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Législatives : dans les Côtes d’Armor et l’Ille-et-Vilaine, les candidats s’engagent pour l’Europe !

, par Les Jeunes Européens - Rennes

A l’occasion des élections législatives, les Jeunes européens – Rennes, ont adressé un questionnaire à l’ensemble des candidats dans les départements des Côtes d’Armor et d’Ille-et-Vilaine. Ce questionnaire comportait des questions volontairement fermées et amenant des réponses tranchées. Parmi les thèmes abordés : l’accroissement des compétences de l’UE, l’Europe fédérale, les politiques économiques et le renforcement de l’UE face à la crise, l’idée d’un service civil européen ouvert à tous, l’adhésion à des partis politiques trans-européens et enfin l’engagement du candidat à porter toutes ces idées avec transparence lors d’un éventuel mandat

Les réponses se sont avérées relativement peu nombreuses (entre une et trois par circonscription) mais souvent intéressantes et engageant les candidats, pour certains favoris dans leur circonscription. On peut rapidement classer les réponses en 3 types : les fédéralistes assumés (majorité des réponses), les anti-européens affirmés, et enfin les réponses pro européennes sur le principe mais se gardant bien de tout engagement précis.

En sus des réponses formelles retranscrites ici, ce questionnaire nous a permis d’entrer en contact informel avec de nombreux candidats qui n’ont pas souhaité nous répondre, soit faute de temps, soit même par crainte qu’un engagement pro européen ne leur fasse perdre plus que gagner des voix. "On vous soutient, mais discrètement !" L’absence de réponse à notre questionnaire (au vu des méthodes de diffusion indirectes notamment) ne peut constituer une preuve d’absence d’engagement européen, en revanche une réponse positive constitue a nos yeux un engagement fort sur la question. L’occasion donc d’identifier des candidats, au-delà des étiquettes partisanes, qui sont vraiment prêts à s’engager sur la question européenne.

Dans le détail :

Dans la première circonscription des Côtes d’Armor (Saint-Brieuc), Thierry Stiefvater (Union démocratique bretonne – EELV) rappelle dans une réponse commune à l’ensemble des candidats de l’UDB son attachement au fédéralisme. "Nous sommes favorables à un tel accroissement [des compétences de l’UE] dans l’ensemble des domaines où il apparaît évident que l’Union européenne est mieux armée que les Etats membres. Nous pensons tout d’abord à la politique étrangère et de sécurité qui devrait, selon nous, être communautarisée. C’est vrai également pour certains instruments fiscaux afin d’en permettre une certaine harmonisation et d’éviter des concurrences qui sont ou seraient dommageables pour tous (Taxe sur les transactions financières, base commune de l’Impôt sur les Sociétés…)". Michel Lesage (PS) rappelle les engagements européens de François Hollande mais sans répondre précisément à nos interrogations.

Dans la seconde circonscription des Côtes d’Armor (Dinan - Erquy), Yves Pelle, candidat du Parti breton (nationaliste, centriste), répond positivement à toutes nos questions : « Je suis favorable à une Europe fédérale (Et non confédérale) […] Le plus tôt sera le mieux. » Concernant le financement sans limite d’un service, civique européen, « J’y suis favorable comme j’étais favorable à Erasmus. Toute initiative visant à renforcer la conscience européenne chez les jeunes doit être fortement encouragée ».

Dans la 3e circonscription des Côtes d’Armor (Lamballe), Pierre-Marie Launay (FN) nous informe de son opposition totale au fédéralisme et à un accroissement des compétences de l’Union… Et s’engage auprès des JE à porter ces idées en toute transparence. Merci bien… Le candidat en revanche ne s’oppose officiellement pas à un service civique européen.

Dans la 4e circonscription des Côtes d’Armor (Guingamp), Michel Balbot (EELV – PS) et Annie Le Houérou (maire de Guingamp, DVG), rappellent tous les deux leur attachement au fédéralisme européen, à une Europe émancipée des États. Pour Michel Balbot, « L’identification par le suffrage démocratique des dirigeants de l’exécutif, le renforcement des prérogatives du Parlement face à la Commission, la création d’un impôt européen basé par exemple sur une taxe sur les transactions financières ou une taxe carbone aux frontières, voilà les bases minimum pour un nouveau départ de l’Europe. ». Il faut également « donner aux jeunes une nouvelle envie d’Europe, fraternelle et généreuse, même si ces mots paraissent incongrus aujourd’hui. » Annie Le Houérou souhaite « un fort accroissement des compétences de l’UE dans le domaine Social, Economique et Financier » et affirme concernant le développement du SVE « La jeunesse est profondément européenne et il est nécessaire de lui donner les moyens de s’émanciper afin de se construire un avenir serein. »

Dans la 5e circonscription des Côtes d’Armor (Lannion Paimpol), Marie-Pascale Martin (EELV), répond d’un « Oui » aussi clair que lapidaire à toutes nos questions : fédéralisme, gouvernement économique européen, soutien à un SCE pour tous, engagement de transparence sur son action européenne. Ajoutant sur le respect du pacte de stabilité « Il y a des règles de discipline budgétaire dans traité de Maastricht que la France a ratifié. Qu’on les applique."

