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Qui a sauvé l’Europe pour noël ?

, par Pascal Malosse

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La valse des fêtes a comme d’habitude permis d’éclairer le mois le plus sombre de l’année. Les vitrines des grands magasins se remplissaient de néons entremêlés, de peluches en mouvement et de guirlandes débordantes. La neige empêchait de nombreuses âmes de s’y rendre, provoquant une série de drame nationaux sans précédent dans l’histoire de la consommation, pieusement relayés par tous les médias. Pendant tout ce mois de décembre, une question ne se posait jamais, ou du moins uniquement à un petit cercle d’initiés haussant les épaules : Qui a sauvé l’Europe ?

Auteurs

Selon le discours officiel, les gouvernements de l’Union rassemblés lors de Conseils Européens de plus en plus fréquents ont sauvé la Grèce, puis l’Irlande de la banqueroute.

L’incendie a été éteint grâce à des prêts garantis par les États et le FMI. Un mécanisme permanent de crise sera instauré à partir de 2013 après une modification chirurgicale du traité de Lisbonne. On colmate une brèche dans un barrage avec du scotch.

Depuis deux ans, nous continuons à procéder de la même manière, suivi du discours rassurant sur la future croissance en 2010... Pardon, à présent il faut dire 2011 ! Puisque la croissance en France en 2010 a été de 0,5% en moyenne alors que le gouvernement espérait atteindre 1,6%. Les chiffres sont négatifs dans le sud de l’Europe, stagnent en Angleterre.

Le discours de la « reprise » a quasiment disparu des médias ! Bientôt, il ne restera aux voix officielles que l’appel à l’union nationale avec un ton paternaliste, destiné aux « enfants citoyens » que nous sommes.

Mais ont-ils réussi à sauver, même temporairement, l’Europe ?

Les plans de sauvetage accompagnés de l’austérité généralisée ont-ils rassuré les marchés, autrement dit les prêteurs ? A première vue, il semble que oui. Les taux exigés sur les dettes souveraines se sont calmés après avoir atteint des sommets historiques (Le Portugal, l’Espagne, l’Italie, et la Belgique sont en première ligne). Nous nous sommes un petit peu éloignés du bord du précipice pendant le mois de décembre.

Cependant, l’annonce par le Conseil du sauvetage de l’Irlande un dimanche soir, le 28 novembre, n’a pas réussi à traverser la Manche, ni la mer d’Irlande et a fait un grand « plouf ! ». Le lendemain, la réaction des marchés a été limpide : Les bourses s’effondraient de nouveau, les taux des dettes souveraines explosaient et l’Irlande continuait de sombrer dans les abîmes. Il fallait attendre une accalmie mardi et respirer enfin le mercredi. Que s’est-il passé entre l’annonce du sauvetage et l’accalmie ?

Premièrement, ce sont les interventions de la Banque Centrale Européenne (BCE) qui ont rassuré les marchés. Par ce qu’elle surnomme des mesures non conventionnelles, la BCE se comporte comme la Federal Reserve aux États-Unis en achetant des actifs qui peuvent être des obligations d’État, (ce qui permet de peser à la baisse sur les taux longs) mais aussi des billets de trésorerie émis par les entreprises ou les banques.

Autrement dit, elle fait tourner la planche à billets, en complète contradiction avec ses statuts dictés par la doctrine allemande : l’objectif de la stabilité des prix. Cette décision de recourir à l’assouplissement quantitatif a provoqué de terribles disputes au sein du conseil des gouverneurs de la BCE, le camp allemand s’opposant au camp latin, laissant planer l’incertitude quant aux prochaines orientations.

Deuxièmement - il s’agit sans doute de la plus grande nouvelle de cette fin d’année, si ce n’est de la décennie - la Chine a rassuré les marchés en déclarant qu’elle allait racheter de la dette irlandaise, après avoir racheté de la dette grecque. Elle maintient à elle seule le système monétaire, bancaire, financier mondial à flot. En ce début d’année 2011, elle s’apprête à racheter de la dette portugaise et espagnole.

Les Européens semblent toujours incapables de se comporter en adultes responsables. Passifs et béats, ils observent avec inquiétude la monnaie qu’ils ont créée et dont dépendent aujourd’hui des millions de citoyens qui ne demandent qu’une vision pour l’avenir.

