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Retrouver la confiance pour sortir de la crise

, par Louis Jourdan, Mouvement Européen - France

Auteurs

  • Le Mouvement Européen-France (ME-F) est la branche française du Mouvement Européen International. Le ME-F cherche à faire progresser le débat pour une Union européenne plus proche des citoyens. Il fédère citoyens, associations, personnalités et experts qui soutiennent la construction européenne. Créée en 1949, c’est la plus ancienne organisation promouvant l’idée européenne en France. L’association est composée de 46 sections qui regroupent plus de 3000 membres repartis sur la France entière. Chaque année, le ME-F élabore un vaste programme d’activités : organisation de débats, actions de sensibilisation et d’éducation, rencontres culturelles, expositions, etc.

  • Président du Mouvement Européen-Ille-et-Vilaine

Pour sauver ses banques, l’Union européenne a prêté, le 11 juin dernier, 100 milliards d’euros à l’Espagne, par l’intermédiaire du FESF (Fonds européen de Stabilité financière). Les banques espagnoles ont peut-être été sauvées, mais pas l’Espagne, ni l’euro, ni l’Union européenne : dans les jours qui ont suivi, les marchés ont sévèrement réagi, le taux d’intérêt de la dette espagnole atteignant des valeurs historiques.

Pourquoi ? Les « marchés » ne sont certes pas les porte-parole de la société, ils reflètent néanmoins un sentiment partagé par de nombreux citoyens et acteurs de la société : le manque de confiance dans les actions de l’Union européenne.

Depuis trois ans, les Chefs d’État et les représentants des gouvernements des pays de l’Union décident - sans réelle consultation démocratique - ici, un plan de sauvetage de tel ou tel pays, là, un mini-traité pour consolider telle ou telle action…

Mais ces mesures, aussi nécessaires soient-elles, sont vues comme étant prises « à la petite semaine », sans sembler faire partie d’un plan cohérent. Alors des voix s’élèvent, que ce soit pour dénoncer l’austérité qui accompagne la nécessaire rigueur, ou pour exiger de vrais plans de relance, ou enfin pour prôner plus d’intégration économique, fiscale, voire politique.

Et là est la vraie question : tant que l’on n’aura pas clairement dit quelle direction doit prendre l’Europe, la confiance n’existera pas. Ni chez les citoyens, ni dans les « marchés ». On le réalise même à l’extérieur de l’Europe : « Au bout du compte, la solution historique pour l’Europe serait une meilleure intégration dans une union politique et budgétaire, selon des modalités capables de mettre un terme au »déficit démocratique« et de rendre les institutions européennes plus responsables devant les citoyens. Cela a toujours été implicite dans le projet d’union monétaire. » (Niall Ferguson, professeur d’histoire de l’économie à l’Université Harvard et Nouriel Roubini, professeur d’économie à l’Université de New York - Le Monde, 11 juin 2012).

Certainement la rigueur, aussi nécessaire soit-elle, doit être aménagée dans certains cas ; bien sûr la relance de la croissance est nécessaire ; non moins nécessaire est la pression démocratique pour la poursuite de l’intégration politique européenne. Même au prix de la perte de certains éléments de la souveraineté nationale. De toute manière, que reste-t-il de cette souveraineté quand ce sont les marchés qui décident ?

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Vos commentaires

  • Le 26 juin 2012 à 18:28, par Xavier En réponse à : Retrouver la confiance pour sortir de la crise

    La relance de la croissance... Mais vous la faites avec quoi, votre relance ?

    L’État ne saurait donner ou dépenser avant d’avoir prit quelque part.

    Alors, pour "relancer l’économie", vous avez le choix :
    - l’endettement (il s’agit donc de creuser encore plus profondément nos déficits publics),
    - l’imposition (et vu les niveaux d’imposition, il s’agit d’asphyxier l’économie).

    La relance économique est un mythe.

    Les solutions sont simples :
    - assainir les finances publiques (réduire les dépenses, réduire les investissements, réduire les missions),
    - alléger le fardeau fiscal, le simplifier et le stabiliser dans le temps (donc baisser les impôts et taxes - une baisse générale, pas des niches fiscales stupides).

    Et là on touche un autre problème : la stabilité. Que vous ayez une bonne ou une mauvaise politique fiscale, économique, etc., l’important c’est que ce soit stable !

    En navigant à vue, vous envoyez le message suivant à tous les investisseurs de la planète, ainsi qu’aux entrepreneurs européens : « attendez une minute les gars, on tâtonne, on ne sait pas encore précisément à quelle sauce vous serez mangés ».

    Le jour où les responsables politiques européens diront ce que sera le futur de l’UE pour les quinze prochaines années, qu’ils arrêteront de parler de nouvelles taxes, de nouvelles rustines, ce jour-là les nuages commenceront à se dissiper.

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