Engagement fédéraliste équivalent pour le candidat de l’UDB Philippe Coulau, avec pour seule nuance la question des engagements budgétaires : "Cette règle est importante pour assurer la convergence des politiques budgétaires et la confiance. Néanmoins, il est évident qu’en temps de crise, on ne peut se focaliser sur cette seule réalité budgétaire au risque de voir la crise s’aggraver davantage et de laisser beaucoup sur le bord du chemin. Un pacte européen pour la croissance […] et l’emploi, est aujourd’hui un instrument indispensable si l’on veut que les pays et les peuples de l’Union européenne retrouvent le chemin de la prospérité. On le sait, nos destins économiques sont liés, et ce n’est qu’ensemble que l’on pourra laisser cette crise derrière nous."

Dans la première circonscription d’Ille-et-Vilaine (Rennes – Chantepie), Jean-Michel Boucheron (député sortant, DVG), est favorable au fédéralisme « à long terme » et à un gouvernement économique européen dans l’immédiat. A la question de financer la possibilité pour tous les jeunes d’Europe d’effectuer une année de service civil européen, le candidat répond carrément « Oui. Mais le rendre obligatoire sinon cela restera marginal. Cela peut être un très grand projet fédérateur et social. »

Karin Leroux, candidate du Nouveau centre, répond favorablement à toutes nos questions. En particulier, elle se déclare « favorable à un accroissement des compétences de l’Union européenne et à la mise en place de politiques fédérales, plus particulièrement dans les domaine budgétaires, industriels et dans celui de l’immigration. » Concernant le financement du SVE : « Je suis favorable à cette initiative et à ce que l’ensemble des compétences acquises dans l’exécution de cet engagement civique puisse être prise en compte au titre de la validation des acquis de l’expérience. »

Dans la 3e circonscription d’Ille-et-Vilaine (Rennes Nord-Ouest, Bécherel), Valérie Coussinet (UDB) affirme ses opinions fédéralistes européennes et affirme sur le sujet du SVE : « Si ce service civil européen s’effectue sur la base du volontariat, nous ne pouvons qu’y être favorable car cela permettra une confrontation des jeunes avec leurs homologues européens et donc une ouverture d’esprit à l’Autre (en ces temps de populisme, ça ne peut guère faire de mal). Nous y voyons aussi une opportunité de mieux comprendre ce qu’est l’Union Européenne et comment elle fonctionne. »

Dans la 4e circonscription d’Ille-et-Vilaine (Redon) Eloise Cordier (Breizhistance – IS, UDB, EELV) présente la même position (réponse commune)

Dans la 5e circonscription d’Ille-et-Vilaine (Vitré), Seule Michelle Le Tenier (DLR) nous a répondu. Sans surprise, elle refuse tout renforcement de l’Union et a fortiori le fédéralisme ou un service civique européen : « Pour Debout la république, l’Europe ne se fera pas en fusionnant les peuples mais en les rapprochant. Nous plaidons pour une Europe faite de coopérations entre Etats-Nations basées sur des grands projets d’avenir afin de faire à plusieurs ce que chaque pays ne peut faire seul. »

Dans la 7e circonscription d’Ille-et-Vilaine (Saint-Malo), Michel Penhouet (PRG, conseiller général de Dinard), s’affirme « très clairement » favorable au fédéralisme européen. « Il faut même une constitution européenne élaborée et adoptée en constituante par le parlement européen et adoptée le même jour, sous la même forme, dans tous les états. […] Le modèle de la commission européenne a vécu et doit laisser place à un véritable gouvernement politique, désigné et soutenu par une majorité au Parlement européen et au Conseil. C’est une question de démocratie : il n’est plus possible de continuer à transférer toujours plus de pouvoirs aux institutions communautaires sans les soumettre à une responsabilité renforcée devant le Parlement Européen. » Clair, net et précis.

Dans la 8e circonscription d’Ille-et-Vilaine (Rennes centre-Ouest), trois candidats nous ont répondu. Sans surprise, Matthieu Theurier (EELV) répond favorablement à toutes nos questions, souhaitant, « une Europe fédérale libérée du poids des Etats-Nations ; une Europe parlementaire, organisée autour des territoires régionaux, et dont les représentant(e)s sont élu(e)s au suffrage universel direct. » Sur la question économique, Le candidat EELV regrette un pacte de stabilité « trop rigide, en particulier en temps de crise » et propose en alternative « un pacte écologique et solidaire européen ».

Marcel Rogemont, député sortant (PS), n’emploie pas le mot fédéralisme mais se déclare favorable à un accroissement des compétences de l’UE. Pour lui « Il est de notre devoir de réduire le hiatus qui s’est installé entre les institutions européennes et les citoyens. Pour cela le Parlement de Strasbourg doit jouer un rôle central. Il pourrait mieux anticiper la coordination économique et budgétaire, notamment dans le cadre du semestre européen et être réellement au cœur de ce débat. Nous devons par ailleurs continuer à soutenir l’idée que le président de la Commission soit élu par le Parlement européen. »

Enfin, Benoît Evellin du Parti pirate répond un « oui » sans ambiguité au fédéralisme, met en avant la décision, déjà actée, du PP de présenter un programme commun à l’échelle des 27 pour les élections européennes de 2014. Il affirme également son soutien au service civil européen et conclue « Si je suis élu, je me conformerai aux avis de mes électeurs avant tout. Toute action de ma part sera transparente, qu’elle concerne l’Europe ou non. C’est là un élément novateur que propose le Parti Pirate, afin de rendre aux citoyens la réelle lisibilité de la gouvernance politique. »

ERRATUM : après parution de l’article, d’autres candidats nous ont adressé des réponses : les candidats présentés par le PS en Ille-et-Vilaine ( réponse commune consultable ici ), et Philippe Rouault, candidat UMP sur la 3e circonscription.

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