Combien de temps la Chine va t’elle remplir le rôle du père noël providentiel ? Certainement pas indéfiniment si ses requêtes restent sans réponses. Depuis deux ans, elle demande lors de chaque G20 une refonte complète du système monétaire mondial, en créant un panier de monnaies dont l’euro, le yuan, le rouble, le yen afin de rétablir un véritable équilibre.

Le dollar n’aurait plus alors son statut de monnaie de réserve, un privilège que les Américains défendront jusqu’au bout. En attendant la prochaine rechute, il ne nous reste qu’à espérer que chaque jour soit noël !

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P.-S.

Cet article a fait l’objet d’une première publication sur enchantements et désenchantements, le blog de Pascal Malosse.

Illustration : Père-Noel chinois

Crédits : blog de Pierre Malosse

Vos commentaires

  • Le 13 janvier 2011 à 08:03, par HR En réponse à : Qui a sauvé l’Europe pour noël ?

    La question en effet est de se demander si les Européens sont capables de se gouverner eux-mêmes.

    Quant à la possibilité qu’une majorité de citoyens américains(1) acceptent d’abandonner une des premières souverainetés, la souveraineté sur leur monnaie, surtout à la Chine, ça n’arrivera jamais.

    (1) Contrairement à l’UE, les USA sont une démocratie. Il faudrait une majorité de citoyens américains pour qu’ils acceptent d’abandonner leur souveraineté monétaire au G 20.

  • Le 13 janvier 2011 à 17:31, par Marc-Antoine Coursaget En réponse à : Qui a sauvé l’Europe pour noël ?

    Affirmer que l’UE n’est pas une démocratie est un peu fumeux tout de même. Mais c’est vrai qu’on pourrait plus justement l’identifier comme une constellation de démocraties :)

    Quand à votre dernière remarque je voudrais répondre (contre, bien évidemment :) ) mais je ne comprends pas. Voulez-vous parler de l’euro, de toutes les monnaies ? Est-ce une allusion à la politique de la BCE ?

  • Le 13 janvier 2011 à 17:36, par Laurent Leylekian En réponse à : Qui a sauvé l’Europe pour noël ?

    Merci pour cet éclairage très intéressant. Je ne suis en revanche absolument pas d’accord avec les considérations de HR : les Etats-Unis sont une démocratie si on veut (je ne suis pas sûr qu’un pays où le choix se limite à des conservateurs et à des libéraux puisse être qualifié comme tel), mais le système libéral dans lequel nous vivons et les rapports de force géopolitiques se moquent totalement de ce que les citoyens américains « accepteront » d’abandonner ou pas !!

    Quand les caisses seront vides (ou plutôt quand les Américains s’apercevront qu’ils sont nus depuis longtemps), ils iront, comme les autres, mendier leur niveau de vie à ceux qui voudront bien continuer à le subventionner.

    La vraie question est de savoir combien de temps la Chine continuera à financer des marchés insolvables...

  • Le 13 janvier 2011 à 18:48, par paskov En réponse à : Qui a sauvé l’Europe pour noël ?

    Bonsoir, Petite précision pour éclaircir les derniers paragraphes : il ne s’agit pas de demander aux Américains de perdre leur souveraineté monétaire. Mais que le dollar ne soit plus la monnaie de réserve mondiale. A ce sujet, je recommande de lire la récente tribune du directeur de la banque mondiale, Robert Zoellick, qui reprend la même principe maladroitement, en faisant de l’or le point de référence des monnaies. http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/11/09/les-differentes-voies-pour-reformer-le-systeme-monetaire-international_1437462_3234.html Sur ce sujet, les Américains ne sont pas les seuls à avoir un mot à dire.

  • Le 14 janvier 2011 à 11:33, par HR En réponse à : Qui va sauver la production américaine (et européenne ?) pour noël prochain ?

    @ Laurent Leylekian

    Il faut reconnaître une chose à votre réponse : vous réussissez, en quelques lignes, à résumer de manière quasi-exhaustive les derniers espoirs de ce qu’on peut encore qualifier d’anti-américanisme primaire, et qui est en réalité une sainte horreur de la démocratie et de ce qu’elle provoque.

    Je vais y répondre point par point, si Le Taurillon m’y autorise.

