes, etc.

Avez-vous une anecdote amusante à partager avec nous ?

Il y en a plusieurs, mais si nous devions vous en donner deux, alors nous raconterions d’abord les 17 heures de train entre Budapest et Bucarest en juin 2017. Nous étions sur la fin de dix jours de reportages dans l’est de l’Union européenne, nous avions peu dormi et la fatigue se faisait sentir. C’est le premier moment où nous avons pu vraiment nous reposer et le train avançait si peu vite que nous avons vraiment pu admirer la campagne roumaine ... durant des heures ! La deuxième anecdote reste notre premier reportage en Angleterre. Nous sommes arrivées à Leeds, le dimanche du second tour de l’élection présidentielle française de 2017. Dès que l’on rencontrait des anglais, ils nous demandaient tous les résultats. Il s’agissait surtout de jeunes britanniques, anti-Brexit pour la plupart, et tous avait peur qu’après l’élection de Donald Trump, et le Brexit, la France choisisse Marine Le Pen et que nous nous dirigions vers un Frexit. Nous en avons beaucoup discuté avec eux, nous nous sommes beaucoup moquées jusqu’à ce qu’ils admettent que les français faisaient de meilleurs choix que les anglais. Le véritable amour franco-britannique !

Aujourd’hui, quels sont vos besoins pour que votre projet soit abouti ?

Le projet est déjà bien avancé ! Le web-documentaire est déjà en ligne et se complète chaque semaine avec des articles sur l’actualité européenne, des séries de photos et des vidéos sur chaque pays. Il nous reste dix pays à parcourir d’ici le début de l’automne 2018, pour présenter à la fin de l’année notre documentaire final. C’est un projet qui demande un investissement financier conséquent et nous cherchons toujours des subventions ou des sponsors. Mais chacun peut nous aider à mener à bien ce projet : un « j’aime » sur les réseaux sociaux, des partages, des propositions d’articles, des contacts pour des interviews ou encore des idées pour projeter nos vidéos, etc. C’est avant tout un projet participatif !

Et vous, après avoir parcouru tous ces kilomètres et rencontré ces nombreux jeunes européens, comment voyez-vous l’Europe de demain ?

Après tout ce que l’on a entendu, l’avenir de l’Union européenne est plutôt positif. Il y a des réformes à faire et il y a une forte demande pour replacer les citoyens au cœur du projet européen. Après avoir rencontré plus d’une centaine personnes pour ce projet, nous nous disons que l’Union de demain doit être humaine. Les citoyens européens, c’est la force première de l’Union mais ceci est parfois perdu de vue. L’Union européenne est encore trop assimilée aux institutions européennes, que beaucoup jugent peu démocratiques et lointaines. C’est aussi à cause des politiques nationales, même si les discours des politiciens commencent à changer. Il y a une phrase de Jean Monnet que nous aimons beaucoup et qui pour nous résume ce que doit être l’Union, c’est : « Nous ne coalisons pas des Etats, nous unissons des hommes ».

Pour suivre le projet Toi d’Europe, rendez-vous sur leur site !

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