Chronique des droits de l’Homme en Biélorussie

, par Andrea Petkoviae, Traduit par Maxime Calligaro

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Chronique des droits de l'Homme en Biélorussie

Après avoir été une République intégrée au bloc communiste durant 70 ans la Biélorussie déclara sa souveraineté en juillet 1990 et son indépendance en août 1991. En janvier 1994 le parlement biélorusse renversa le président réformiste Stanislav Shushkevich en réaction à son soutien pour de l’économie de marché.

Au fil des deux dernières années le nouveau président Alexander Lukashenka s’est employé à accroître ses propres pouvoirs et il est très vite devenu évident que son intention était de réimposer un autoritarisme sur le modèle soviétique et ce aux dépends des droits de l’Homme.

L’une des principales conséquences de son régime a été la répression des mouvements d’opposition ainsi que de leurs leaders, des syndicats, des églises chrétienness non orthodoxes et de la société civile – comprenant au passage les ONG engagées en faveur des droits de l’Homme et les organisations de représentation et de défense des droits des minorités. Dès lors, aucune élection, qu’elle soit présidentielle ou parlementaire, n’a été libre et pluraliste, toutes se révélèrent entachées d’illégalité au regard des critères internationaux.

Depuis bientôt plus de dix ans les entorses aux droits de l’Homme se sont généralisées en Biélorussie. Les organisations de défense des droits de l’Homme ainsi que d’autres pays un peu partout dans le monde ont exprimé leur inquiétude concernant des sujets précis tel que le maintien de la peine de mort, les entraves à la liberté d’expression, la répression incessante des opposants politiques et le refus du gouvernement de reconnaître officiellement les partis politiques ainsi que les ONG.

Liberté d’expression

La Biélorussie a signé le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) en 1973 sans aucune réserve. Le dit pacte protège la liberté d’expression du citoyen et créé à cet égard une obligation pour les États signataires, Biélorussie incluse. D’autres instruments régionaux impliquent des engagements similaires : La Biélorussie a déposé sa candidature pour intégrer le Conseil de l’Europe en 1993 et obtint alors le statut d’invité spécial. Cette situation a cependant été suspendue en 1997 car le pays ne parvenait pas, entre autres, à installer une démocratie stable basée sur le respect des droits de l’Homme.

En théorie donc, la Biélorussie devrait avoir d’autant plus de raisons de se plier aux exigences de la Convention européenne des droits de l’Homme afin d’accéder au plus vite au statut de membre du Conseil. Malgré cela, le gouvernement persiste dans son attitude liberticide et continue d’enfreindre les droits fondamentaux. Jusqu’à présent une des principales accusations faite aux autorités biélorusses concerne leur attitude répressive à l’égard de la liberté d’expression. En effet, la presse indépendante a été réduite au silence, les partis d’opposition se voit refuser l’accès aux chaines de télévision et journaux publics et de nombreuse lois ont été votées dans le but d’imposer une large censure ainsi que la mainmise sur les médias.

Peine de mort

La Biélorussie est le seul pays d’Europe à encore pratiquer la peine de mort, continuant ainsi à rester sourd aux appels lancés par l’Union Européenne et les ONG de défense des droits de l’Homme. A plusieurs reprises le pays a confirmé son intention de continuer à pratiquer la peine capitale, notamment en s’abstenant, en 2008, lors du vote des Nations Unies concernant le moratoire sur la peine de mort.

Néanmoins, d’après les organisations protectrices des droits de l’Homme, de légers progrès ont pu être observés ses derniers temps. En 2009, pour la première fois depuis l’indépendance de la Biélorussie, la question de la peine de mort a reçu une forte attention de la part du public : Plus de 30 acteurs de la vie publique et culturelle, des défenseurs des droits de l’Homme, des avocats et scientifiques ont appelés de leurs vœux des mesures sérieuses en faveur de l’abolition de la peine capitale ; ou du moins la mise en œuvre d’un moratoire sur les exécutions. Dans le cadre de la campagne « Les défenseurs des droits de l’Homme contre la peine de mort en Biélorussie » les activistes ont signé une pétition requérant de l’administration présidentielle qu’elle abroge la peine de mort dans le pays.

Répression des opposants politique et de la société civile

Tout au long des 12 années d’ère Lukashenko la répression politique en Biélorussie a été continue, rampante. Entre 1999 et 2001 plusieurs opposants au régime ont disparu dans de mystérieuses circonstances et leurs corps n’ont jusqu’à présent jamais été retrouvés. Selon de nombreux rapports les disparitions ont cessées mais les ONG de défense des droits de l’Homme reprochent encore aux autorité biélorusses d’empêcher à l’opposition d’accéder à la tribune et atteindre le public sur n’importe quel sujet que se soit.

D’autres formes de répression ont été aussi mise en place vis-à-vis de la société civile. Beaucoup d’ONG spécialisées dans la défense des droits de l’Homme agissant en Biélorussie rencontrent des problèmes administratifs, d’enregistrement notamment, et certaines d’entre elles restent encore non-reconnues par les autorités. De plus, le gouvernement persécute aussi bien les ONG enregistrées que les non-enregistrées, ignorant l’ensemble de leur rapports et refusant toute forme de coopération.

Il est bien évident que la société biélorusse est consciente et mobilisée contre les pratiques illégales du régimes du président Lukashenka. Cependant, cette dernière a besoin de plus d’assistance en vue d’épauler ses efforts tournés vers le renversement de la situation actuelle. Ce n’est qu’au prix d’une telle avancée que la Bielorussie pourra effectivement progresser vers la démocratie et protéger de façon efficace les droits de ses citoyens.

Illustration : Belarus Action 2010, Bordeaux

Source : Jeunes Européens - Bordeaux / JEF-Europe

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