    C’est une vision extrêmement superficielle (où propagandiste) de prétendre que le choix politique aux USA « se limite à des conservateurs et à des libéraux ». L’évolution politique au cours des deux siècles des institutions politiques inchangées de la Démocratie Américaine (à comparer à d’autres institutions moins « libérales » au cours de la même période dans le reste du monde...) a certes conduit à un simple système d’alternance droite gauche, qui est, faut-il le rappeler, naturel. Vous auriez pu en profiter pour remarquer qu’il marche, contrairement à d’autres institutions politiques moins... libérales, comme l’Union Européenne, qui interdit officiellement l’alternance. Même si j’ai écrit un article pour Le Taurillon qui explique comment, en réalité, fonctionne l’alternance dans le secret en UE, mais pour le moment, l’article n’est pas passé...

    On a vu, par exemple, comment la crise et ses conséquences viennent de provoquer une ou deux alternances politiques tous les deux ans depuis 2006 aux USA, rien qu’au niveau des pouvoirs fédéraux ! Evidemment, un anti-libéral ne peut pas le relever, puique la conception naturelle du pouvoir politique « anti-libéral », c’est que lorsqu’on a le pouvoir, on le garde bien plus longtemps que ça. Il suffit de voir nos « dirigeants politiques anti-libéraux » français qui, une fois installés à la tête de leur parti, y restent quasiment à vie.

    Et je suppose également que vous ne parlez que des pouvoirs législatifs et exécutifs nationaux mais que vous ne parlez pas des centaines de pouvoirs locaux soumis à élection aux USA. Je me permets alors de vous rappeler que, par exemple pour l’élection présidentielle, jusqu’à une époque récente, il y avait toujours un candidat du parti communiste américain. Et qu’il y a en réalité à chaque présidentielle américaine au cinq ou six candidats.

    Ensuite, évidemment, vous passez sous silence que le choix fondamental d’un citoyen américain, c’est le choix d’un représentant, non le choix d’un parti. Certes, on pourrait dire que les Américains, à la présidentielle, n’ont que le choix entre le candidat du Parti Républicain et le choix du Parti Démocrate. Mais en réalité, c’est faux. Comme les dernières élections présidentielles l’ont bien montré, le principe des élections américaines, le principe démocratique, donc, c’est de voter pour un représentant, pas pour un parti. Les gens n’ont pas seulement voté pour le Parti Démocrate, ils ont finalement voté pour Obama. Si le Parti Démocrate était un parti... anti-démocratique, comme beaucoup de partis européens (mais c’est en train de changer), c’est la bureaucratie du parti qui aurait désigné le candidat. Par exemple, aux dernières présidentielles aux USA, si c’était la bureaucratie du parti qui avait désigné le candidat, elle aurait désigné Hillary Clinton. Les électeurs, et la démocratie, en ont décidé autrement.

    A comparer aux élections européennes, où il est interdit à un candidat de poser sa candidature à un siège au Parlement européen. C’est en Union Européenne qu’il est obligatoire de voter pour un parti et qu’il est interdit de voter pour un candidat de son choix. Principe même de « l’anti-libéralisme », qui est en réalité une principe anti-démocratique qui n’ose pas dire son nom. Puisqu’on le sait, « l’anti-libéralisme », aujourd’hui, c’est la lutte contre la démocratie.

    Et inutile également d’épiloguer plus que nécessaire sur une comparaison des « limites du choix » entre les citoyens américains et européens. Si on compare des choses comparables, les élections fédérales américaines et les élections européennes sur une période significative, on constate la chose suivante au cours des dix dernières années. En tenant compte des « primaires », les citoyens américains ont eu l’occasion de voter environ 16 fois. Les citoyens européens ont eu l’occasion de voter 2, 3, ou 4 fois, suivant la possibilité qu’ils ont eu de voter à un référendum sur la « Constitution ». Et quant à ceux qui ont eu l’occasion de voter à un référendum, en France, Hollande et Irlande, 3 fois sur 4 il n’a pas été tenu compte du résultat du vote...

    Plus généralement, on peut légitimement estimer que si on compte les innombrables élections américaines, un citoyen américain a au minimum 4 ou cinq fois plus de fois qu’un citoyen européen l’occasion de voter.

    Evidemment, pour conclure, vous continuez visiblement à fonder quelques espoirs sur la dictature communiste « anti-libérale chinoises qui tente, fait nouveau dans l’histoire des dictatures »anti-libérales" communistes, d’exploiter directement sa population pour en vendre la production à l’étranger en prélevant au passage des bénéfices insensés. Soit, pourquoi pas.

    Mais c’est là où démocratie et « anti-libéralisme » vont peut-être livrer leur dernière bataille post Fin de l’Histoire. En effet, il s’est produit un événement majeur aux USA qui a été passé sous silence en Union Européenne, et pour cause. Le Parlement européen, « nos élus », y feraient piètre figure. En effet il y a deux mois environ la Chambre des Représentants, celle qui représente directement les citoyens américains, a voté à une très forte majorité une loi qui oblige le Département du Commerce fédéral a imposer des droits de douanes extrêmement dissuasifs à la production chinoise, en faisant valoir le fait que les dirigeants chinois maintiennent un cours du yuan artificiellement bas, ce qui revient à subventionner artificiellement les produits chinois.

    Cette loi a aussi été votée par la plupart des Représentants Républicains. La Chambre des Représentants va reprendre ses travaux avec sa nouvelle majorité Républicaine. On peut douter qu’elle revienne sur cette loi. Elle doit normalement passer maintenant devant le Sénat qui est toujours majoritairement Démocrate. Il ne faut pas s’y tromper. En l’état, cette loi est une véritable déclaration de guerre de la Démocratie Américaine à la Dictature chinoise.

    En forçant le trait, vous écrivez ceci : « La vraie question est de savoir combien de temps la Chine continuera à financer des marchés insolvables… ».

    En forçant le trait, je vous réponds cela. La vraie question et de savoir combien de temps la Démocratie américaine va accepter de financer la sortie de la misère de la population chinoise dans laquelle la Dictature communiste (anti-libérale, pour vous faire plaisir) l’avait maintenu. Pendant combien de temps encore la Démocratie américaine peut se permettre d’ouvrir en grand son marché pour que les dirigeants communistes chinois puissent s’enrichir à un point qui leur interdise de revenir au Communisme pur et dur en se refermant complètement sur eux-mêmes.

    Comble de l’horreur pour vous, la vraie question est : « Combien de temps la dictature communiste peut-elle encore tenir en Chine ? ». Parce qu’évidemment, il n’y a plus qu’une porte de sortie à la Chine : qu’elle laisse aux « marchés » déterminer la véritable « valeur » du yuan. En d’autres termes, laisser les « marchés » déterminer, notamment, la véritable « valeur » du salarié chinois qui est comme toujours exploité par la dictature « anti-libérale » chinoise, mais cette dans des proportions devenues hallucinantes qui feraient rougir de honte les pires capitalistes exploiteurs des USA... :-))

    Le Quotidien du Peuple ne s’y est pas trompé : il a immédiatement commencé la contre-attaque : http://french.peopledaily.com.cn/Economie/6924695.html

    Incidemment, il ne faut pas voir un hasard dans le fait que c’est à cette époque que la dictature chinoise à commencé à s’intéresser de près à la crise de la dette souveraine européenne...

    On notera au passage que si la voix officielle de la Dictature chinoise a prévenu de sa contre-attaque dès qu’elle a eu connaissance du projet de loi, elle s’est bien gardé, à ma connaissance, d’annoncer que cette loi a finalement été votée à une vaste majorité.

    Les travaux parlementaires vont recommencer aux USA probablement dès lundi. Que va devenir cette loi ? Normalement, elle doit maintenant être reprise par le Sénat américain. Si elle passe, elle peut provoquer, en cette période de crise économique des pays occidentaux, un séïsme mondial.

    Vous avez écrit : « La vraie question est de savoir combien de temps la Chine continuera à financer des marchés insolvables… » ?

    Votre question n’est qu’en partie juste. La vraie question est de savoir combien de temps la dictature de la Chine continuera à se financer en exploitant la majorité de ses citoyens.

    Quant aux citoyens européens....

  • Le 14 janvier 2011 à 12:00, par HR En réponse à : Qui a sauvé l’Europe pour noël ?

    @ paskov

    Un retour à l’étalon-or... Comme au bon vieux temps où l’Europe était encore au centre du monde dans les deux premières décennies du 20ème siècle.

    Le dollar américain est devenu, de fait, la monnaie de réserve du monde parce que la Démocratie Américaine a gagné la Seconde Guerre Mondiale. Bretton Woods, c’est aussi simple que ça. La preuve quand les USA ont abandonné la référence à dolla-or dans les années 70. Manière de dire qu’aujourd’hui, c’est le dollar qui se suffit à lui-même comme étalon-or.

    C’est la Démocratie Américaine qui a gagné cette guerre parce que les institutions politiques américaines, au cours de cette guerre, ont fonctionné à leur paroxisme : les élections, les campagnes électorales, le respect de tous les termes de la Constitution ont été respectés. Contrairement aux autres acteurs majeurs de cette guerre dont les institutions se sont effondrées. Il ne faut pas se tromper quand on regarde la fameuse photo des « vainqueurs » à Yalta.

    http://tinyurl.com/5tj5gd9

    En réalité on y voit le représentant élu des institutions politiques américaines quasiment inchangées aujourd’hui. Tout juste peut-on faire observer s’il est probablement celui qui a induit l’amendement qui limite la présidence américaine à deux mandats. Mais Churchill n’était pas le représentant de l’actuelle Grande-Bretagne. Il n’a jamais voulu de l’actuelle G.B. Il était d’abord et avant tout le champion de l’Empire Britannique qui n’existe plus. Et Staline était d’abord et avant tout le représentant de l’Empire soviétique qui s’est effondré en 1989.

    On peut toujours demander aux institutions politiques américaines d’abandonner tout ça. Mais pour lui proposer quoi en échange ? L’ONU ? L’UE ? La Chine ?

    Soyons sérieux. Cet épisode ne va être, malheureusement, qu’un nouvel exemple où en particulier nous, les Européens, même plus d’un demi-siècle après, faute d’institutions politiques appropriées, démocratiques, sommes complètement incapables de proposer une alternative crédible.

  • Le 14 janvier 2011 à 13:09, par paskov En réponse à : Qui a sauvé l’Europe pour noël ?

    Revenir à l’étalon or serait en effet une absurdité. Mais faites vous partie des gens qui estiment que, après la seconde guerre mondiale et après l’effondrement de l’URSS, nous sommes arrivés à la fin de l’Histoire ? La crise de 2008 n’est-elle qu’un nouvel épisode, une crise de liquidité passagère, que tout rentrera dans l’ordre, que les USA seront pour toujours à la même place ? http://0z.fr/0haAv Concernant la démocratie américaine, les trois-quarts de l’establishment (Geithner, William Daley, Paulson) ont travaillé pour les banques Goldman Sachs, JP Morgan ou Bank of America. Je doute que la majorité des Américains, libéraux, conservateurs et tea party confondus, se réjouissent de cette situation où ceux qui les ont plongé dans la crise, détiennent aujourd’hui le pouvoir.

  • Le 14 janvier 2011 à 16:57, par HR En réponse à : Qui a sauvé l’Europe pour noël ?

    Les crises économiques cycliques, comme celle que nous traversons, sont observables à partir du XVIIème siècle. D’ailleurs en grande partie grâce aux travaux d’un économiste... soviétique, Kondratieff, qui a donné son nom aux cycles long, type « crise de 1929 », ou celle que nous traversons.

    Ces crises testent fortement les institutions politiques, et provoquent des dégâts graves chez les plus affaibliees, les moins adaptées, comme on l’a vu en Europe dans les années 30.

    On voit mal pourquoi cette fois encore les USA ne traverserons pas la présente crise. Vous décrivez les USA comme des institutions figées, sous la domination de Wall-Street. Alors que ses institutions permettent au contraire un extraordinaire renouvellement. Il suffit de penser à des Bill Gates, Steve Jobs, Larry Page et Sergueï Brin, Mark Zückerberg, milliardaires avant l’âge de 30 ans, ce qu’interdit catégoriquement la sclérose européenne, où la hiérarchie sociale ne supporte que très mal d’être remise en cause. Ils préparent déjà le renouvellement économique américain, qui est en train d’opérer un basculement absolument phénoménal de l’Atlantique vers le Pacifique. Quant à « la majorité des Américains », qui font basculer en ce moment tous les deux ans les majorités aux USA, sous la pression de la crise, il faut la comparer à ce qui se passe en Europe sur la défensive, paralysée politiquement depuis plus de 10 ans, à la recherche d’une sortie. Et avec déjà l’assurance que le traité de Lisbonne ne constitue pas la bonne solution.

    J’ai proposé un article à Marc-Antoine Coursaget qui tente une analyse de ce que provoque l’actuelle crise de l’euro sur les institutions politiques du traité de Lisbonne.

    La question à se poser, c’est ce que nous laisserons à la génération européenne en train de naître, quand elle aura 25 ans !!!

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